Que deviennent-elles (ils) ?

Que deviennent-elles ? (5ème partie)

Fin 2010, j’avais initié une série de billets afin de donner des nouvelles de différentes personnes qui avaient accepté de témoigner sur ce blog (rubrique Témoignages ou Parcours). J’ai eu envie de recommencer. Je leur ai donc envoyé un petit message (enfin, pour celles dont j’avais encore les coordonnées) pour leur poser quelques questions. Aujourd’hui, voici des nouvelles de Sylviane et de Nadia. Si vous avez des questions à leur poser, n’hésitez pas ! Et si vous avez envie de nous dire ce que vous êtes devenu(e) entre 2008 (date de la création de ce blog) et aujourd’hui, vous êtes bien évidemment les bienvenu(e)s !  
Sylviane, intervenante en prévention des risques professionnels, nous avait parlé de son blog  et de son parcours en janvier 2009. Elle avait donné de ses nouvelles en novembre 2010. En voici des toutes fraîches !

Depuis la dernière interview, comment ta situation personnelle et professionnelle a-t-elle évolué ?

J’effectue aujourd’hui des formations en prévention sur la sensibilisation aux risques psychosociaux et au harcèlement moral au travail. Nous sommes le 1er centre hospitalier public à avoir mis en place ce type de formations. Un projet qui me tenait très à coeur comme tu le sais, avec toujours mon blog qui s’est depuis relooké et qui, je l’espère, contribue toujours à informer sur ces sujets très délicats. J’ai donc atteint cet objectif depuis notre dernière interview 🙂 tu es un excellent tableau de bord ;).

Comment tes formations sont-elles reçues et perçues ? Qu’est-ce qui en ressort ?

J’ai à ce jour des retours très positifs des personnes qui y assistent. Malgré tout, cela reste assez « tabou » et pour certains cela fait peur, il reste tout de même une connotation psychologisante assez prégnante.
Toutefois, il en ressort généralement une bonne prise de conscience qui, je pense, permet à chacun d’être vigilant pour soi mais aussi pour les autres.
J’ai parfois des retours éloignés des sessions de formation où les agents me disent être plus attentifs à un collègue ou à certaines paroles, mais tout en se heurtant à l’incompréhension de celles et ceux qui ne veulent ni voir ni entendre et qui perpétuent les schémas destructeurs. D’autres regrettent que cela n’ait pas existé il y a quelques années car ils mettent alors des mots sur leur souffrance passée.
Il en ressort aussi beaucoup de frustrations car les agents eux-mêmes n’ont qu’un champ limité d’actions, c’est la raison pour laquelle il faut absolument sensibiliser encadrement et salariés car chacun est concerné. Aujourd’hui, on y adresse plutôt les agents que l’on stigmatise (je cite : « ils sont faibles, nuls, ont des problèmes personnels etc… »), et très peu de cadres alors que ce sont les premiers acteurs-préventeurs des risques psychosociaux et parfois très souvent aussi les premiers en souffrance…

Est-ce que ces formations sont spontanément de plus en plus demandées ou faut-il faire un important travail pour convaincre les établissements d’en mettre en place ?

Une majorité y assiste parce c’est obligatoire. Toutefois, je pense que l’on en retire toujours quelque chose et la démarche est tout de même positive car je n’imaginais pas il y a quelques années que ce type de formations puissent exister un jour !
Je pense également que cette obligation est une bonne chose car il faut dépasser cette contrainte pour en faire une opportunité d’avancer ensemble dans le bon sens et c’est là que les choses sont plus compliquées : car oui, il faudrait faire un important travail pour convaincre les établissements de mettre en place ces formations. Aujourd’hui on « ouvre le parapluie » en les mettant en place pour être en conformité avec la loi mais sans pour autant mettre les actions qui vont avec au quotidien et qui ouvrent le champ des possibles de chaque acteur.
Donc si ces formations sont en place pour certains établissements, cela ne règle toujours pas le turn over, l’absentéisme, les TMS (troubles musculo-squelettiques) etc. Tout reste à faire pour ouvrir le débat et faire prendre conscience à tous que chacun aura à y gagner…

Ton équilibre vie perso / vie pro a-t-il été modifié ? En quoi ? En mieux, en moins bien ?

Toujours dans le juste équilibre, j’y veille chaque jour… C’est très important pour le moral et le bien être… C’est prépondérant également pour mieux travailler et pour être un présent pour soi mais aussi pour les siens, et ce, à chaque instant.

Et d’ici 1 ou 2 ans, comment te projettes-tu ? Quelle articulation vie privée / vie pro aimerais-tu bien atteindre ? As-tu des projets précis ?

Difficile de se projeter, je suis plutôt dans le « carpe diem » dévorant chaque instant présent en me réjouissant de ce qui arrive de positif. Le plus possible dans le bien être malgré les hauts et les bas.
Oui j’ai des projets précis mais qui sont pour l’instant en construction ; je suis de plus très souvent avec une (ou plusieurs) idées d’avance donc je verrai bien ce qu’il adviendra et ce que j’en ferai à l’instant T…
Côté perso, des voyages, des mers turquoises et du soleil me combleraient… Ah ! C’est bon aussi de rêver ! 😉

Un dernier petit mot ?
Un grand merci à toi de penser toujours à nous, de suivre nos parcours et de nous encourager ! Rendez-vous dans un an ? 😉

■ De son côté, Nadia venait de créer Instemporel, son entreprise en décoration de mariage et de fêtes en avril 2009 (témoignage ici). Dix-huit mois après, elle venait nous en dire un peu plus. Presque trois ans après, voici les dernières nouvelles :

« De mon coté, cela se passe bien, l’entreprise a 3 ans et se développe toujours. J’ai actuellement une salariée à temps partiel qui vient travailler avec moi.

En ce qui concerne l’équilibre pro-perso, non cela n’a pas été atteint, il est toujours difficile de concilier tout cela. Je ne travaille plus le mercredi, mes enfants ont grandi et sont inscrits à des activités extra-scolaires donc c’est toujours la course, mais c’est le cas de toutes les mamans.

Ce qui est difficile quand on est à son compte c’est que l’on ne s’arrête pas facilement de travailler, il faut se forcer à prendre de vrais week-end et de vraies soirées, c’est ce que j’essaie de faire.

3 ans, c’est une étape importante et j’espère pouvoir continuer à me developper ou tout au moins à stabiliser mon activité malgré la conjoncture difficile ».

Un grand merci à toutes les deux et très bonne continuation dans vos parcours !

Et n’hésitez surtout pas à donner de vos nouvelles, cela me fait vraiment très plaisir !

PS : Anna et Véronique m’ont envoyé un petit mot pour me dire qu’elles n’avaient pas de changement particulier à signaler mais qu’elles me donnaient rendez-vous dans un an ! Je signale toutefois car elle a omis, modestement, de me le signaler que Véronique a écrit un livre qui sort le 15 février « Allaiter et reprendre le travail« .

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