Lu pour vous

Mes dix meilleurs romans lus en 2012

Comme c’est devenu un peu une institution ;-), voici la liste de mes 10 meilleurs romans lus en 2012. Je précise qu’il ne s’agit pas forcément de livres publiés en 2012 mais lus en 2012. Pour rappel, voici mes listes des « 10 meilleurs romans » lus en 2009, 2010 et 2011.

 

■ Avant la chute de Fabrice Humbert (Editions Le Passage) : trois destins individuels sur le point de basculer dans trois pays différents (Colombie, Mexique, France) et qui a priori ont peu de raison de se croiser. L’auteur nous offre le portrait d’une société mondialisée gangrenée par la violence et la drogue. Un roman avec une vraie puissance narrative ! L’an passé, Fabrice Humbert faisait déjà partie de mes favoris avec La fortune de Sila.

 

 

 

 

 

 

 

■ Le poids des secrets d’Aki Shimazaki (Babel) : une superbe pentalogie au style épuré qui nous amène au Japon où l’on apprend à découvrir et à aimer une famille où les secrets se transmettent de génération en génération. Chaque volume raconte un point de vue différent mais il s’agit de la même histoire. Aki Shimazaki aborde avec pudeur et sensibilité les thèmes de l’exil, de la filiation, de la mémoire, du mensonge, etc. Autour de ces tragédies personnelles, sont évoquées les périodes les moins glorieuses et les plus noires de l’histoire du Japon contemporain. Magnifique !

 

 

 

 

 

 

■ Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver. Un roman coup de poing ! A la veille de ses seize ans, Kevin tue sept de ses camarades de collège. Sa mère, Eva, retrace l’itinéraire de son fils et de leurs relations compliquées. Pendant 600 pages, elle décortique leur relation, comment elle a eu du mal à accepter sa grossesse puis sa maternité, à sacrifier sa carrière pour son fils (et sa fille), la face sombre et dérangeante de son fils, la place du père (et du mari). Une confession dure, sans faux semblants pour tenter de comprendre l’irréparable et démêler les responsabilités…

 

 

 

 

 

 

■ Avenue des géants de Marc Dugain (Gallimard) : ce roman s’inspire de l’histoire d’Edmund Kemper, un célèbre tueur en série américain. Un géant  de 2,20 m, au QI exceptionnel, qui tente de lutter seul contre le mal qui le ronge et qui (se) fuit à travers l’Amérique, laissant derrière lui des meurtres réalisés de sang-froid. Un roman perturbant sur une société en plein bouleversement et pétrie de contradictions (guerre du Vietnam, mouvement hippies, explosion de la société de consommation, etc.). Passionnant et inquiétant.

 

 

 

 

 

 

■ La déesse des petites victoires de Yannick Grannec (Anne Carrière) : ce (premier) roman exigeant ressuscite le célèbre mathématicien Kurt Gödel et sa femme Adèle. Il débute à Vienne où Kurt rencontre Adèle, danseuse de cabaret et se poursuit aux Etats Unis, à Princeton où le couple s’installe à la veille de la seconde guerre mondiale. Le roman fait alterner la voix d’Anna, une jeune documentaliste, chargée d’apprivoiser Adèle, désormais veuve, afin de récupérer les archives de Gödel et celle d’Adèle qui raconte ce qu’a été sa vie avec un mathématicien de génie, ami d’Albert Einstein et d’Oppenheimer,  mais incapable de vivre et qui peu à peu plongera dans la folie. Même si l’on n’est pas féru de mathématiques (ce qui est mon cas !), le sujet est passionnant et instructif. Une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.

