Carole Nipette
Que deviennent-elles (ils) ? Témoignages vie privée / vie pro

Parcours au fil du temps : Carole

Carole Nipette
Carole

Carole avait témoigné pour la première fois sur En Aparté en 2014 autour de la conciliation vie privée / vie pro. Mère d’une fille, elle travaillait comme attachée de presse dans une grande entreprise culturelle depuis 22 ans et elle était passée à 80% pour avoir son mercredi. Elle était revenue témoigner en 2015. La grande nouveauté était d’avoir quitté Paris pour aller vivre avec son compagnon et sa fille de 9 ans dans une maison située en région parisienne. Six ans après, Carole refait un point pour En Aparté. Merci à elle !

Depuis ton dernier témoignage, comment a évolué ta vie professionnelle et personnelle ?

Il n’y a pas eu énormément de changement depuis 2015. Côté pro, je suis toujours attachée de presse au sein de la même structure culturelle. La seule petite nouveauté, c’est l’apparition timide du télétravail, à raison de 3 jours par mois, à partir de septembre. J’aurais bien aimé plus…

Dans ma tête, j’ai toujours le projet de faire une formation pour changer de métier (pourquoi pas dans le domaine du social, de l’enfance) mais depuis la réforme de la formation, on doit faire toutes les recherches seule, ce n’est vraiment pas évident. J’ai un compte formation bien rempli mais c’est très compliqué de trouver la bonne formation quand on ne sait pas exactement ce que l’on veut faire. Il y a quelques années, j’ai essayé de faire un bilan de compétences mais je n’ai pas du tout aimé l’expérience et cela m’a un peu bloquée, je reconnais !

Côté perso, nous vivons toujours dans notre maison près de Paris. Ma fille rentre en première. La différence c’est que depuis 1 an et demi, en raison de la crise sanitaire, je suis beaucoup plus présente car il y a eu pas mal de périodes de télétravail. J’ai trouvé cela bien d’être là le soir et de ne pas avoir à me lever aussi tôt.

Pendant le confinement, j’ai pas mal blogué. Et depuis la réouverture des lieux culturels, je me fais une cure de films 😊

Avec le recul, referais-tu certaines choses différemment ?

Je ne sais pas, c’est difficile comme question. Lorsque ma fille était plus jeune, je culpabilisais de ne pas être plus présente et de rentrer aussi tard le soir, mais maintenant qu’elle est grande, c’est plus facile, moins culpabilisant. Dans un sens, j’aurais aimé être plus disponible mais de l’autre, je me dis que je l’étais quand même (mercredi et week-end). Et puis, où placer le curseur entre ne pas être assez présente et l’être trop ? Comment faire pour veiller à son enfant sans l’étouffer…c’est tout un équilibre, et le juste équilibre est très difficile à trouver. Et puis comment savoir si le fait de ne pas être assez présente était une impression ou une réalité ? Je pense que nous, les femmes, nous nous mettons trop de pression, on se crée cette culpabilisation.

As-tu des conseils à donner à des jeunes femmes/mères ?

Concernant l’éducation, se dire que rien n’est écrit à l’avance, rien n’est acquis, rien n’est gagné ni perdu. Un enfant évolue, change. Donc rien ne sert de trop se stresser s’il traverse une période compliquée. L’éducation est un voyage au long cours. Il faut savoir s’adapter, se remettre en question et laisser son enfant aller à son rythme.

Côté pro, je trouve que les entreprises évoluent un peu en termes de conciliation vie privée / vie pro mais que c’est encore loin d’être gagné en tant que femme et mère. Avant d’accepter un poste, si on a le choix bien sûr, bien se renseigner sur l’environnement, sur la façon dont on pourra concilier vie perso et vie pro (si bien sûr on a envie de concilier car certaines personnes veulent s’investir soit dans une sphère soit dans l’autre et c’est leur droit le plus strict !). J’ai l’impression que ce n’est pas acquis même si on en parle beaucoup dans les journaux. Autre conseil : ne pas accepter des choses qui peuvent vous « pourrir » la vie. Par exemple, le télétravail peut vite devenir un enfer pour certaines personnes.

As-tu des projets à court ou moyen terme ?

J’avoue qu’après la période que nous venons de traverser, j’ai du mal à faire des projets. A la rigueur dans 2 semaines, 2 mois mais pas au-delà. Nous avions prévu un road trip en Californie en 2020, toujours pas possible en 2021 et reporté en 2022 mais là aujourd’hui je ne suis sûre de rien. Donc, j’ai du mal à faire des projets. Je m’adapte, je suis surtout dans le présent. En revanche, je commence dès maintenant à m’inquiéter, à stresser pour Parcours Sup dans deux ans. J’ai écrit un billet sur mon blog à ce sujet. Je trouve que l’on prive certains jeunes de faire les études dont ils rêvent parfois depuis longtemps juste parce qu’il n’y a pas assez de places à la fac, dans les écoles. Pourtant on aurait pu anticiper, mais on a préféré faire des économies. Je ne sais donc pas si ma fille pourra faire les études qu’elle souhaite.

Vous pouvez suivre Carole sur son blog.

Il y a quelques années, Carole avait participé au dictionnaire de la conciliation, en choisissant la lettre C, comme course (eh oui, quand on a des jeunes enfants et qu’on travaille, on a l’impression de courir en permanence !).

Retrouvez l’ensemble des témoignages dans la rubrique Parcours au fil du temps.

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