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Le rêve brisé des working girls

revebriseDans Le rêve brisé des working girls, Claire Léost décrit le parcours professionnel de dix femmes diplômées d’HEC, âgées de 35 à 40 ans et qui n’ont pas eu ou n’ont pas la carrière à laquelle elles pouvaient prétendre grâce à leur prestigieux sésame. Je cite : « Dix carrières qui ont buté sur un patron, un collègue, un partenaire, un mari et plus souvent encore sur elles-mêmes ».

Pour information, Claire Léost, 36 ans, diplômée de Sciences-Po Paris (1997) et d’HEC (1999), 2 enfants, a débuté sa carrière dans le cabinet de conseil McKinsey et est actuellement éditrice de magazines au sein du groupe Lagardère. Son livre (publié aux Editions Fayard, 11,90 euros) se lit très facilement et agréablement. Le style est direct, vivant et les propos piquants, parfois drôles, même si parfois un peu forcés (j’y reviendrai).

A l’occasion des 15 ans de leur promo HEC (46% de filles, 54% de garçons), Claire Léost constate que sur la trentaine de femmes, une quinzaine ont vu un certain nombre de leurs rêves brisés. « La moitié d’entre nous seulement exerce une fonction dite « à responsabilité ». Les autres attendent une promotion qui ne vient pas ou ont abdiqué toute ambition de faire carrière. Dans le même temps, les hommes ont tous progressé dans la hiérarchie ou créé et revendu leur entreprise ». Face à cette situation, elle ressent un sentiment de « gâchis ».

A travers ce livre, elle essaye de comprendre pourquoi ses amies ont « craqué et abandonné, pour la plupart, leur carrière ? ». Pourquoi ce gouffre entre les résultats scolaires de ces filles, brillants, et leur très faible présence dans les hautes sphères des entreprises ou au sein des comités de direction ? Selon moi, il aurait été plus exact de dire « pourquoi n’ont-elles pas eu la carrière qu’elles pouvaient espérer ?, c’est-à-dire la carrière d’une personne diplômée d’une des plus grandes écoles de commerce parisienne. Je précise ce point car, dans les parcours qu’elle présente, l’une est devenue mère au foyer tandis que les autres ont toutes une activité professionnelle (ou en recherche d’emploi suite à un licenciement), mais pas en tant que cadre dirigeante (sauf une). Elles ont donc bien une carrière mais pas forcément celle qu’elles auraient pu avoir au vu de leurs études.

Selon Claire Léost, différents pièges viennent se dresser devant les femmes et nombreuses sont celles à tomber dedans, au lieu de les éviter. Elle s’appuie sur ces 10 parcours féminins pour les détailler : le piège de la grossesse, le piège de l’apparence physique, le piège du conjoint (et de l’expatriation), le piège des réseaux féminins , le piège du travail à  la maison, le piège des start-up « patriarcales », etc. Comme dans les fables, Claire conclut chaque portrait par « la morale de cette histoire ».

Pour elle, l’explication de cette situation  n’est pas tant une conspiration des hommes et des entreprises, que le fait et la responsabilité des femmes : « la main invisible de l’homme qui maintient les femmes à l’écart et le plafond de verre sous lequel elles se cognent existe avant tout dans l’esprit des femmes ». « Non seulement nous ne brisons pas le fameux plafond de verre qui nous empêche de progresser, mais nous le renforçons, le consolidons ou, au mieux, nous complaisons à son abri. Nous n’osons pas parler d’argent, nous attendons passivement que nos mérites soient récompensés, nous travaillons dur mais discrètement, sans faire de bruit, sans nous mettre en avant. Nous manquons de confiance, doutons de nos capacités quand « eux » doutent avant tout d’être suffisamment bien payés » écrit-elle. Conclusion :  les femmes doivent assumer leur part de responsabilité dans le mécanisme de l’inégalité et remettre en cause leur manière de fonctionner au travail comme dans la vie pour prendre toute leur place à côté des hommes, et pas en dessous. Ne pas attendre que les entreprises ou les hommes changent, mais c’est aux femmes, de changer leurs comportements dans l’entreprise ou avec leur conjoint. « Ne soyez pas naïve, mettez aussi votre intelligence au service de votre carrière dans l’entreprise, soyez maligne » exhorte-t-elle.

