loysbonodIl y a bientôt 4 ans, pour En Aparté, j’avais interviewé Loys Bonod, professeur de français et auteur du blog La vie moderne. Cet entretien, relayé par Rue89, avait suscité pas mal de réactions (100 000 visites, 700 commentaires).

Quatre ans plus tard, j’ai l’impression que l’état de santé de l’école a à la fois peu évolué et beaucoup changé.  Peu évolué car l’école me semble toujours aussi mal en point et beaucoup changé, car il y a eu un certain nombre de réformes (ou un nombre certain de réformes…).

J’ai eu envie de demander à Loys Bonod comment il avait vécu ces quatre années, si son combat pour tenter de sauver l’école républicaine ou sa façon d’enseigner avait évolué, de recueillir son avis sur les réformes engagées par la gauche, ses espoirs et ses craintes.

Il y a quatre ans, vous dressiez un tableau sévère de l’enseignement en français. Comment les choses ont-elles évolué en quatre ans ?

Il y a 4 ans, le constat que je dressais était principalement fondé sur mon expérience de professeur en collège. Maintenant j’enseigne au lycée, mais je perçois la même dynamique à l’œuvre, le même effritement. Il y a toujours quelques élèves très bons, mais maintenant même ceux-là sont moyens en orthographe. Or derrière la maîtrise de l’orthographe, il y a l’organisation de la pensée. La cohérence de l’expression écrite pose problème.

Comme je ne souhaite pas me reposer seulement sur ma subjectivité, mon expérience personnelle, je préfère citer quelques études. L’une d’elles  montre par exemple qu’en 2007 le nombre d’élèves de CM2 en difficultés en calcul sont trois fois plus nombreux qu’en 1987 et deux fois plus nombreux en lecture.

Le mouvement est donc mesuré très nettement, il ne relève pas du fantasme. Le nier est ahurissant. Le système ne fonctionne pas, c’est un fait. Le Ministère est en pleine schizophrénie. D’un côté il nous dit qu’il faut réformer car le système ne fonctionne pas et de l’autre, on atteint des taux record de réussite au brevet, au bac, de mentions (près 60% des candidats au baccalauréat général ont obtenu une mention au bac 2016 !).

Il y a encore 4 ans, la rhétorique majoritaire était celle du déni. Ceux qui osaient alerter étaient immédiatement taxés de réactionnaires ou de déclinistes. Et aujourd’hui c’est l’inverse : on nous presse de réformer, mais dans un sens qui ne peut que précipiter encore un peu plus l’échec de l’école. Certes on évoque parfois les difficultés en lecture, mais on évoque également le fait que les élèves s’ennuient en cours. Sur quoi se fonde-t-on pour affirmer cela ? Non, les élèves ne s’ennuient pas plus qu’avant. Affirmer cela relève de l’idéologie, selon moi. Le Ministère cherche des moyens de les distraire. Mais ce n’est pas la solution.

Votre façon d’enseigner a-t-elle évolué ? Constatez-vous des changements chez vos élèves ?

Je ne sais plus trop comment faire. Je suis censé au lycée enseigner la littérature et non plus le français puisque normalement tout cela est déjà acquis. Mais j’ai certains élèves qui ont du mal avec l’accord du verbe, à s’exprimer à l’écrit, à comprendre les textes que je leur demande de lire… Alors que faire ? J’essaye de trouver un modus vivendi face à cette très grande hétérogénéité. Mais lorsque l’on a des classes avec 36 élèves, comment personnaliser son enseignement ?

Dans les années 70, un professeur de lettres certifié avait 2 classes de 6ème, aujourd’hui il en a 4. Les élèves bénéficiaient de 6 heures de français par semaine dont la moitié en demi-classe Aujourd’hui, ils en ont 4,5 et sans demi-classe. On pouvait davantage personnaliser son cours car on connaissait tous ses élèves… Aujourd’hui on a moins de temps pour s’occuper de chacun. Les professeurs sont confrontés à une injonction de différenciation en contradiction totale avec leurs conditions effectives de travail. Au moment du passage au collège unique, on aurait dû accentuer les moyens donnés à l’enseignement du français, or c’est le contraire qui a été fait. Cela ne pouvait pas fonctionner.

