géraldine dormoy
Diaporama Portraits de femmes Que deviennent-elles (ils) ? Témoignages vie privée / vie pro

Parcours au fil du temps : Géraldine

géraldine dormoy
Géraldine

Géraldine avait témoigné fin 2016 autour de la conciliation vie perso / vie pro. Mariée, un enfant, elle était alors responsable éditoriale web du site l’Express Styles à Paris.  Cinq ans après, voici de ses nouvelles !

Depuis ton dernier témoignage, comment a évolué ta situation personnelle et professionnelle ?

Ce qui est sûr, c’est que je n’aurais jamais imaginé la vie que je mène aujourd’hui !

Côté personnel, on m’a détecté un cancer du sein en novembre 2017. Entre décembre 2017 et août 2018, j’ai suivi différents traitements (mastectomie, chimio, rayons, hormonothérapie). Cette maladie a été le détonateur de changements plus globaux dans ma vie. En 2019, j’ai publié Un cancer pas si grave, un livre témoignage.

Durant mon congé maladie longue durée, je m’étais détachée de mon poste. Je pense, avec le recul, que j’y suis restée un peu trop longtemps.

Lorsque j’ai été guérie, je voulais faire un « reset » côté professionnel, mais je n’ai pas quitté tout de suite mon emploi car ce n’était pas le bon moment. En fait, les changements se sont faits, au fur et à mesure, de façon étalée dans le temps, lorsque j’avais prise sur eux.

A l’occasion d’un changement d’actionnaire à l’Express, j’ai utilisé la clause de cession (qui permet de partir dans de bonnes conditions) en août 2019. D’autant qu’à ce moment-là Morgane Sézalory de Sézane m’a proposé de rejoindre son entreprise. Ce fut une super expérience mais au bout de trois mois, nos chemins se sont séparés. Il était alors temps pour moi de faire le grand saut et de devenir indépendante, en janvier 2020, quelques mois avant le début du Covid !

J’ai beaucoup reculé devant cette indépendance. J’avais aimé être salariée et j’avais connu une période de freelance en 2008-2009 qui n’avait pas été concluante pour moi. Mais les circonstances n’étaient pas les mêmes. Et cette fois, cette indépendance me convient très bien. J’en retire beaucoup de positif et cela fonctionne très bien.  

J’ai développé petit à petit ma clientèle. Tout d’abord, Katell Pouliquen m’a proposé d’écrire pour le magazine Marie-Claire. Comme journaliste pigiste, je rédige 1 à 2 enquêtes par numéro, c’est une très grande source d’épanouissement car je traite de sujets mode ou liés à la sphère intime, qui croisent complètement mes interrogations personnelles.

Parallèlement, on me demandait pas mal de conseils pour Instagram. Quelqu’un m’a dit que cela pourrait intéresser ma communauté. Et c’est ainsi qu’en septembre 2020, j’ai lancé mon activité de coach Instagram et cela a tout de suite pris. Échanger avec ma communauté constitue une énorme source de plaisir et d’épanouissement.

Cela a été une étape très importante pour moi, car pour une fois, je ne me mettais pas au service d’un média ou d’une marque, mais de mes lectrices. C’est une suite assez logique dans le fond, mais cela n’a pas su faire que grâce à la révolution « zoom ». Auparavant, lorsque l’on était créateur de contenus sur internet, il fallait assurer ses missions en présentiel. Désormais, il est possible de vendre un savoir-faire en ligne. Cette activité est donc une nouvelle source de développement professionnel et m’a fait réaliser que je n’étais plus obligée de vivre à Paris.

A titre personnel, avec mon mari et mon fils, nous nous sommes rendu compte que nous avions envie de rejoindre ma sœur qui vit à Montélimar depuis 10 ans et mes parents qui sont également allés vivre dans la Drôme il y a 1 an. En fait, cette crise covid est un peu le tome 2 de mes gros changements ! Nous avons eu la chance de pouvoir nous accommoder de ces bouleversements et de ces contraintes. Une fois prise la décision de quitter Paris, les choses se sont enchaînées : vente de notre appartement de Clichy, achat d’une maison à Montélimar, déménagement, maison de location le temps d’effectuer des travaux et enfin emménagement ! Nous sommes donc aujourd’hui installés dans une petite ville de province, où nous bénéficions à la fois d’un meilleur climat, de la nature, de ma famille, d’une grande maison, et même d’un bureau pour moi ! Ma sœur nous a beaucoup aidés et nous nous sentons maintenant bien ancrés dans notre nouvel environnement. Tout cela a été rendu possible grâce à la compréhension de l’entreprise pour laquelle mon mari travaille, qui a accepté qu’il passe en télétravail quasi complet – il doit faire deux allers-retours par mois à Paris (enfin, quand les conditions sanitaires s’y prêtent…). Et mon fils, qui était très demandeur de venir vivre ici, s’est très bien intégré et est très heureux de vivre près de ses cousins.