Voici quelques-uns des pièges où sont tombés ses amies de promo :

– Quand l’enfant paraît, les mères se mettent en retrait, consciemment ou pas, et font passer la carrière de leur mari avant la leur. Or, en période de crise, il est rare que l’on ait plusieurs vies professionnelles. La deuxième chance n’existe pas toujours. Encore moins pour une femme de 40 ans ou plus.

– Elle estime qu’une femme ait des enfants ou pas, dans les deux cas, le piège existe, même si de façon différente. On connaît les difficultés et préjugés que doivent affronter les mères (ou potentielles mères)  dans la vie professionnelle. Mais pour celles qui n’ont pas d’enfant, cela n’est pas toujours plus simple, selon elle. Car passés 40 ans, ne pas avoir d’enfant vous sera reproché, vous serez considérée comme un monstre froid, rigide, à qui il manque quelque chose. « Or pour accéder au plus haut niveau, il faut avoir un profil complet, équilibré », une femme s’est-elle entendu dire.

– L’apparence physique peut également être un piège, le fait de ne pas entrer dans la norme (surpoids par exemple) notamment, beaucoup plus que pour les hommes.

Comme je le disais plus haut, Claire Léost conclut chaque portrait par « la morale de l’histoire ». Elle n’apporte pas de solutions clés en main, mais propose quelques mises en garde et conseils. Certains me semblent pertinents, en tout cas partiellement. Les voici :

– ne pas hésiter à (mieux) négocier son premier salaire. Claire Léost rappelle que 57% des hommes le font, mais 7% seulement des femmes. Note personnelle : très vrai (même si pour être tout à fait honnête, pour mon premier vrai job, au sein d’un très grand groupe, les filles et les garçons étaient embauchés au même salaire, j’en suis sûre car à cet âge là, nous échangions encore facilement le montant de nos fiches de salaire…! En revanche, je me souviens parfaitement que nous avions découvert que nous avions été recrutés avec un salaire d’embauche inférieur de 10 ou 15% par rapport aux jeunes diplômés recrutés quelques années avant nous, sortant de la même école…l’effet crise !). En revanche, ce que conseille Claire Leost est aussi valable pour chaque embauche…(ce que je n’ai pas toujours su faire, loin de là !).

– bien choisir son premier poste, ne pas rater cette première marche.

– oser demander une augmentation et une promotion,

– bien choisir son conjoint, négocier avec lui les ambitions de chacun, la répartition des tâches, des rôles.

– oser s’exprimer même au sein d’une assemblée très majoritairement masculine,

– ne pas vivre sa grossesse comme une maladie : si elle se déroule bien, ne pas écouter tous les avis soit-disants bienveillants de votre entourage qui vous encouragent à lever le pied. Et si besoin ou envie d’une coupure, surtout rester connectée à votre réseau. Sur ce conseil là, je suis partagée. Oui, la grossesse n’est pas une maladie (enfin, dans la majorité des cas). Non, la grossesse n’est pas anodine et provoque souvent de la fatigue et une moindre énergie, surtout les derniers mois et s’il y a déjà d’autres enfants.

