A l'école Education nationale

Interrogations d’une mère de famille par rapport à l’école…

Comme vous le savez peut-être, je m’intéresse de près aux questions liées à l’Education nationale. J’ai déjà eu l’occasion de faire témoigner ici-même une institutrice et une professeur d’anglais en collège, Princesse Soso. J’avais également interviewer Peggy Derder, professeur d’histoire-géo dans un lycée de banlieue parisienne et auteur de « Mon cas d’école ». Pourquoi aborder ces questions sur ce blog ? Parce qu’il me semble que qui dit concilier vie professionnelle et vie familiale, dit notamment pour les parents de jeunes enfants, concilier journée de travail et suivi de leur scolarité (notamment les devoirs le soir). Or on le sait, de plus en plus de couples sont bi-actifs. Conséquence directe : le temps (et la patience…) à consacrer à la scolarité des enfants diminue, que ce soit pour suivre les devoirs, participer à la vie de l’école (sorties, association de parents d’élèves, etc.). Pourtant, il me semble que plus que jamais la présence et la vigilance parentales sont fondamentales…La répartition, très schématisée je vous l’accorde, « aux parents l’éducation, à l’école l’instruction » me semble très fragilisée…De plus en plus, les profs disent passer un temps fou à faire de l’éducation au détriment de l’apprentissage des savoirs…de l’autre, j’entends de plus en plus de parents (et je le vis moi-même en tant que parent) avoir l’impression de devoir pallier les lacunes de l’instruction, dans un contexte général d’une baisse du niveau des élèves (lire à ce sujet par exemple cette étude, ce rapport de la Cour des Comptes, ou ce rapport, ou  celui-là  ou encore les résultats de la dernière enquête PISA…). Tout cela n’engage guère à l’optimisme…

J’ai l’impression que les relais extra-scolaires qu’ils viennent des parents ou de professionnels (cf. explosion des cours particuliers, des sociétés tels qu’Acadomia, etc.) deviennent de plus en plus importants/nécessaires pour compléter/ingérer/approfondir les apprentissages délivrés à l’école.

Alors qui sont les responsables ? Je pense que les responsabilités sont largement partagées (parents, enseignants, pédagoques, politiques…) mais toujours est-il que la situation me semble bien alarmante. Que remettre en question : les programmes, les rythmes scolaires, les moyens humains et financiers alloués à l’Education nationale, les parents, les profs, les élèves ?

En tout cas, j’ai le sentiment que les inégalités vont se creuser de plus en plus, entre les enfants dont les parents ont le temps, les moyens, l’envie d’être présents (ou de payer du soutien scolaire) et ceux qui ne le peuvent ou veulent pas, entre les enfants qui apprennent vite et ceux qui ont besoin de davantage de temps, d’accompagnement personnalisé, de « rabachâge »….

Et parfois je m’interroge : est-il nécessaire que nos enfants passent plusieurs heures par semaine à faire de l’informatique, de la sécurité routière ou du vélo alors même que le temps consacré aux savoirs fondamentaux diminue inexorablement ? Est-il normal que les dictées, les récitations, l’expression écrite, l’analyse grammaticale, le calcul mental deviennent des exercices finalement assez rares, voire soient réduits à la portion congrue ? Est-ce une bonne chose qu’entre 1970 et 2010 le nombre d’heures de cours par semaine soit passée de 30 à 24 heures, que les élèves aient 144 jours de classe contre 185 à 190 dans plusieurs pays européens, que le nombre d’heures de français au CP par exemple soit passé de 15 à 9 heures par semaine ? Est-ce une bonne chose cet abandon des notes chiffrées ? N’est-ce pas un signe parmi d’autres d’une baisse d’exigence demandée aux élèves (fin du « par coeur » car trop contraignant, non apprentissage de certains temps de conjugaison considérés comme « vieillots » : subjonctif par exemple, – je prends beaucoup d’exemple en français car je suis particulièrement sensible à cette matière mais il me semble qu’en mathématiques, cela soit un peu la même chose) ?

Je sais parfaitement que sur ces questions-là, j’ai tendance à être « réactionnaire » et un peu « vieux-jeu » mais mes inquiétudes sont à la hauteur de l’importance que j’accorde à l’école, à son rôle et du respect et de l’admiration que j’ai pour les professeurs et les instituteurs (enfin, pas tous, mais la majorité !) qui s’efforcent tant bien que mal de transmettre à nos enfants leurs savoirs, à leur apprendre le sens de l’effort mais qui trop souvent reconnaissent eux-mêmes qu’ils n’arrivent pas à boucler les programmes, qu’ils n’ont pas suffisamment de temps et de moyens pour exercer leur métier correctement….