En 2012, vous étiez très circonspect par rapport au numérique à l’école. Votre position a-t-elle changé ?

Je cherche en vain le moindre regard critique de la part du Ministère de l’Éducation nationale par rapport aux objets numériques. Dès 2012, j’avais alerté des dangers de leurs usages par les enfants à la fois dans et hors du cadre scolaire, en termes de concentration, de sommeil, de lecture…

Cela s’est aggravé. Désormais les smartphones, les abonnements internet sont à la portée de toutes les bourses et les tablettes, ordinateurs, etc. se sont très largement généralisées. Dès la 6ème, les enfants ont un portable. Or à partir du moment où ils en ont un, ils ne sont plus contrôlables. Une étude menée dans les zones d’éducation prioritaire auprès d’élèves de 6ème et de 5ème montre qu’un sur deux va sur internet sans aucun contrôle parental ni limite de temps et qu’un tiers d’entre eux sont déjà tombés sur des images choquantes. On demande à l’école de les accompagner dans leurs usages. Mais les professeurs ne sont pas responsables de ce que font (ou ne font pas) les parents. On renverse les responsabilités, on charge l’école d’un accompagnement qu’elle ne peut pas faire et on encourage une certaine démission parentale.

Parallèlement, on assiste à un déferlement, à un tsunami autour du numérique. Pas un jour sans que l’on parle d’école numérique, de grand plan numérique, d’enseignement du code, de twittclasses, de tablettes en maternelle, de classes inversées… Pourtant un rapport de l’OCDE publié en 2015 indique que les pays qui utilisent le moins les outils numériques en classe (à savoir les pays asiatiques) sont ceux qui ont les meilleurs résultats scolaires. En France, on cède à l’injonction inverse. On veut absolument mettre un ordinateur ou pire une tablette dans les mains de tous les élèves : on les invite même à apporter leur smartphone. Or c’est une solide culture générale, l’apprentissage de la logique qui font faire des élèves de bons utilisateurs de ces objets numériques. Pas l’inverse !

A quoi sert un équipement individuel des élèves sans avoir au préalable réfléchi au contenu, à la formation des professeurs, sans étude probante de son impact ?

Des études menées dans les département pionniers (Corrèze, Landes) montrent au contraire une absence de résultats, des problèmes de comportements (la tablette devient un objet de distraction, on surfe pendant les cours sur les réseaux sociaux, on contourne les blocages pendant les récréations, etc.). Rémy Noyon avait fait un reportage édifiant à ce sujet pour Rue89 à Tulle. Le numérique de cette façon est inutile, voire contre-productif pour les apprentissages.

Concernant le codage, j’ai écrit un essai sur le sujet (In coda venenum). Je suis moi-même un programmeur amateur : c’est bien sûr une activité intéressante. Mais les personnes qui en parlent n’y connaissent en général rien et confondent le plus souvent numérique et informatique. Par ailleurs, je considère que l’apprentissage du code constitue un cheval de Troie pour introduire au sein de l’école des pédagogies dites « actives » (constructivisme, pédagogie de projet, essai/erreur, promotion de la collaborativité et de la créativité…) à l’opposé d’un enseignement structuré et explicite ! Cela participe de la “gamification”, de la ludification de l’école. Or la programmation nécessite persévérance et rigueur, c’est un apprentissage comme les autres ! En primaire, on utilise des interfaces ludiques, on s’amuse plus que l’on ne travaille. Je n’y crois pas. Le jour où on mettra les élèves devant un vrai travail de programmation, ils s’ennuieront.

Je ne suis pas opposé aux rudiments informatiques en primaire, mais faire croire que c’est une compétence extraordinairement importante du XXIe siècle, est une erreur. Cela ne sert qu’à ceux qui font de la programmation, c’est une spécialisation professionnelle, qui n’a pas sa place dans la formation générale. Et ne croyons qu’un tel enseignement nous rendrait libres. Nous sommes et serons toujours incapables de comprendre les lignes de codes de Windows. Quant au code source d’APB, le ministère refuse d’ailleurs de publier ! Laisser penser qu’on peut maîtriser les objets numériques par une simple formation informatique est une plaisanterie.