– apprendre les codes de l’entreprise qui ne sont pas ceux de l’école et pour lesquels les garçons seraient bien mieux préparés. Les filles, souvent meilleures élèves que les garçons, sont attachées au système scolaire méritocratique fondé sur le travail, l’application, la constance, la norme… « Mais les règles de l’entreprise sont différentes, les promotions récompensent plus souvent les revendications que les mérites ». Mon avis : oui, il est important d’apprendre à réseauter, à développer son faire savoir et non pas seulement son savoir faire, à se placer dans les réseaux de pouvoir, à réclamer. Mais non également, car, heureusement, le système méritocratique continue à fonctionner dans le monde professionnel et à être un excellent moyen de progresser et de réussir. Beaucoup de carrières brillantes en sont heureusement la preuve…

– en un mot, selon elle,  il faut revendiquer, se prendre en main, demander plutôt que de se plaindre.

Dans une interview vidéo donnée aux Echos le 8 mars dernier, Claire Leost reconnaît être elle-même tombée dans certains de ces pièges. Lors de son premier poste, elle n’a jamais parlé d’argent : « pour moi, c’était malpoli, on m’avait appris à ne jamais demander, réclamer ». De même, elle avoue ne pas avoir participé plus que cela aux réseaux. Elle reconnaît avoir tendance, comme beaucoup de femmes, à se recroqueviller sur elle-même, « or c’est très mauvais pour progresser ». « Le midi, je ne vais pas déjeuner avec mes collègues pour boucler mon travail et ne pas rentrer trop tard le soir. En revanche, je suis quelqu’un d’assez cynique et je ne suis pas naïve. Je pense donc ne pas être tombée dans tous les pièges. Par exemple, au moment de la maternité, j’ai bien vu qu’il y avait des commentaires plus ou moins bienveillants et qu’il fallait que je résiste. Comme j’étais en pleine forme, c’était à moi de décider si j’avais envie de rester ou pas et  ce n’était ni à mon patron, ni à mon mari ni à mes collègues de dire à ma place ce qu’il fallait que je fasse ».

Et pour terminer, voici quelques-unes de mes réserves/modérations/remarques :

– Il aurait été intéressant d’aller à la rencontre des hommes de cette même promo. Et n’aurait-on pas pu également écrire « Le rêve brisé des working men ? ». Sont-ils tous satisfaits de leur vie professionnelle ? Quels sacrifices ont-ils dû faire pour évoluer professionnellement ? A quelle pression ont-ils dû apprendre à résister ? Et qu’en est-il de leur vie personnelle, conjugale et familiale ? Si je dis cela, (un peu sous forme de boutade, j’en conviens !) c’est que je pense que pour beaucoup de personnes, la vie se charge de malmener ou de dissoudre (car le terme briser  me semble trop fort)  les rêves qu’elles avaient à 20 ans. Heureusement,  20 ans, c’est l’âge des idéaux, des certitudes, des ambitions, des grands principes. C’est une bonne chose d’ailleurs ! Mais combien de personnes parviennent à réaliser leurs rêves, à conserver leurs idéaux, à respecter tous leurs principes ? En général, de nombreux événements viennent bousculer tout cela. Certains lourds tels que la maladie, le handicap, le deuil, etc. d’autres beaucoup moins lourds, voire même certains très heureux mais qui tous ont des conséquences sur les rêves et les idéaux : l’évolution personnelle, la vie à deux, un déménagement, un licenciement, les enfants, l’environnement économique et social, la santé, etc. D’ailleurs, la littérature est remplie de ces histoires de désillusions, avec des personnages, masculins et féminins, qui regardent leur jeunesse avec un regard tantôt nostalgique, amusé ou amer…

– Je pense que si ces femmes brillantes ont décroché, c’est parce qu’une double carrière n’est pas évidente à gérer (mobilité, expatriation, enfants, organisation, etc.), qu’avoir des enfants demande du temps et de l’énergie pour les élever, les éduquer et que c’est vrai, le plus souvent ce sont les femmes qui y consacrent le plus de temps (soit parce qu’elles en ressentent davantage le besoin/l’envie que leurs conjoints, soit parce culturellement, cela paraît « logique », etc.). Peut-être aussi « tout simplement » parce que certaines ont revu leurs ambitions, leurs priorités au fil des années, leurs critères de réussite, etc. Peut-être parfois leur évolution a-t-elle été imposée par leur environnement, je reconnais, mais peut-être aussi parfois de leur plein gré, non ? Peut-être aussi parce qu’à 20 ans, on ne réalise pas ce que cela implique d’avoir des enfants, de travailler dans un environnement professionnel avec beaucoup de pression, de contraintes, de déplacements ? Peut-être parce que cela ne provoque pas les mêmes bouleversements chez un homme et chez une femme ? (je constate, je n’émets pas de jugement…). Peut-être aussi parce que certaines femmes n’ont pas eu envie de se battre avec les armes et les codes en vigueur des entreprises ?