Et surtout, je suis persuadée que tout cela est source d’inégalités grandissantes alors même que les réformes sont dictées par une volonté d’égalité envers les moins favorisés et ceux qui ont le plus de difficultés…

Vos réactions sont les bienvenues, vos avis contradictoires également, que vous soyiez parent, prof, ancien prof, ou tout cela en même temps ! Le débat est vivement souhaité  car je ne prétends nullement poser forcément toutes les bonnes questions…

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26 thoughts on “Interrogations d’une mère de famille par rapport à l’école…”

  1. Je me positionne ici à la fois en tant que professeur des écoles et parent.

    Je suis entièrement d’accord avec le contenu de ce papier. A mon avis il y a un problème dans « notre » génération de parents pour commencer. Les parents désireux de suivre correctement la
    scolarité de leur enfant sont devenus une minorité, j’ai pu le constater régulièrement dans mes classes! On se retrouve alors avec des élèves qui ne travaillent pas en majorité et évidemment le
    niveau de la classe baisse. Nivellement par le bas. Ceci pallié effectivement à des programmes qui évoluent à mon avis dans le mauvais sens (grande place à la littérature ou à l’histoire de l’art
    au détriment des apprentissages fondamentaux). oui, le niveau des classes de primaire n’est plus ce qu’il était.

    D’autre part l’éducation nationale étant désireuse de mettre l’enfant « au centre de son apprentissage », la marge de manoeuvre des profs est de plus en plus réduite. Et que dire des punitions et
    même remarques qui nous sont interdites! Combien de prof ont été mis à pied, ou pire, parce qu’une remarque a été mal interprétée. Alors que faire, comment faire fonctionner une classe avec le
    peu de moyen dont nous disposons? Nous passons la moitié du temps à faire de la discipline avec des élèves qui ne respectent plus les adultes!

    Il y aurait énormément à changer, c’est certain, et pas seulement avec des réformettes!!!

    Celà dit, c’est un métier passionnant avec aussi de très bons côtés, mais je pense que ça va être de plus en plus difficile, et pour les profs, et pour les parents soucieux de leurs enfants!

     

      

  2. Ayant des enfants plus grands, je trouve que l’école primaire ne fonctionne finalement pas si mal, en tous cas du point de vue de l’organisation de la maman qui travaille.

    Par contre les choses se gâtent au collège, notamment parce que les enfants sont lâchés dans la nature à 16h30, voire plus tôt (en tous cas dans le public, certains établissements privés semblent
    les garder plus longtemps ?). C’est un âge où on ne peut plus guère les confier à une nounou ou à une babysitter, et à moins d’avoir des trésors d’autodiscipline la tentation de la télé ou des
    jeux sur ordi est irrésistible (on peut aussi faire un tour en ville, passer chez des copains, se plonger dans les mangas..). Les devoirs deviennent parfois difficiles à suivre (qu’est ce qu’un
    « discours ancré » ? ). Alors qu’il est relativement aisé d’échanger quelques mots avec la maîtresse à la sortie de l’école, le contact avec les enseignants du collège est plus compliqué à établir
    et il faut mettre un mot dans le cahier, prendre rendez vous (faut il se contenter du prof principal ou enchainer maths, français, histoire-géo, LV1 ??) C’est là qu’on comprend que les
    enseignants eux mêmes, qui sont au courant des ficelles du système (choisir le bon établissement, la bonne option…) et surtout sont très présents à la maison, sont fortement avantagés.

      

  3. Les enseignants passent plus de temps à faire de la discipline(à qui la faute???)qu’à enseigner je connais un professeur d’anglais en region parisienne qui ne peut presque plus enseigner
    l’anglais qu’elle aime tant à cause de toute la discipline,l’éducation,dont elle doit faire preuve dans ses classes!De mon côté je suis outrée et en colère contre tous les parents qui
    laissent l’accès internet libre service à leurs plus jeunes enfants, le contrôle parental ne suffisant pas…ainsi tout ce qu’ils peuvent lire ou voir comme choses choquantes,inadaptées à leur
    âge revient aux oreilles de nos plus petits et c’est un combat pour nous parents qui essayons de palier à tout ça..Bien sûr on ne peut pas les mettre sous cloche mais il y a des limites à donner
    et je trouve que certains parents(pas tous heureusement!) baissent les bras et sont trop permissifs!