Vous faites partie des opposants de la première heure à la réforme du collège ? A votre avis, quels sont ses principaux points négatifs / effets pervers ?

Un billet publié par une collègue sur mon blog résume bien pour moi le danger principal de la réforme du collège : La haine de la discipline.

Les disciplines constituent les ennemis du Ministère, des pédagogistes. Les disciplines, cela ennuierait les élèves, provoquerait l’échec scolaire.

La réforme du collège est une façon de rendre les professeurs plus polyvalents comme en primaire. Elle a été imposée de façon très brutale, autoritaire et contraignante. Mais les professeurs sont très attachés à leur(s) discipline(s). C’est un moyen subtil de mettre en place des enseignements “gris”. Je pense aux accompagnements en méthodologie (comme si un professeur de SVT pouvait expliquer comment faire une rédaction en français…) et aux fameux EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) qui sont une vaste escroquerie. Ils ont été présentés comme complémentaires mais c’est faux, ils sont retranchés sur les disciplines. Désormais les élèves ont une partie de leurs cours de français de façon traditionnelle et une autre sous forme de pratique interdisciplinaire, parfois avec un autre professeur de français.

En français, nous avions connu la “séquence didactique”, un peu sur le même principe. Il fallait tout décloisonner, faire de la grammaire, de l’explication de textes ou de l’orthographe en même temps, pour « donner du sens ». Mais les professeurs se sont rendu compte que c’était ravageur pour les élèves, surtout pour les plus faibles ou les plus défavorisés car on laissait de côté les côtés les plus ennuyeux, les plus ingrats (la grammaire, l’orthographe), pourtant indispensables. Certains sont revenus à un enseignement plus cloisonné.

Les nouveaux dogmes du travail en équipe ainsi que des compétences sont des prétextes pour instaurer la polyvalence disciplinaire. Les EPI servent de variables d’ajustements des ressources humaines : ajuster les services des professeurs à leurs obligations de service. Derrière la volonté pédagogique affichée, il y a un intérêt économique, aux dépens des élèves.

Un mot sur l’EPI latin/grec ancien. Pour moi, c’est le scandale du quinquennat. On nous ment, on nous prend pour des idiots. La ministre se gargarise en affirmant que 92% des élèves de 6ème auront une initiation au latin. La vérité c’est que durant toutes leurs années collège, les élèves auront pendant quelques mois une vague initiation à l’empire romain (qui était d’ailleurs déjà au programme d’histoire-géo) assurée éventuellement par un professeur de technologie ou de SVT. Où est le latin dans cette imposture !

J’ai subi beaucoup de sarcasmes lorsque j’ai annoncé le pire (la disparition pure et simple du latin et du grec ancien). Cela m’a meurtri et depuis j’ai toujours le sentiment de crier dans le désert. Mais que voulez-vous faire face à une communicante redoutable (NDLR : Najat Vallaud Belkacem), qui alimente les médias avec un rouleau compresseur : des dossiers de presse clés en main et très habiles. Comment lutter contre un reportage au journal télévisé qui applaudit aux EPI ? Une autre révélation a été le parti pris de nombreux journalistes. Très rares sont ceux qui sont critiques par rapport à la communication gouvernementale.

Tout ce mouvement s’inscrit dans une grande volonté de déstructuration de l’école, avec d’un côté une inspiration libérale et de l’autre une folie pédagogiste.

Résultat : l’élève n’a plus un emploi du temps simple et clair, il est de moins en moins confronté à des disciplines qui avait précisément la vertu de structurer les apprentissages (en latin discere signifie apprendre). Comme si pendant un siècle, on avait enseigné de façon idiote…

Désormais les programmes ne comptent plus. On continue à les imprimer pour faire plaisir aux professeurs, pour rassurer les parents. Ce qui compte dorénavant, la référence, c’est le socle commun de compétences. Par exemple, pour valider le brevet de fin de 3ème, ce sont les compétences qui priment. Si les élèves n’ont pas vu telle partie du programme, ce n’est pas grave. Or ces compétences sont nébuleuses, voire illisibles. Par exemple, comment mesure-t-on l’attitude empathique ou citoyenne d’un élève ? Et est-ce la fonction de l’école ?