 

 

 

 

■ L’écrivain de la famille de Grégoire Delacourt : cette année, tout le monde ou presque a lu La liste de mes envies du même auteur. Personnellement, j’ai largement préféré celui-ci, son premier roman. Une histoire de famille, intimiste, tendre, drôle et bouleversante. Edouard, un petit garçon de 7 ans écrit son premier poème maladroit mais touchant. C’est décidé : il sera l’écrivain de la famille. Mais le destin que l’on vous choisit est parfois lourd à porter et les relations au sein d’une famille, d’une fratrie bien compliquées…

 

 

 

 

 

 

■ Le sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari (Actes Sud) : le prix Goncourt 2012 (je précise que je l’ai lu en septembre !) retrace l’histoire de deux amis qui décident de tourner le dos à de brillantes études de philosophie pour reprendre un petit bar en Corse, leur île natale. Leur ambition est d’en faire « le meilleur des mondes possibles ». Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes. Avec une très belle écriture, Jérôme Ferrari raconte la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient, comme l’empire romain a fini par s’effondrer, en refusant de voir les signes annonciateurs…Un beau roman !

 

 

 

 

 

■ Room d’Emma Donoghue (Stock) : Jack, un petit garçon de 5 ans vit avec sa mère dans une chambre dont ils ne sortent jamais. Et pour cause, elle a été kidnappée il y a 7 ans par un psychopathe. Le point de vue de l’enfant, à la fois naïf et lucide, tient tout le roman et lui confère une grande force affective autant qu’une dureté troublante. Que se passera-t-il le jour où sa mère décide de s’enfuir, comment vivront-ils le monde extérieur, les sollicitations de toutes parts ? Qu’adviendra-t-il de leur relation fusionnelle aussi protectrice que destructrice ? L’auteur interroge sur la capacité de survie qui existe en chacun de nous et sur la puissance de la parentalité.

 

 

 

 

 

■ Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka (Phébus) : en 1919, des jeunes femmes japonaises quittent leur île, promises à des Japonais installés aux Etats-Unis qu’elles n’ont jamais vus. A la façon d’un choeur antique (seul le prénom « nous » est utilisé, jamais « je » ou « elle »), leurs voix racontent leur traversée éprouvante, la découverte de leur mari, leurs déceptions ou leurs maigres joies, leurs vies d’exilées, de labeur, la naissance de leurs enfants…jusqu’à leur départ brutal pour les camps d’enfermement lors de la seconde guerre mondiale. Un roman original sur le déracinement  et de la vie qui continue malgré tout, une lecture quasi-envoûtante, une belle écriture.

 

 

 

 

 

■ Le front russe de Jean-Claude Lalumière : le livre le plus drôle et le plus burlesque de ma sélection. Enfant, le narrateur a rêvé de voyages lointains et exotiques en lisant Géo, il s’est imaginé un destin de grand diplomatique aventurier mais sa carrière de fonctionnaire s’arrêtera dans un bureau obscur du ministère des affaires étrangères à Paris. Avec un humour acide, l’auteur nous offre un personnage de loser attachant perdu dans une une administration kafkaïenne ! Un vrai plaisir de lecture !

 

 

 

 

 

 

 

 

■ L’amour sans le faire de Serge Joncour (Flammarion) : deux personnages solitaires, peu bavards, et blessés par la vie, Franck et Louise, se retrouvent dans la ferme isolée des parents de Franck qu’il n’a pas revus depuis 10 ans. Louise a été l’amoureuse du frère de Franck, aujourd’hui décédé, dont elle a eu un fils. Un petit garçon qui parviendra à fissurer le silence de Franck. Ce roman pudique et sensible met en scène la fragilité des paroles et des sentiments, les difficultés de communication entre un fils et ses parents, entre un homme et une femme, dans une nature qui à la fois étouffe et libère.

 

 

 

 

 

 

PS : oui, je sais, il y en a 11… 🙂

Et vous, quels ont été vos romans préférés cette année ? Merci de partager vos coups de coeur 🙂

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18 thoughts on “Mes dix meilleurs romans lus en 2012”

  1. J’ai découvert un auteur chinois : Qiu Xialong ! J’ai adoré Mort d’une héroine rouge et celui de l’année « Cyberchina » !

    Vraiment très bon pour découvrir la vie quotidienne en Chine !

    Et l’année dernière j’avais lu en suédois « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » qui m’avait beaucoup fait rire !
    Sinon j’ai vu Mauvaise Fille jeudi soir au ciné et ca m’a donné bien envie de lire le livre de Justine Levy !