– Claire Léost est très critique sur les réseaux féminins. Le chapitre qu’elle leur consacre est d’ailleurs drôle à lire. Elle estime qu’ils sont « moins efficaces sauf pour partager sa dépression » (citation prise dans l’interview qu’elle a donnée au magazine Elle) et elle conseille plutôt de consacrer du temps aux réseaux où réside le pouvoir masculin. Elle recommande de ne pas se ghettoïser en restant entre femmes, mais de participer à des réseaux d’hommes « pour se rendre compte qu’ils ne sont pas meilleurs que vous et que vous avez toute votre place au milieu d’eux ». Personnellement, je suis convaincue de l’utilité des réseaux féminins en terme de carrière professionnelle (cela ne veut pas dire qu’ils doivent être exclusifs et que l’on ne peut pas participer également à des réseaux mixtes). J’ai d’ailleurs consacré récemment deux billets à ces réseaux sur ce blog. Par exemple, dans le réseau féminin dont je fais partie, l’une des adhérentes a indiqué que c’était grâce à ce réseau, qu’elle avait oser demander une promotion pour accéder à un poste avec des responsabilités managériales dans un milieu pourtant masculin. C’est en voyant d’autres parcours que le sien qu’elle s’est dit « pourquoi pas moi ? ». Autre exemple, des ateliers « savoir négocier son salaire, oser parler d’argent » souvent organisés dans les réseaux féminins me semble très utiles. Et je ne crois pas que les réseaux d’hommes en organisent beaucoup, puisqu’il semblerait que cela leur soit beaucoup plus naturel :-).

– Claire est également sceptique envers le phénomène des mompreneurs, qu’elle considère davantage comme des femmes au foyer qui gagnent quelques centaines d’euros par mois, que comme de réelles femmes chefs d’entreprise. Là encore, la réalité me semble plus nuancée. Il est vrai que pour certaines d’entre elles, leur activité constitue un complément de revenu mais pour d’autres, il s’agit de vraies réussites économiques et une réelle indépendance financière. De même, de façon plus générale, elle est très méfiante par rapport au travail à la maison et estime que cela peut vite devenir une prison. Là aussi, je pense que tous les cas de figure existent, le « pire » comme le meilleur.

– Enfin, dans son épilogue, elle dit avoir (quasiment) en vain cherché les nouveaux pères ! Elle écrit : « Le nouveau père (chez les cadres supérieurs) n’existe pas. Il y a d’un côté le père courant d’air (celui qui a plein de photos de ces enfants sur son bureau, précise-t-elle  !), ou celui qui fait un peu et croit qu’il faut beaucoup (la majorité), et de l’autre, celui qui fait tout, mais ne travaille plus (cas très rares, mais mis en avant dans les médias). Entre les deux, il n’y a rien ». Là aussi, le trait est, je pense, volontairement grossi pour faire réagir :-). A mon avis, il y a des progrès, des évolutions, des prises de conscience, des apprentissages de part et d’autre, parfois imposés (cf. les pères divorcés qui ont la garde alternée de leurs enfants et qui apprennent à concilier alors que d’habitude « les femmes concilient tandis que  les hommes vivent ») et parfois avec de la bonne volonté (cf. le programme Happy Men par exemple)… tout ceci se fait lentement, certes, mais les progrès, les changements sont réels et opérationnels au sein de certains couples. En tout cas, on nous promet que dans la génération Y, les hommes sont les nouveaux pères de demain :-).