La vraie question qui aurait dû guider la réforme du collège, c’est celle de la chute des compétences en français : pourquoi tant d’élèves de 6ème, en éducation prioritaire, ne savent pas lire le mot « aiguille » ? Pourquoi doit-on faire du décodage alphabétique au collège ?

On raille ceux qui prônent un retour aux fondamentaux. Mais pourtant, c’est bien cela le sujet.

Quant aux rythmes scolaires, je parlerais plutôt de “dérythmes” scolaires. Ils sont différents d’une ville à l’autre, d’un jour à l’autre. Cela participe de la déstructuration et de la territorialisation rampante de l’école. Désormais ce sont les collectivités locales qui décident des horaires, si les activités sont payantes ou pas. Vivre cela sous un quinquennat de gauche, c’est un comble !

Pour moi, il y a une continuité très nette entre les 2 derniers quinquennats, celui de Nicolas Sarkozy et celui de François Hollande. D’ailleurs la réforme du collège était un projet de droite à l’origine.

Je suis très inquiet par la fuite dans le privé toujours plus importante, par le développement des cours particuliers et l’explosion de l’enseignement du hors contrat. C’est impressionnant. Je me bats contre cet effritement.

Beaucoup de choses simples pourraient être mises en place pour rétablir l’école républicaine. Bien sûr, on ne pourra pas voir les résultats en cinq ans… Cela prendra au moins 20 ans pour renverser la machine. Il ne faut pas se leurrer.

Il faut réfléchir aux méthodes de lecture et en finir avec les méthodes pédagogiques erratiques, revenir à des horaires conséquents en français, repenser la formation des professeurs qui constitue aujourd’hui un véritable endoctrinement.

Or aujourd’hui, avec l’école numérique ou les pédagogies dites “actives” (que j’appellerais pour ma part dispersives), on fait l’inverse.

Et que pensez-vous des autres réformes menées par les différents ministres de l’EN depuis 2012 ?

La plupart des réformes ciblent des problèmes imaginaires (les horaires quotidiens en primaire, l’ennui au collège, la ségrégation des classes de niveaux ou des options) pour occulter les vrais problèmes. La mesure phare du quinquennat, la création de 60.000 postes dans l’enseignement, s’est révélée n’être qu’un mirage.

Vous êtes très actif sur Twitter. J’ai constaté que les échanges étaient parfois tranchants, voire « violents » verbalement. Comment le vivez-vous ? Les fractures « idéologiques » semblent profondes et peu réconciliables, non ?

Déjà, en 2012, lorsque j’avais réalisé mon canular sur les sites de corrigé, j’avais fait l’objet d’un « bashing » assez violent de la part des partisans inconditionnels de l’école numérique. Mais il est vrai que cette brutalité des échanges n’a fait qu’empirer. Il faut dire que, pendant des années, les early adopters de la mouvance “progressiste” (les deux syndicats réformistes et très minoritaires Sgen-CFDT et SE-Unsa, les « Cahiers pédagogiques ») étaient seuls sur Twitter avant que de nombreux professeurs en colère ne viennent protester contre l’absurdité des réformes.

Il y a effectivement une certaine violence verbale, des échanges d’une grande brutalité parfois. Face à cela, je préfère l’ironie, les chiffres, les sources pour appuyer mes propos. Je me refuse à l’insulte ou à la diffamation. J’essaie d’être pédagogue vis-à-vis des personnes très nombreuses qui s’interrogent sur l’école mais parfois, face aux mêmes contradicteurs agressifs, je suis fatigué, découragé. J’ai l’impression de faire face à un mur d’idéologie.

Et lorsque les médias font état de cette guerre sur les réseaux sociaux, j’ai l’impression qu’il y a d’un côté le camp du Bien (les “progressistes”) et de l’autre le camp du Mal (moi et quelques autres !).

Relativisons néanmoins : Twitter reste un petit microcosme.

Comment accompagner ses enfants dans leur scolarité ? Quels conseils pourriez-vous donner à des parents inquiets ?