      

  4. Ma fille de 10 ans, en CM2,  sort de l’école l’autre jour en me disant qu’ils ont fait un sondage… il en ressort que 60 % des élèves de la classe ont la télé.. DANS LEUR CHAMBRE !!! Ca me
    fait hurler ! Je lui ai dit que tous les enfants n’avaient pas la chance d’avoir des parents qui s’occupent d’eux. 

    Je constate autour de moi que le laxisme est devenu la norme. J’ai l’impression d’être tortionnaire en couchant mes enfants à 20h30 et en ne leur achetant rien quand, par hasard, je suis amenée à
    les emmener avec moi au supermarché. Quant au contenu des enseignements, entre les photocopies (trop long d’écrire les leçons…) et les fautes non corrigées, en passant par les dictées préparées
    (est-ce encore une dictée ?), effectivement, j’ai peur. J’avoue que je dois me forcer pour faire faire les devoirs, mais si je ne le fais pas, rien ne se passe, mes enfants rentrent, posent le
    cartable, et vont directement jouer ! Donc, je les suis. Mais est-ce à moi d’expliquer les divisions à ma fille ? Si j’en étais incapable, qui le ferait ? Bref, les parents sont à 90 %
    responsables de la perte du respect pour l’adulte, mais la loterie est telle concernant la qualité des enseignants, qu’il y a effectivement du soucis à se faire. 

      

  5. Il n’y a rien à ajouter. Vous avez parfaitement résulé la situation. Ça fait 15 ans que je suis prof, j’ai été en LP dans le 93 (prof=éducateur de rue) et prof chez des « riches » (prof=domestique
    de monchéri-moncoeur)

    Je n’y crois plus; je n’en veux plus. Je ne pense plus qu’à quitter le navire, que les parents se démerdent! quand ils devront payer 3000 euros/mois pour une instruction -privée- de qualité, ils
    regretteront peut-être d’avoir cautionné la casse de leurs services publics.

    Mon pessimisme grandit au fur et à mesure que j’écoute mon ministre. Anglais dès l’âge de 3 ans! 16.000 postes en moins! plan « sciences »!

    PS: oui, lisez Princesse Soso. Et aussi Les toujours ouvrables, C’est l’école qu’on assassine, Brighelli

     

     

     

      

  6. petite anecdote qui me revient. J’étais instit en CM1, je faisais attention à ne pas trop surcharger mes élèves de devoir le soir, sachant qu’ils sont fatigiés après une journée de travail à
    l’école. En général je donne une lecture suivie et deux ou trois questions, une leçon à apprendre et un exo de math (même si les devoirs écrits sont interdits!!!! je passe outre!). Une maman
    vient me voir en me disant que ce n’était pas gérable et que je donnais « beaucoup trop » de devoirs le soir, surtout qu’elle travaille, qu’elle rentre tard et que 20h c’est trop tard pour faire
    tous ces devoirs! Je lui explique qu’en CM1, son fils est parfaitement capable de travailler seul, de faire sa lecture, de revoir une leçon, que c’est un contrat qu’elle doit passer avec lui!
    « ah! mais non, me répond-elle, ce n’est pas possible, quand il rentre de l’école, il préfère jouer!!! » Ah! ben si il préfère jouer!!! Donc voilà où en sont la plupart des parents, c’est l’enfant
    qui décide!!! mes filles aussi, comme la plupart des enfants préfèrent jouer en rentrant de l’école, mais il y a des devoirs, il y en a toujours eu! Et voilà comment on se retrouve dans des
    classes avec des élèves qui n’ont pas fait leurs devoirs et qu’on n’a pas le droit de punir pour ça!!!! A la longue c’est démoralisant, des fois on se demande pourquoi on se casse le c..!!!

      

  7. D’accord Christelle mais tu étais là quand tes filles faisaient leurs devoirs ? Je ne pense pas qu’il soit raisonnable d’attendre d’un enfant de 9 ans qu’il fasse ses devoirs seul, sans au moins
    une présence pour lui dire de s’y mettre, et tout le monde n’a pas les moyens de payer une baby-sitter.

