Que deviennent-elles (ils) ?

Que deviennent-elles ? (7ème partie)

Aujourd’hui, c’est au tour de Sandrine de nous donner de ses nouvelles. Et il y en a ! Un grand merci à elle !

■ Sandrine, créatrice d’une boutique en ligne (relire son témoignage de mars 2009)

Depuis ta dernière interview, comment ta situation personnelle et professionnelle a-t-elle évolué ?

Nous avons quitté la Savoie à l’été 2009 pour nous installer aux Pays-Bas (à La Haye plus précisément), à l’occasion d’une mutation de mon conjoint. Après 2 ans de couveuse, pour lancer et développer Cousette entre copines, créations textiles et arts du fil, je venais de m’inscrire comme autoentrepreneur. J’ai donc du « déménager » mon activité (que j’avais d’ailleurs conçue de manière à ce qu’elle suive facilement nos déplacements). Les premiers mois ont été difficiles avec une grosse perte de chiffre d’affaires. Peu à peu, j’ai rebondi. Sur place, d’abord, avec l’organisation d’ateliers de couture pour les membres de la (nombreuse) communauté francophone et internationale de La Haye, et la mise en place de ventes privées avec d’autres créatrices françaises. Sur internet, également : j’ai ouvert des boutiques sur les plateformes de créateurs Fée-main création et A little market, entamé un relooking et un repositionnement de mon blog, intégré Les-creatrices.fr, un groupe particulièrement actif de créatrices de fait-main, développé une communauté sur les réseaux sociaux… En 2011, j’ai mené deux grands projets: l’ouverture ma propre boutique en ligne, et la naissance de Cousette communication, une activité de conseil en communication et rédaction de contenu pour les acteurs du fait-main, qui me permet ainsi de faire le lien entre mon premier métier (journaliste) et mon travail de créatrice.

Ton équilibre vie perso / vie pro a-t-il été modifié ? En quoi ? En mieux, en moins bien ?

L’arrivée aux Pays-Bas a été très difficile de ce point de vue: l’école finit à 15h15 (je devais même aller chercher ma fille en maternelle AVANT 15h15 !), les activités post-scolaires, organisées par une association de parents dans les locaux de l’école, n’étaient pas accessibles à mes 2 derniers (trop jeunes). Il existe bien des garderies qui récupèrent les enfants après l’école, mais elles sont surchargées et excessivement chères (j’aurais eu de la place pour mes enfants le mercredi après-midi, de 11h30 à 17h30, mais cela m’aurait coûté 200€ par enfant par mois !), l’école n’a pas de cantine, c’est aux parents (j’allais écrire aux mamans… car c’est effectivement le cas !) de préparer chaque matin le repas de leurs enfants, qui le prennent dans la classe, les baby-sitters sont difficiles à trouver…

Le modèle familial dominant, chez les expatriés, est celui du mari qui travaille beaucoup et est souvent absent et de l’épouse qui ne travaille pas et prend toute l’organisation familiale en charge !

Bref, la première année a été particulièrement stressante, avec des conséquences néfastes pour la famille et le couple. J’ai décidé alors de travailler plusieurs mois avec une coach de vie personnelle, qui m’a permis d’identifier mes besoins, mes valeurs, mes priorités, de prendre du recul et de reprendre le contrôle de ma vie et de mon organisation. Les résultats ont été très positifs. Par ailleurs, cette année, je respire : ma grande vient d’entrer au collège et est beaucoup plus autonome. Quant à la dernière, elle est entrée en primaire : j’ai enfin droit aux activités post-scolaires et à l’étude, ce qui me soulage bien !

Et d’ici 1 ou 2 ans, comment te projettes-tu ? Quelle articulation vie privée / vie pro aimerais-tu bien atteindre
? As-tu des projets précis ?

J’ai un peu de mal à me projeter, car nous savons que mon conjoint va devoir rentrer en France d’ici à deux ans, mais nous ne savons pas précisément quand ni où. En ce qui me concerne, j’aimerais trouver une stabilité personnelle et professionnelle. Je souhaiterais m’établir avec les enfants en région Rhône-Alpes, pas trop loin de Lyon (ma ville d’origine, dans laquelle j’ai gardé un important réseau familial, amical et relationnel, avec lequel j’ai envie de renouer). Du coup, nous risquons de faire l’expérience du célibat géographique ou du navettage pendant quelques temps. Ce qui sera, sans doute, encore un vrai challenge du point de vue de l’équilibre vie professionnelle/vie
privée.

Crédit photo: Nadine Court

Retrouvez les précédents témoignages dans la rubrique « Que deviennent-elles ?« 

 

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