      

  2. @ Marie : merci pour ces références. Je note pour Qiu Xialong !
    Concernant « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire », j’ai eu des retours très mitigés, alors je ne sais pas trop…
    J’avais lu Mauvaise Fille et j’avais trouvé cela pas mal, me semble-t-il.

      

  3. Ouhlala, je n’ai lu aucun de ces romans…
    Mes coups de coeur 2012 seraient : les romans de Tatiana de Rosnay et Carlos Ruiz Zafon, « Le briseur d’âmes » de Sebastian Fitzek, « La fille cachée » de Lisa Gardner ou encore le roman que je suis en train de lire et qui s’annonce comme un futur coup de coeur : « Purge » de Sofi Oksanen.

      

    1. @Séverine : merci pour vos coups de coeur ! Comme vous, j’ai bien aimé certains romans de Tatiana de Rosnay (notamment Elle s’appelait Sarah et Moka, moins Le Voisin).

      Carlos Ruiz Zafon : L’ombre du vent était un bon roman mais je n’ai pas lu son dernier

      Le briseur d’âmes : je ne connais pas. je vais regarder !

      Lisa Gardner : déjà lu plusieurs de ses livres mais pas celui-là. Je le mets dans ma liste de Noël 🙂

      Enfin Purge : il faisait partie de mon top 10 en 2011 : http://www.en-aparte.com/2011/12/14/mesdixmeilleursromansdelannee2011/

        

  4. J’ai adoré Le poids des secrets et ma mère m’a détestée de ne lui avoir preté que les 2 premiers ses vacances! L’attente pour les 3 suivants était intenables. Je précise à celle qui sont effrayées par la pentalogie, que ce sont des tous petits livres, les 5 se lisent en un weekend.
    J’ai commandé au Père Noel Certaines n’avaient jamais vu la mer.
    Sinon je n’ai pas lu beaucoup de romans cette année mais beaucoup de livres sur le féminisme, la condition des femmes en entreprises et dans les médias.

      

    1. @Nanouak : ah oui, cruel de ne lui en avoir donné que 2 :-). Je me souviens les avoir lus comme toi en un week-end. J’espère que Certaines n’avaient jamais vu la mer te plaira. Et par curiosité, si tu ne devais retenir qu’un des livres que tu as lus autour du féminisme lequel conseillerais-tu ?

        

      1. @Gaelle. Le livre qui m’a le plus marqué est Femmes : le pouvoir impossible, de Marie-Joseph Bertini sur les 5 représentations des femmes dans notre société: Egérie, Madone, Muse, Mère et Passionaria. C’est vraiment intéressant et en meme temps un peu désolant. On a tendance à voir le mal partout ensuite.

          

    1. @ptsdesuspension : j’espère que mes choix te plairont également ! sache que je lis également tes critiques de livres avec beaucoup de plaisir. Nous avons pas mal d’auteurs communs, j’ai remarqué :-). Très bonne année à toi aussi !

        

  5. Bonjour Gaëlle,
    J’ai quant à moi beaucoup aimé « Une femme fuyant l annonce » de David Grossman, « Pain amer » de M-O Ascher, « L’inconnue de Biribidjan » de Marek Halter, « Grandeur et dénuement » d’Alice Ferney (pas très récent je crois).
    Celui qui m’a le plus marqué reste « Il faut qu’on parle de Kevin ».
    Quelles sont tes dernières lectures?

      

    1. @Paquerette : « Une femme fuyant l’annonce » fut l’un de mes coups de cœur de l’an dernier, un roman puissant, auquel j’ai pensé longtemps…

      Les 2 suivants, je ne les ai pas lus.

      Alice Ferney, j’ai lu certains de ses livres dont « Les autres »

      Et c’est vrai qu’il faut parler de Kevin est un sacré choc…

      Pendant les vacances, j’ai lu notamment La vérité sur l’affaire d’Harry Québert, j’ai été un peu déçue, il se lit bien, mais ce n’est pas un chef d’œuvre littéraire, selon moi. Et en ce moment, je suis dans Bruits du cœur de Grondhal, recommandé via Twitter (une nouvelle source d’inspirations de livres pour moi !).

        

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