Bref, un essai qui fait réfléchir, dit franchement des choses pas toujours politiquement correct et crée le débat sur différents sujets (dont certains que je n’ai pas abordés ici mais j’ai déjà été bien bavarde !). Je vous le recommande donc vivement !

Autres points de vue : Marlène Schiappa avait écrit un billet très complet sur Mamantravaille ainsi que Anna-Marie Rocco du magazine Challenges sur son blog + émission sur RTL avec Claire Léost comme invitée + émission de Tébéo où elle a également été invitée.

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21 thoughts on “Le rêve brisé des working girls

  1. Merci pour cet excellent billet très pondéré. Il me vient une autre réflexion. Étant moi- même diplômée de Sciences-po et ayant conservé mes amis de l’époque (hommes et femmes), je me dis qu’il y a aussi un facteur apprendre en compte dans l’évolution des carrières de chacun: savait-on réellement ce qu’on entreprenait à cette époque là? Je suis moi même en reconversion professionnelle, et pas la seule dans ce cas. Ces carrières auxquelles on nous préparaient n’étaient finalement pas ce a quoi nous aspirions profondément. J’ai au moins 3 exemples de personnes ayant « choisi » ces études plus par pression sociale que par véritable envie. Un point qui selon moi mérite réflexion.

      

  2. Très intéressant ! Merci parce que, pour le coup, c’est très complet. Je suis contente que tu poses la question des hommes… Sont-ils satisfaits de leur carrière à 40 ans ? Ont-ils tout ce qu’ils voulaient ? Comme tu le dis, il faut désormais compter avec la génération Y : celle qui veut TOUT. Réussite professionnel et épanouissement personnel. Je crois que c’est difficile pour ces pères (pas forcément si nouveau) de devoir choisir entre de hauts postes et passer du temps de qualité avec leurs enfants. Et si les hommes devaient eux aussi renoncer ?

      

  3. Passionnant billet!

    Je ne m’identifie pas du tout à ces personnes qu’elle décrit, mes rêves étant tellement éloignés des leurs.

    Mais je pense que le livre est intéressant, et qu’il y a certainement une part de responsabilité venant des femmes elles-mêmes.


    Comme le dit le commentaire me précédant, je crois moi aussi quel tout simplement, à 20 ans, hommes ou femme, on s’engage dans des voies qui ne nous ressemblent pas forcement, dans des secteurs qui ne laissent pas forcément de souplesse à la vie de famille, sans qu’on en soit conscient.

    Et souvent, en grandissant, on découvre petit à petit qu’il va falloir faire des concessions, et que courir après les objectifs chiffrés, l’argent et l,ambition, en étant sous pression constamment dans une tour glaciale à la Défense, sans vie privee ni vie interieure riche, peuvent être, pour certaines personnes, des objectifs de vie assez effroyables… C’est une bonne chose, parfois, de sortir complètement de ce moule et de se réorienter.
    Malgré leurs reves brivés de reussite, les working girls du livre sont elles vraiment plus malheureuses aujourd’hui? C’est ça surtout que j’aimerais savoir… 🙂

      

  4. On conseille toujours aux femmes de négocier leur salaire ou demander une augmentation. Pour ma part, j’ai essayé de négocier mon salaire à chaque nouvelle embauche et on m’a toujours envoyé paitre. Je trouve qu’en cela le livre de Brigitte Laloupe est beaucoup plus réaliste (http://blog.plafonddeverre.fr/pages/mon-livre) : la société ne souhaite pas que les femmes demandent. Demander ne suffit pas toujours et renvoie une image très négative de la femme.

