Diaporama Portraits de femmes Que deviennent-elles (ils) ? Témoignages vie privée / vie pro

Parcours au fil du temps : Carla

Carla a a témoigné sur En Aparté en 2008 autour de la conciliation vie perso / vie pro. Mariée, mère de 3 jeunes enfants, elle était cadre RH au sein d’un grand groupe. Treize ans après, voici de ses nouvelles ! Merci à elle pour cet échange.

Depuis votre dernier témoignage, comment a évolué votre situation personnelle et professionnelle ?

Sur le papier, pas de bouleversement. Je suis toujours mariée, j’ai toujours trois enfants, et je travaille toujours dans la même entreprise. D’un côté, j’aime cet équilibre, mais de l’autre, c’est parfois un peu frustrant. Je me dis que je n’ai pas réussi à déménager, changer d’entreprise, ou à avoir un projet professionnel plus excitant. Mais je pense que cette sécurité, cet équilibre de vie qui peut être considéré comme « pépère » par certains convenait à ma personnalité. Faire autrement aurait nécessité une force que je n’avais pas. Et puis, être dans un grand groupe nécessite une énergie énorme, je trouve, pour rester au niveau que tu souhaites garder.

En termes de conciliation vie perso / vie pro, cela devient de plus en plus facile au fur et à mesure que les enfants grandissent. Ils ont de moins en moins besoin de moi. Donc cela me laisse la possibilité de davantage m’investir dans la sphère professionnelle. Après, se pose la question de la forme physique et de l’âge (ai-je encore assez d’énergie pour prendre de nouvelles responsabilités professionnelles ? et l’entreprise me considère-t-elle déjà comme une senior ?). Je réalise que durant toutes ces années, cette conciliation, même si elle n’est pas toujours facile, a deux énormes avantages : les enfants/la vie familiale ont l’énorme qualité de protéger du surinvestissement dans le boulot. Et à l’inverse le boulot protège de trop s’appesantir sur les conflits, le  stress, les contrariétés, etc. de la sphère personnelle ou familiale. Concilier travail et vie de famille aide à conserver un équilibre mental.

Je réalise aussi qu’au fil des années, j’ai appris à davantage parler à mes amies et/ou à demander de l’aide à des professionnels. Toutes ces discussions m’ont enrichie. Je suis dans le parler vrai et c’est très agréable. En vieillissant, je trouve qu’il y a une liberté de parole, précieuse, aussi bien avec ses collègues qu’avec ses enfants. Et c’est cette parole, cette capacité à dire quand c’est dur, qui m’aide à m’adapter.

Avec le recul, feriez-vous certaines choses différemment ? Et auriez-vous des « conseils » à donner aux jeunes femmes/jeunes mères ?

J’ai parfois des regrets, comme celui de ne pas avoir vécu une expatriation. Mon mari avait trouvé un poste à l’étranger, mais nous avons jugé que cela était trop risqué financièrement (car je n’étais pas du tout assurée de trouver un travail à l’étranger). Or, je ne suis pas une aventurière. 

J’avais un objectif lorsque j’avais 25-30 ans, c’était d’atteindre un équilibre entre job / enfants / mari. Je l’ai eu et j’ai réussi à le maintenir. En ce sens, je ne pense pas que je ferais différemment.

Quant aux « conseils » que je pourrais donner, il y en a un que j’ai entendu une dizaine de fois, « profite de tes enfants quand ils sont petits, car cela passe très vite », et il est vrai ! J’ai adoré la vie de famille, mais il faut bien réaliser que celle-ci dure 15 ans. De 20 à 30 ans, ce sont les premiers boulots, les débuts du couple… De 30 à 45 ans, la vie de famille, une période que j’ai adorée. C’est une période hyper forte mais qui passe très vite ! Après 45 ans, c’est la vie d’après, il faut se trouver un nouveau projet. Je suis encore en train de réfléchir au mien. Déjà, j’ai décidé de passer plus de temps avec mes amis, car pendant cette période de vie de famille intense, ils passent un peu après.

Et puis, si j’avais un autre conseil : apprendre à s’adapter, et si possible, vite. Je ne le savais pas, j’ai appris à le faire. Par exemple, les enfants rêvés, idéaux, cela n’existe pas. Donc mieux vaut s’adapter à chacun de ses enfants, plutôt que de continuer à rêver à l’enfant idéal…Et enfin, beaucoup parler, et parler vrai, que ce soit avec ses copines ou des pros (médecins, psys, coachs…). Parler sur la vraie vérité des ados par exemple ou sur de sujets encore un peu tabous comme la ménopause, etc.

Et pour finir, une chose que nous avons faite, mon mari et moi, et que je n’ai jamais regretté : embaucher une nounou, faire régulièrement appel à des baby sitters…Ce fut un vrai sacrifice financier. A cause de cela, nous avons peu économisé, mais cela m’a assuré une vraie sérénité, moins de stress. Avoir ces personnes m’a permis de maintenir cet équilibre boulot / enfants / mari. Je pense qu’il est important d’assumer ses choix de vie et financiers. Nous avons fait le choix d’avoir un petit appartement mais à côté de cela, nous avons pu payer des activités extra-scolaires aux enfants et des modes de garde confortable.

Avez-vous des projets / des envies à court et moyen terme ?

Alors que je viens d’avoir 50 ans, je trouve très difficile de ne pas réussir à avoir un nouveau projet. Je pourrais me contenter de « continuer » mais ce n’est pas satisfaisant.

Peut-être une expatriation à deux, mais dans 5 ans quand la pression financière sera moindre, car là, on a encore besoin d’argent avec les études des enfants…

A plus court terme, comme je le disais plus haut, pour remplacer les moments de vie en famille, passer du temps avec des amis, savourer aussi une vie plus lente, les petits moments de plaisir.

J’ai mis du temps à accepter de partir en vacances sans les enfants, mais ces dernières années, cela devenait l’enfer pour tout le monde. Cela a été douloureux à accepter. Mais cela redevient un plaisir, de partir entre amis et sans doute dans quelque temps à deux.

Désormais j’ai plus de temps libre, mais moins d’énergie. Peut-être me réinvestir dans l’aide aux personnes en difficulté. A une période, j’ai un peu aidé un enfant autiste ou des ados migrants. Refaire quelque chose pour les autres, ça me plairait. Pendant un moment, j’ai songé à être famille d’accueil, mais j’ai conscience que c’est très dur et qu’il faut une grande force morale. Est-ce que je l’ai ? Aujourd’hui, je me rends compte que je suis encore très engluée dans et par le travail.

Je me laisse donc encore un peu de temps pour définir mes nouveaux projets de vie ! 

Vous pouvez retrouver l’ensemble des témoignages dans la rubrique Parcours au fil du temps.

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