De mon côté, je continue à passer 3 jours par mois à Paris. C’est important pour mon travail, cela me nourrit et je vois Paris différemment, maintenant que je n’y vis plus. Ce sont des moments très profitables.

J’ai l’impression d’avoir atteint une forme d’équilibre pro/perso en ce moment, alors que je suis d’un tempérament plutôt angoissé en général. Je me suis d’ailleurs remise à l’écriture de mon livre, dans lequel je me replonge dans mon adolescence.

Par ailleurs, j’avais une tendance naturelle à trop travailler. C’est un peu moins le cas depuis notre déménagement. Mon mari et moi travaillons tous les deux de la maison, nous nous voyons donc toute la journée et c’est très agréable ! Et nous sommes disponibles pour notre fils quand il rentre de l’école. Sans forcément jouer avec lui (car je n’aime pas cela !), je suis présente. Cela me semble important avec son entrée au collège l’an prochain. J’aurais la possibilité de me dégager du temps, si jamais il a besoin d’aide pour ses devoirs par exemple. L’idée de ne pas pouvoir être disponible alors qu’il va rentrer dans l’adolescence, cela me minait par avance, lorsque j’étais à Paris.

Avec le recul, ferais-tu certaines choses différemment ? Et as-tu des « conseils » à donner à de jeunes femmes/jeunes mères ? (notamment par rapport à la conciliation vie perso / vie pro).

Je pense que les choses se font comme elles doivent arriver, et je ne suis pas du genre à réécrire l’histoire.

Quant à des conseils, j’ai du mal à en donner. Mais je veux bien partager ma façon assez « stoïcienne » de voir les choses. J’essaye d’identifier ce qui est en mon pouvoir et d’agir à fond sur ces aspects-là, et de ne pas trop culpabiliser, sur ce qui n’est pas de mon ressort.

Le monde est instable, encore plus depuis le covid, les cartes sont souvent et rapidement rabattues. Ce qui n’est pas faisable peut le devenir. Je n’essaye plus de m’acharner, car je sais que la roue tourne, une configuration plus facile peut surgir. Désormais, je sais mieux où mettre mon énergie, vers le plus facile ou vers ce que mon instinct, mon intuition me dit.

J’ai oublié de parler de deux autres grands changements dans ma vie depuis 2016 : la méditation (15 minutes par jour, chaque matin), et l’écriture de mon journal à la main, chaque matin également. Ce deux « rituels » me relient à mon intuition et je fais confiance à celle-ci ! Je ne cherche plus forcément à intellectualiser, à « filtrer » mes décisions par mon cerveau. Je crois aux synchronicités et je trouve que plus je suis attentive aux signes faibles, plus les choses se fluidifient.

Et pour finir, as-tu des projets/des envies à court ou moyen terme ?

Terminer le livre que j’ai commencé il y a deux ans sur mon adolescence et que j’ai promis à mon éditrice pour juin 2022 !

Continuer à développer mes activités de coaching instagram. Depuis novembre, à côté des séances individuelles, je propose des masterclasses, plus accessibles en termes de prix. Ça a bien démarré, j’en suis ravie ! Et je rêve d’organiser dans 1 an ou 2, un week-end dans la Drôme pour aider celles qui le souhaitent à s’exprimer encore plus librement sur Instagram.

Pour le moment, je ne me vois pas revenir en entreprise ! À 46 ans, je ne me suis jamais sentie aussi libre.

Retrouvez Géraldine sur son site internet ou sur Instagram

Vous pouvez retrouver l’ensemble des témoignages dans la rubrique Parcours au fil du temps.

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