      

  5. Bravo pour ce billet objectif et intéressant. J’ajouterais seulement 2 choses


    1 / après 40 ans, il existe une 2nde carrière si si / souvent les femmes s’effacent un peu quand leurs enfants sont petits parce qu’elles en ont envie mais ensuite quand les enfants grandissent leur appétit professionnel est grand et souvent cela fait des étincelles


    2/ claire léost fustige les networks féminins mais je me demande si les réseaux d’anciens élèves ne sont pas parfois plus sclérosants encore (c’est dit avec un peu d’ironie mais à peine)

      

  6. J’avoue que je ne comprends pas cette incitation à l’autoflagellation par quelques femmes qui « réussissent ». Je ne vois jamais de billet d’hommes faisant état de pièges dans lesquels il tomberaient en prenant comme base de normalité, le référentiel de comportement des femmesau travail
    par exemple: au moment de la venue d’un enfant, ne pas s’impliquer autant que sa conjointe (conduirait à renforcer les chances de la conjointe plutot que d’inciter la conjointeà moins s’impliquer !!)

    par exemple au moment de la grossesse, ne pas dégager de disponibilités supplémentaire pour s’occuper des autres enfants (idem)

    par exemple: ne pas rémunérer à sa juste valeur de competences d’empathie et de relationnel contribuant au bien etre, à la motivation, à la performance
    Seules quelques femmes s’autoproclamant fières d’être à la hauteur des hommes » entrainent les autres femmes à s’autoflageller en les faisant culpabiliser de ce qu’elles sont en les laissant croire que leur comportement pourrait être inapproprié. Et si ces comportements étaient justement ceux à valoriser pour sortir de la crise . Ne serait il pas plus judicieux d’amener les hommes à s’autoflageller eux aussi un peu entre eux du tyepe: Nous les homes , nous ne sommes pas à la hauteur des comportements d’empathie, …. Nous les homes

    9à changerait un peu la musique de la culpabilité des femmes entretenue par les femmes !!!! un comble

      

  7. Je suis atterée par cette incitation à l’autoflagellation des femmes entretenue par des femmes, qui se pensent être la crème de crème
    L’une d’entre vous a t’elle déjà vu un billet d’autoflagellation des hommes par les hommes qui se pensent être l’élite de l’élite ? Pour ma part jamais ….

    J’imagine toujours la reaction d’un homme observant cette autoflagellation des femmes entre elles: un délice pour leur moindre effort !! et l’attente que ces dames s’aliignent sur l’étalon qu’est l’homme : et l’humain dans tout cà !! la femme ne pourrait elle pas aussi quelquefois être l’exemple à suivre car si elle acescomportements, pourquoi seraient ils injustifiés. Ne serait elle pas dote de raison elle aussi ?

      

  8. véronique l’histoire de la seconde carrière après 40 ans ça a tout d’un mythe. J’ai pas mal d’exemples très différents de juxtaposition enfants/carrière autour de moi, mais je ne connais absolument personne qui ait démarré quelque chose sur le tard. L’âge de la première maternité ne fait qu’augmenter (on en est à 34 ans en RP); avec un 2e vers 36-37 ans (ce qui ne laisse d’ailleurs pas beaucoup de temps pour récupérer..) on arrive à 40 ans avec 2 jeunes enfants pas du tout autonomes, des maladies encore fréquentes, un mode de garde à organiser. Perso je commence juste à sentir la tension baisser avec l’entrée du dernier au collège (et encore laisser des préados seuls à la maison une grande partie de la journée, humm).

    Il devient très vite difficile de se débarrasser d’une image de boulet peu efficace, de postuler ailleurs avec un CV en gruyère, et plus encore de se reconvertir (les dits enfants entraînant pas mal de charges financières incompressibles)

    Je pense qu’il faut bien mettre en garde les jeunes, et qu’elles ne tombent surtout pas dans ce piège.