Voici quelques conseils que j’essaye d’appliquer avec mes propres enfants :

- faire entrer les enfants dans la lecture très tôt pour leur donner envie de lire plus tard (fréquenter la bibliothèque municipale, lire à haute voix en famille, leur faire écouter des histoires enregistrées par exemple celles de Claudie Obin sur la mythologie ou Harry Potter lu par Bernard Giraudeau), discuter autour d’un film regardé en famille pour les aider à résumer et à reformuler ce qu’ils ont vu, compris…

- Encadrer leurs usages des écrans, leur donner le plus tard possible un smartphone (à l’entrée au lycée par exemple) et sous conditions. Privilégier les usages créatifs aux usages passifs.

- Les accompagner dans leurs devoirs, vérifier qu’ils les ont bien faits et bien assimilés. Tout simplement !

J’imagine que vous allez regarder avec attention les programmes des différents candidats à la présidentielles concernant l’éducation. Quels seront les éléments que vous prendrez en considération ? Croyez-vous encore à leurs promesses ?

Effectivement, je les regarde attentivement !

Je constate que le FN essaye de récupérer le désarroi des enseignants. Je songe à rédiger un billet sur l’historique du FN par rapport à l’école. Il y a quelques années, ils ont créé le collectif Racine. Mais derrière les discours consensuels, se cachent des intentions dangereuses.

A droite, Bruno Le Maire se dit opposé à la réforme mais pas forcément pour les mêmes raisons que moi. Il est très critique à l’égard du collège unique tandis que je ne remets pas en cause son principe mais sa mise en œuvre. Sarkozy est également critique mais je ne pense pas qu’il revienne sur la réforme. Juppé se satisfait de la réforme.

Le PS, pour moi, c’est fini, je n’y crois plus. Il y a eu trop d’arrogance, trop de brutalité à l’égard du corps enseignant. Le divorce entre le PS et son électorat enseignant me semble réel.

Pour le moment, il n’y a que le manifeste du Parti de Gauche pour l’école de la VIème république qui me convainc. Mais je n’oublie pas qu’il y a d’autres choses dans un programme politique que le volet scolaire !

Je me pose des questions : comment mon engagement, mes combats peuvent-ils être les plus efficaces ? A l’intérieur, dans ma classe ou à l’extérieur, à travers un engagement politique ? Je n’ai pas la réponse.

Et pour finir, j’ai envie de vous poser la même question qu’il y a 4 ans ;-) Dans quel état d’esprit êtes-vous après 18 ans d’enseignement ?

Je suis toujours heureux d’enseigner, et sans autre ambition que de pouvoir continuer à le faire mais profondément attristé par le fait que ce que j’enseigne risque de disparaître.

Je voudrais que le latin soit rétabli de façon obligatoire au moins en 6ème puis devienne ensuite une option pour ceux qui souhaitent poursuivre. Il faudrait sanctuariser son apprentissage dans les zones d’éducation prioritaires car ses bénéfices sont extraordinaires, il éclaire tout. Qui imagine de « Refonder l’École » sans humanités ?

La reproduction sociale n’a jamais été aussi forte, bien plus qu’à l’époque de La Reproduction de Bourdieu. Si son constat de départ était juste et nécessaire, ses préconisations étaient erronées (supprimer la culture “bourgeoise”…). Je pense au contraire qu’il faut apporter le plus tôt possible ce capital aux élèves, les pousser vers le haut, leur faire faire beaucoup de français le plus tôt possible, les amener à la culture…

Lectures :

La Boétie, Discours de la servitude volontaire

Jean Paul Demoules, Mais où sont passés les indo-européens ?

Zygmunt Bauman, La Vie liquide

Philippe Bihouix & Karine Mauvilly , Le Désastre de l’école numérique

Jean-Claude Michéa, L’Enseignement de l’ignorance

Les Déshérités de François-Xavier Bellamy intéressant, bien écrit même si je pense que les nouvelles pédagogies sont une invention nouvelle.

Blog d’une institutrice de primaire Catherine Huby : « Bienvenue chez les P’tits »

A savoir :

Colloque parisien du 8 octobre 2016 : « Enfants, adolescents et écrans ! où en est-on ? »

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