    D’autre part le temps passé pour faire les devoirs peut varier considérablement d’un enfant à l’autre, en fonction de ses capacités, de son envie de s’y mettre, des situations conflictuelles avec
    les parents… et ce n’est pas qu’une simple question d’éducation : 2 de mes enfants font leurs devoirs quasi spontanément, sans histoires, alors que ça relève souvent de la bataille rangée avec
    1 .

    Il me semble qu’un des problèmes est que l’école ne prend justement pas en compte le fait que bien des parents rentrent effectivement tard et ne sont pas, ou moins, en mesure d’assurer certaines
    choses. Les sociétés où l’école fonctionne bien sont aussi des systèmes où les parents sont très présents (il y a par exemple énormément de mamans à mi temps dans les pays scandinaves)

      

  8. Bien vu, une fois de plus! J’ai une fille « qui roule » et du coup fait ses devoirs spontanément et une autre « qui rame « et avec laquelle je dois batailler. L’instit’ prend le temps de me voir
    chaque semaine pour voir quelles sont les notions à revoir avec elle et quels types d’exos lui faire travailler. En classe….il n’a pas le temps: il faut faire de la pirogue, du foot, de l’art
    visuel, de la musique, des « marches pour ta santé » et j’en passe! Effectivement j’appréhende le retour à une vie professionnelle sachant que mon mari est très pris par son boulot voir absent.
    Comment font les autres?

      

  9. Je pense aussi qu’il y a danger à tous les niveaux, tant du côté de l’éducation nationale que de celui des parents. Le niveau des enfants baisse, à l’école primaire, mais aussi au collège et même
    après. Ce n’est pas pour rien que certaines universités ont pris la décision de donner des cours d’orthographe à leurs étudiants. On a voulu mener 100 % d’une classe d’âge au bac ; il n’y a pas
    de secret : cela ne peut se faire qu’avec une baisse générale du niveau. Par ailleurs, l’école (de manière générale, quel que soit l’âge des élèves) a besoin de moyens. Ceux-ci sont en diminution
    constante. En septembre, le collège de ma fille a perdu 3 classes sur 12 (le quart !) alors que le nombre total d’élèves ne diminuait que d’une dizaine. Le rectorat n’a même pas daigné répondre
    au courrier recommandé avec AR de l’APE. Maintenant qu’on sait que les recteurs reçoivent une prime dont le montant dépend entre autres du nombre de postes supprimés, on comprend mieux… Pour
    l’année prochaine, le nombre de classes en prévision est stable… mais on diminue la dotation globale horaire ! Tout cela ne peut qu’avoir des répercussions négatives.

    Du côté des parents aussi, de moins en moins de moyens sont affectés à l’éducation. Deux parents qui travaillent à temps plein, ce sont des revenus plus élevés pour la famille, mais ce sont aussi
    des frais supplémentaires (de garde, de soutien scolaire…) et trop peu de temps à consacrer à ses enfants. Ceux-ci ont besoin d’une présence, d’un cadre, de limites. Il n’y a pas qu’au primaire
    qu’un enfant a besoin de rappels à l’ordre pour faire ses devoirs. Ado, s’il est seul, il sera plus attiré par Facebook que par ses leçons. Même s’il se connecte en pensant en toute bonne foi
    « pas plus de 5 minutes », il y a fort à parier qu’il y restera scotché. On dit parfois qu’être parent, c’est un travail à temps plein. Sans aller jusque là, je pense que si, systématiquement, l’un
    des parents (peu importe lequel) consacrait un mi-temps à ses enfants, ce serait tout bénéfice pour tout le monde : les enfants (qui ont ce dont ils besoin ; cf un peu plus haut), les parents
    (qui profitent de leurs enfants au lieu de ne faire que traverser leur vie de temps en temps) et la société dans son ensemble (qui s’enrichit d’éléments épanouis et attentifs). Mais dans notre
    monde du chacun pour soi, qui s’en soucie vraiment ?

      

  10. Je lis les 9 commentaires qui précède celui-ci et je ne vois en fait que des mamans qui suivent la scolarité de leur enfant et qui se « plaignent » des autres, ceux qui ne sont pas élevés, pas
    suivis. Je suis maman et AVS. Maman de 3 enfants (des garçons, détail qui a son importance quand il s’agit de se mettre au travail), une maman comme les 9 précédentes, qui suit les devoirs des
    ses enfants, qui a du mal à admettre qu’un enfant puisse répondre à un adulte, une maman pas toujours cool mais avec le souci qu’ils réussissent. J’ai changé de profession, il y  a 2 ans
    maintenant pour consacrer plus de temps à mes enfants car j’ai un mari peu (voire pas disponible) et par mon métier je commençais à ne plus l’être non plus. Je suis devenue la référence éducative
    quotidienne, mi-mère poule, mi-dragon.

