interrogation

Comme vous le savez peut-être, je m’intéresse de près aux questions liées à l’Education nationale. J’ai déjà eu l’occasion de faire témoigner ici-même une institutrice et une professeur d’anglais en collège, Princesse Soso. J’avais également interviewer Peggy Derder, professeur d’histoire-géo dans un lycée de banlieue parisienne et auteur de « Mon cas d’école ». Pourquoi aborder ces questions sur ce blog ? Parce qu’il me semble que qui dit concilier vie professionnelle et vie familiale, dit notamment pour les parents de jeunes enfants, concilier journée de travail et suivi de leur scolarité (notamment les devoirs le soir). Or on le sait, de plus en plus de couples sont bi-actifs. Conséquence directe : le temps (et la patience…) à consacrer à la scolarité des enfants diminue, que ce soit pour suivre les devoirs, participer à la vie de l’école (sorties, association de parents d’élèves, etc.). Pourtant, il me semble que plus que jamais la présence et la vigilance parentales sont fondamentales…La répartition, très schématisée je vous l’accorde, « aux parents l’éducation, à l’école l’instruction » me semble très fragilisée…De plus en plus, les profs disent passer un temps fou à faire de l’éducation au détriment de l’apprentissage des savoirs…de l’autre, j’entends de plus en plus de parents (et je le vis moi-même en tant que parent) avoir l’impression de devoir pallier les lacunes de l’instruction, dans un contexte général d’une baisse du niveau des élèves (lire à ce sujet par exemple cette étude, ce rapport de la Cour des Comptes, ou ce rapport, ou  celui-là  ou encore les résultats de la dernière enquête PISA…). Tout cela n’engage guère à l’optimisme…

J’ai l’impression que les relais extra-scolaires qu’ils viennent des parents ou de professionnels (cf. explosion des cours particuliers, des sociétés tels qu’Acadomia, etc.) deviennent de plus en plus importants/nécessaires pour compléter/ingérer/approfondir les apprentissages délivrés à l’école.

Alors qui sont les responsables ? Je pense que les responsabilités sont largement partagées (parents, enseignants, pédagoques, politiques…) mais toujours est-il que la situation me semble bien alarmante. Que remettre en question : les programmes, les rythmes scolaires, les moyens humains et financiers alloués à l’Education nationale, les parents, les profs, les élèves ?

En tout cas, j’ai le sentiment que les inégalités vont se creuser de plus en plus, entre les enfants dont les parents ont le temps, les moyens, l’envie d’être présents (ou de payer du soutien scolaire) et ceux qui ne le peuvent ou veulent pas, entre les enfants qui apprennent vite et ceux qui ont besoin de davantage de temps, d’accompagnement personnalisé, de « rabachâge »….

Et parfois je m’interroge : est-il nécessaire que nos enfants passent plusieurs heures par semaine à faire de l’informatique, de la sécurité routière ou du vélo alors même que le temps consacré aux savoirs fondamentaux diminue inexorablement ? Est-il normal que les dictées, les récitations, l’expression écrite, l’analyse grammaticale, le calcul mental deviennent des exercices finalement assez rares, voire soient réduits à la portion congrue ? Est-ce une bonne chose qu’entre 1970 et 2010 le nombre d’heures de cours par semaine soit passée de 30 à 24 heures, que les élèves aient 144 jours de classe contre 185 à 190 dans plusieurs pays européens, que le nombre d’heures de français au CP par exemple soit passé de 15 à 9 heures par semaine ? Est-ce une bonne chose cet abandon des notes chiffrées ? N’est-ce pas un signe parmi d’autres d’une baisse d’exigence demandée aux élèves (fin du « par coeur » car trop contraignant, non apprentissage de certains temps de conjugaison considérés comme « vieillots » : subjonctif par exemple, – je prends beaucoup d’exemple en français car je suis particulièrement sensible à cette matière mais il me semble qu’en mathématiques, cela soit un peu la même chose) ?

Je sais parfaitement que sur ces questions-là, j’ai tendance à être « réactionnaire » et un peu « vieux-jeu » mais mes inquiétudes sont à la hauteur de l’importance que j’accorde à l’école, à son rôle et du respect et de l’admiration que j’ai pour les professeurs et les instituteurs (enfin, pas tous, mais la majorité !) qui s’efforcent tant bien que mal de transmettre à nos enfants leurs savoirs, à leur apprendre le sens de l’effort mais qui trop souvent reconnaissent eux-mêmes qu’ils n’arrivent pas à boucler les programmes, qu’ils n’ont pas suffisamment de temps et de moyens pour exercer leur métier correctement….

Et surtout, je suis persuadée que tout cela est source d’inégalités grandissantes alors même que les réformes sont dictées par une volonté d’égalité envers les moins favorisés et ceux qui ont le plus de difficultés…

Vos réactions sont les bienvenues, vos avis contradictoires également, que vous soyiez parent, prof, ancien prof, ou tout cela en même temps ! Le débat est vivement souhaité  car je ne prétends nullement poser forcément toutes les bonnes questions…

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