      

    1. Bonjour ! au sujet de la 2nde carrière :

      1/ je n’ai jamais dit que c’était facile

      2/ j’ai 4 enfants et après la naissance de ma dernière à 41 ans j’ai commencé un tout autre métier que celui que j’occupais avant. Et je ne dirai à personne me dire que j’ai eu « de la chance ». Mais ça m’a ouvert les yeux sur le besoin qu’ont beaucoup de femmes de se libérer de leur carcan de responsabilité /maternité… pour OSER y aller.

      3 / j’ai beaucoup d’amies et de connaissance qui ont commencé ou recommencé à travailler après 40 ans. Certaines ont (re)commencé au tout bas de l’échelle (standardistes, bénévoles dans des associations) avant de monter petit à petit car elles avaient des atouts (elles ne perdent pas de temps, elles ont une maturité que les jeunes n’ont pas, elles ont la volonté et l’envie de réussir…). D’autres, anciennes cadres de la pub ou de la com »‘ ont monté leur petite entreprise ou bien sont devenues prof en écoles de commerce (et croyez-moi cela n’a rien d’une sinécure ni d’un hobby). Toutes me disent leur fierté et leur épanouissement. Certes, elles ne seront pas invitées au Women’s Forum pour leur rôle majeur dans l’économie du pays mais peu importe, non ?

      4 / une de mes très proches a été aux 4/5èmes tout le temps que ses enfants étaient petits. Aujourd’hui, ils sont partis de la maison et elle a accepté un poste à responsabilité.


      Il faut arrêter aussi de ne véhiculer qu’un message déprimant sur les femmes au travail et il faut travailler avec les entreprises à faire de la place pour ces deuxièmes carrières. Les jeunes qui commencent ne doivent pas avoir comme seule perspective que de devoir choisir entre maternité et carrière.

      Voilà

      Bonne journée à tous et à toutes !

        

      1. @véronique:

        le sujet était la carrière de femmes ayant fait HEC, école fort coûteuse obtenue après un concours extrêmement difficile. A une époque les salaires de sortie étaient même supérieurs à ceux de Polytechnique.

        Les carrières envisagées n’ont donc rien à voir avec un job dans une association ou le fait de monter une petite entreprise type « mom’preneur » (j’aimerais voir des chiffres à ce sujet, combien font faillite au bout de 2 ou 5 ans, combien parviennent à toucher un revenu équivalent à un emploi salarié, etc..). Même si ces emplois peuvent être parfaitement satisfaisants sur le plan personnel, (comme Gaëlle le souligne on n’a souvent plus les mêmes envies, valeurs, objectifs, à 40 qu’à 18 ans), ils témoignent d’une rupture dans le parcours professionnel et surtout cela n’a rien à voir avec le plan de carrière qu’on voyait en terminant ses études à HEC.

        Il ne s’agit pas de véhiculer un message déprimant mais de ne pas entretenir des illusions.

          

        1. Ouh là, Nathalie, dans ce cas il aurait fallu appeler ce livre « le rêve brisé des diplômées d’écoles de commerce top niveau ». j’ai beaucoup hésité à reposter un commentaire mais vous soulevez là un point que je ne peux pas laisser passer. Votre message me donne la désagréable impression qu’il existe pour vous des carrières à plusieurs vitesses et qu’elles n’ont pas la même valeur. C’est manifestement une réalité pour vous mais personnellement cela me blesse (et je vous trouve blessante pour toutes celles que je connais, qui ont monté leur boite avec leurs dents ou reconstruit une carrière après les enfants et qui n’ont vraiment rien à voir avec l’image que vous semblez avoir de bonne âmes ou de créatrices de bijoux en vente à domicile).

          Je n’ai pas l’impression que ma carrière de cadre sup ait moins de valeur ou de réussite que celle de mes copines qui ont fait HEC mais sans doute oui, que j’ai moins souffert de la réalité car oui on ne m’a jamais dit que je réussirais sans peine.