    Et puis je suis AVS, dans une autre ville, un autre quartier. Là où les enfants de primaire rentrent seuls le midi, après être passés chercher le petit frère à la mater, parce que la cantine ça
    coûte plus cher que de manger à la maison ; là où les parents ne sont pas là le soir pour les devoirs et quand ils sont là, ne comprennent pas l’énoncé, ne comprennent pas le mot laissé dans le
    cahier par le maître, laissent leurs enfants sur internet parce qu’ils n’ont jamais eu accès et ne savent pas trop ce qu’il y a dedans … Alors en CM2, 40 % de la classe ne sait pas faire une
    multiplication avec 2 chiffres, 30% de la classe écrit comme ils parlent ( ex : Ge laisé vu pour je les ai vus), ils répondent, se lèvent pendant les cours, se concentrent pas plus d’une
    heure pour les meilleurs. En mater, à 5 ans, certains ne savent toujours pas comment se servir d’une paire de ciseaux. Que faire pour l’enseignant : s’arrêter, reprendre les bases, ou passer
    outre, essayer d’en faire avancer certains ; faire la loi, réclamer le silence non stop, les éduquer ou faire cours dans un « calme relatif ». Alors, oui aux autres matières, à celles qui sortent
    un peu du cadre scolaire, vive le sport, c’est aussi un bon moyen d’aborder des règles de vie en société. 

    Les premiers jours, à mon arrivée dans cette école, j’ai cru que les parents étaient incapables d’élever leurs enfants dans ce quartier, que les enseignants étaient trop cool. Non, chacun essaye
    de travailler au mieux pour que les enfants avancent comme ils peuvent, avec leur maigre moyen. Et cette école sera montrée du doigt lors des résultats des évaluations, la faute à qui ? Aux
    parents, qui ne peuvent pas faire plus et pour qui la vie n’est déjà pas facile, aux enseignants qui essayent de travailler sans que cela deviennent un goulag ? Non, la faute à ceux qui jugent
    par des évaluations mais qui à aucun moment ne remettent  en question les moyens accordés, notre société est basée uniquement sur les résultats. Est ce que dans cette école, il ne s’agirait
    pas de constater que rien ne sert de courir, il faut partir à point, que jamais, ces enfants ne seront aidés chez eux et qu’il faut plus les aider à l’école. Peut être que si on leur donne les
    moyens de bien démarrer, ils nous coûteront moins cher dans quelques années, avec un métier, une référence (le maître d’école), de quoi réfléchir et des notions de la vie en société. Peut être
    que 20 au lieu de 30 par classe avec un éducateur dans l’école, serait un bon début.

      

  11. Respect Babs’girl ! Analyse très pertinente, il faut toujours replacer les choses dans leur contexte et tout comme les politiques sont complètement déconnectés de la vraie vie, les français
    moyens et + n’imaginent pas trop à quel point la vie est dure pour certains. Je suis entièrement d’accord sur le fait que la diminution des moyens est le noeud du problème, surtout associée à un
    manque total de discernement sur la répartition de ces mêmes moyens. Mais il n’en reste pas moins que je vois pas mal de parents qui parlent très bien français, ne portent que des marques, des
    lunettes de mouche DG, des talons aiguille et vont se faire teindre les cheveux toutes les semaines, prennent le café entre copines tous les matins (moi qui suit à la maison, je n’en ai pas le
    temps… !)  et qui n’ont pour autant pas le temps d’apprendre le respect à leurs enfants… et encore moins de leur faire faire leurs devoirs.

    Toujours le discernement, comment trier ? Comment savoir qui il faut vraiment aider et qui abuse ? La seule réponse me semble effectivement de mettre le paquet sur les effectifs, le suivi des
    élèves, la réduction de nombre d’élèves par classe.

    Cette année les 4 instits de CM2 se plaignent de la dureté de leurs classe, et même celle de mon fils, grande section de maternelle !!!

      

  12. Bien d’accord avec toi Gorce, tu parles des parents de Brandon, Mélinda ou Jennifer ? (je lis trop le blog de
    Princesse Soso). Quoiqu’il en soit, ses enfants là aussi ne sont pas très heureux et avec des classes
    moins remplies, des programmes un peu plus tournés vers la vie en société, on arrivera peut être à en faire quelquechose.

      


  13. @ un grand
    merci à toutes pour votre participation (on attend celles des pères….!!). Je constate que mes inquiétudes sont plutôt partagées. Au risque de me répéter, ce que je trouve vraiment alarmant
    c’est la conjonction du phénomène parents moins présents, moins vigilants (car double activité, boulot prenant, horaires décalés, mais aussi parfois par facilité, etc.) et du phénomène
    évolution des programmes scolaires et de la pédagogie (dilution des savoirs, méthodes pédagogiques douteuses et pas assez cadrées) qui au lieu de gérer au mieux la massification est source
    d’inégalités et de nivellement par le bas.

    Si la
    question des moyens est sans aucun doute fondamentale, celle des comportements, des valeurs, des repères, l’est à mon avis tout autant.

    Lorsque je
    vois les programmes de mes enfants, la façon dont les choses sont enseignées, je me dis que parfois simplement un peu plus de bon sens, de rigueur feraient déjà pas mal avancer les
    choses….

    En tout cas, cela n’est facile pour personne, j’en suis bien consciente. Ni pour les enseignants, ni pour les parents. En tout cas, personnellement, je me rends compte qu’à moins
    d’avoir des enfants super-autonomes, super-brillants, super-raisonnables, inscrits dans une super-école avec de super-enseignants, il est difficile de ne pas devoir passer du temps avec eux pour
    les accompagner, poursuivre le travail effectué à l’école (comme le dit Gorce, j’ai parfois l’impression de leur faire découvrir la leçon, ces polycopiés écrits en taille 8 me semblent indigestes
    au possible). Alors comment font ceux et celles qui veulent concilier un investissement parental fort et un parcours professionnel exigeant et prenant ? 

     

     

     

      

  14. je suis également un peu inquiète de l’évolution de l’école. je suis d’accord de ne pas surcharger les enfants (et par la même occasion les parents) de devoirs le soir mais il me semble aussi que
    le niveau général baisse. et que la méthode d’apprentissage est parfois un peu étrange. je n’ai pas appris les choses de la même manière étant petite (exemple : les conjugaisons). et surtout
    l’absentéisme de certaines maîtresses dû, à ce que l’on apprend + tard, à une mauvaise entente entre directrice et maîtresse, me choque profondément !

      

  15. je découvre ton blog par le biais de celui de Claire. Je trouve cet article et les comms qui l’accompagnent très intéressants!!!

    Perso je suis plutôt dispo pr mes filles mais je n’aime pas leur mettre la pression scolaire …je surveille très peu leurs devoirs. Par contre je suis disponible pour répondre à leurs questions
    ou faire (par ex) leurs lectures avec elles. Mais ma grande, je le précise, est hors normes et fonctionne un peu différemment des autres enfants ;-))) (pr elle une punition c’est la priver de
    bouquins ou du dico ;-))

    Je suis complètement dépitée quand je vois l’éducation de certains :-O et les priorités!!! les mêmes qui laissent leurs gamins complètement déoeuvrés tous les mercredis me donnent des leçons car
    je les laisse un peu en autonomie sur les devoirs et me traitent de « laxiste baba cool » (pr schématiser)….pr moi accompagner son enfant c’est certes ds le travail scolaire (mais je pars du
    principe que c’est le rôle de l’école en grande priorité) mais surtout dans la vie de tous les jours: lui faire découvrir de nouvelles choses (lectures, paysages, balades etc) , jouer avec lui
    (j’essaie de jouer régulièrement à des jeux de société avec mes filles), l’éduquer tout simplement ;-))).

    Je m’inquiète de la baisse des moyens à l’école et dans tous les services publics (je précise je suis moi même fonctionnaire)….et je sais qu’inévitablement cela va « retomber » sur toutes ces
    personnes qui ont déjà du mal à gérer leurs gamins :-((( je suis franchement de plus en plus pessismiste …

      

  16. @ Fleur : merci pour ton passage ici ! moi aussi les méthodes d’apprentissage me laissent souvent perplexes…Concernant les devoirs le soir, bien sûr, en
    tant que parent pas toujours motivée et patiente, j’aimerais bien que les enfants ne soient pas surchargés, mais il me semble qu’il y encore moins de « miracles » aujourd’hui qu’hier et que sans
    les devoirs le soir, le niveau et le sens de l’effort vont encore s’amoindrir…