          C’est peut-être ça le problème : continuer à distiller aux bons élèves des grandes écoles le mantra que leur diplôme représentait un passeport pour la réussite alors que certes, cela ouvre bien des portes et cela forme des esprits bien formés et très opérationnels, mais cela ne garantit rien du tout. Car le monde du travail tout comme la vie réelle ne fonctionnent pas uniquement à la méritocratie, oui, la vie c’est une jungle où être appliquée et travailleuse ne garantit pas les lauriers – comme à l’école.

          (Je ne souhaite pas du tout être agressive envers vous, pas du tout, et j’espère que vous le comprendrez, ainsi que Gaëlle que j’ai simplement conscience qu’il est important d’ouvrir un peu le débat)

            

          1. @véronique:
            Véronique, je suis vraiment désolée si je vous ai blessée.

            Pour moi le sujet du débat n’était pas l’accès à l’emploi pour les femmes ni la satisfaction qu’elles peuvent en tirer, mais la notion de « carrièré » au sens de progression hiérarchique et salariale.

            Cela n’a bien sûr rien d’obligatoire, ni même de souhaitable pour beaucoup, hommes et femmes, qui préfèrent travailler avec d’autres valeurs et objectifs. La valeur du travail c’est avant tout une considération personnelle et parfois très subjective.

            Néanmoins il existe un discours sur le « plafond de verre » et la difficulté pour les femmes d’accéder à des postes à haute responsabilité dans l’entreprise ou le secteur public. Le livre commenté part en effet de la comparaison entre hommes et femmes ayant suivi le même cursus initial, cursus permettant a priori l’accès à ce genre de postes. Ce qui est effectivement semble-t-il réussi par la plupart des hommes dans le groupe considéré par l’auteur.. C’est un cas intéressant, car en général les différences hommes/femmes se dessinent plus tôt. Mon commentaire se situait dans ce contexte, effectivement relativement étroit.

              

  9. Le point soulevé par le titre du livre et par ces commentaires est : « Quel est le rêve réel des working girls ? »et est-il différent de celui des hommes ? . Si on fait une grande école et qu’on ne devient pas cadre sup, c’est grave, docteur ? (demande la Centralienne qui a REFUSE à sa DRH de devenir manager… )

    On fait des études parce qu’on a un talent pour ça, pour les études, pas forcément pour devenir louve aux dents longues ou par soif de pouvoir.

    C’est valable aussi pour les hommes ! Mes amis d’école étaient d’ailleurs pour la plupart de gentils agneaux qui n’ont pas non plus fait de carrière édifiante, car qui se ressemble s’assemble 🙂

    Les femmes sont finalement moins dans le moule, plus promptes à se reconvertir, à aspirer à un métier qui les fait vibrer plus qu’au pouvoir et à l’argent.

      

  10. Rapide, efficace, ce livre vous présente en quelques heures la dure réalité des femmes actives diplômées de grandes écoles. L’auteure a souhaité nous avertir des pièges à éviter. En tant qu’étudiante me préparant incessament sous peu à entrer sur le marché du travail, ce livre m’aide réellement à avancer de la bonne façon. A lire par tous !

      

  11. Un billet intéressant, sur un thème toujours aussi intéressant : comprendre les mécanismes qui font que les femmes restent trop fréquemment sur le banc de touche.
    En revanche, il y a toujours quelque chose qui m’interpelle : une culpabilisation de plus. Si vous n’y arrivez pas, c’est de votre faute !
    J’attends avec impatience un livre faisant la promotion des codes féminins dans l’entreprise.

      

  12. Le gros problème aujourd’hui : Les entreprises ne recrutent plus des talents, ni des personnes. Elles recrutent une école. Les DRH ont d’ailleurs des quotas a respecter : Avoir tant de personnes de telle école, et tant de telle école. Vous pouvez être brillant, si vous n’avez pas fait telle école, vous resterez sur le carreau.


    Les HEC, Mines, Polytechniques, sont devenus des  » fonctionnaires » du privé. Ils ont des postes réservés et garantis quelques soit leurs qualité et leur valeur.

      

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