    @ Katell : bienvenue tout d’abord ! Je reprends l’une de tes phrases : « pr moi accompagner son enfant c’est certes ds le travail scolaire (mais je pars du
    principe que c’est le rôle de l’école en grande priorité) mais surtout dans la vie de tous les jours ». Mais moi aussi, c’était mon principe :-). Moi aussi, j’aimerais leur apprendre l’autonomie.
    Me reposer sur l’Education Nationale et ne pas avoir à endosser (avec un succès plus ou moins mitigé étant donné que cela n’est pas ma formation !) le rôle de l’enseignant. Mais je suis
    obligée de constater que si nous ne sommes pas derrière, à reprendre les leçons, à compléter les explications données en classe, il y a plein de lacunes… . Ceci n’empêche
    pas l’apprentissage par les jeux, les voyages, les balades, les activités en famille bien sûr…L’éducation est une belle aventure mais ô combien exigeante et difficile parfois ! L’instruction
    aussi…

    PS : tu en as de la chance d’avoir un enfant pour qui une punition est d’être privée de dico et de livres….:-)).

      

  17. Bonsoir! en tant qu’instit et maman, je me retrouve tout à fait dans ton article…
    Faire de l’informatique : mais un ordi pour 2 ou 3 élèves
    De l’anglais : mais sans savoir 2 mots d’anglais (enfin moi oui, c ma formation initiale, mais les collègues qui n’en parlent pas un mot sont maintenant obligés de « l’enseigner »!
    De la prévention routière
    Sans oublier l’hygiène bucco-dentaire (!)
    Et la piscine (plus de 30 mômes à déplacer et rhabiller, une galère qui prend une demi-journée!)
    Le tout avec des classes bien trop nombreuses et oui, souvent des parents moins investis « qu’avant » ou qui n’ont pas les moyens de suivre la scolarité de leurs enfants (parce qu’ils ne savent pas lire et qu’en plus ils sont noyés sous leurs propres problèmes)
    Et tellement de violences et de manque de moyens (en région parisienne en tout cas…même pas de manuel de français ou de sciences en classe!)
    Un grand bravo à Bab’s Gril pour son témoignage d’AVS, qui décrit bien la réalité de la plupart des écoles dans lesquelles je suis passée, et en tant que remplaçante, j’en ai fait beaucoup!
    Les profs sont recrutés par l’education nationale, mais les AVS, les aides en maternelle comme au primaire, le mobilier, le matériel scolaire sont payés avec les subventions de la commune et les contributions des parents.
    Donc le résultat n’est vraiment pas le même pour tout le monde!

      

  18. Madame

    Que ce soit votre ressenti ou celui de Mr Loys Bonod, assez justifie sur le forme, mais moins sur le fond, il conviendrait sans doute d’apporter des elements un peu plus eprturbateurs a cette pure lecture des faits fondes sutr l’experience personelle:

    – non les exercices de Bled, dit exercices ä trous, ne forment pas a la langue francaise. Tout juste forment-ils a la manipulation de certains graphemes dans des phrases sorties de leur contexte et donc non transferables

    – oui les petits francais aiment lire, mais ils deviennent paresseux sur la comprehsnion et la production ecrite. Et puis faire tenir des activites de production ecite ou de conmprehension avant le CM2 dans un horaire tressurveille, est devenu plu^tôt risque profesionnellement. Faites le donc dans une classe de 32 avec 3 ou 4 agités pour voir…..

    – non, les methodes d’apprentissage dogmatiques du francais concues par des universitaires pétris de certitudes, et dont le seul referentiel de competence repose sur leur propre vecu (entre 1946 et 1962, ou ils étaient ä l’école primaire) ne conduira jamais a l’amelioration des scores PISA.

    – les notes ne font plaisir qu’aux bons élèves, aux parents et aux educateurs. La preuve, des cancres comme Michel Drucker, Gainsbourg, Einstein ou Beregovoy ont bien reussi dans la vie….

    – oui les effets cumulatifs des exces de stress economique, de tv et de jeux video, d’acculturation linguistique, et de competition engendrent des troubles de l’apprentissage.



    Si les ecoliers performent moins en lecture (comprehension et expression) ils sont cependantbons dans les autres domaines et surpassent les performances des mêmes élèves de 1970. Donc de leurs parents….

      

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