Autour du travail

La notion subjective du temps au travail

En aparté vous livre quelques-unes de ses réflexions autour du temps passé au travail : 

Certaines personnes peuvent travailler 35 heures par semaine et avoir cependant l’impression que leurs journées sont bien longues. A contrario, d’autres peuvent travailler 50 ou 60 heures par semaine tout en ayant l’impression que le temps file très vite et sans réaliser avoir travaillé autant que cela. C’est plutôt bon signe ! Cela signifie qu’elles les effectue avec plaisir. Qu’elles s’impliquent et s’engagent à fond dans leur travail. Attention toutefois à ne pas se laisser complètement dévorer par son travail, à se fixer certaines limites, au risque de s’épuiser.

La notion du temps de travail comporte donc une composante subjective très importante…

D’où vient cette subjectivité ? Quelles en sont les principales raisons ? Pourquoi de telles différences ? On peut avancer plusieurs explications :

– en tout premier, bien sûr, l’intérêt ou non du travail fourni,
– le côté répétitif/routinier ou changeant/varié des tâches à effectuer (sachant que la routine comporte également une part de subjectivité),
– l’aspect statique ou mobile du travail,
– les conditions de travail,
– l’autonomie dans la gestion de son temps ou des horaires/agenda contraints

Il est également possible d’avoir l’impression que le temps se traîne, que les heures passent lentement (voire comptent double) lorsque l’on se retrouve en situation de sous-emploi. Rien de pire que d’être inoccupé. Et paradoxalement, on peut s’épuiser à ne rien faire et en ressentir une grande fatigue.

On peut également avoir des horaires de travail très raisonnables mais avoir le sentiment que ces heures nous prennent beaucoup de temps et d’énergie. Soit parce que l’on est particulièrement efficace, concentré, tendu vers la réalisation de ses objectifs soit parce que le travail réalisé semble pesant, peu stimulant, pénible.

Par conséquent, la notion du temps passé au travail ne dépend pas toujours du temps réellement passé à travailler. La preuve, les créateurs d’entreprise ne comptent généralement pas leurs heures. Ils reconnaissent ne plus avoir du tout la même notion du temps que lorsqu’ils étaient salariés par exemple.

Ainsi la fatigue physique et/ou psychique n’est pas toujours tant liée au temps tel qu’il est objectivement passé à travailler qu’au temps tel qu’il est subjectivement ressenti à travailler. (euh, je me demande si c’est clair ?!)

On remarquera d’ailleurs que certaines personnes peuvent se déclarer plutôt satisfaites de leur équilibre vie personnelle/ vie professionnelle alors qu’elles ont des horaires de travail très lourds tandis que d’autres, aux horaires plus légers, le jugeront moins satisfaisant. Comme quoi, dans le temps de travail, la qualité du temps passé à travailler peut faire considérablement varier la
perception de la quantité de temps passé à travailler.

Cela vous inspire-t-il ?

(bon, je sais, le lundi matin, on n’est pas forcément très en enclin à philosopher autour du temps subjectif, objectif, etc. Il s’agit surtout de reprendre le rythme et de ne pas trop laisser filer le temps…!)

Bonne semaine à tous et à toutes !

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8 thoughts on “La notion subjective du temps au travail

  1. Effectivement, je suis à mon compte et je ne compte pas mes heures de travail car ce qui est important pour moi c’est l’efficacité, le résultat et pouvoir conserver du temps pour ma famille.
    Du coup, j’ignore combien d’heures je travaille dans la semaine, mais je dirais beaucoup plus que 35h…

      

  2. Je pense que l’implication personnelle est un facteur important dans cette subjectivité. Si l’on est motivé et passionné cela passera beaucoup plus vite que si l’on est démotivé.

      

  3. Je serai curieux de savoir s’il existe des enquêtes sérieuses sur le sujet.
    Je discustais de ce sujet récemment avec des amis experts comptables, qui cumulent les heures travaillées comme peu de salariés. Aujourd’hui, quand on parle de 35h pour un cadre, on lève les yeux
    au ciel. Bien sur, on ne pas faire seulement 9h -17h30, on va rester jusqu’à 19h30, puis travailler un peu le soir voire le week end… C’est presque fou d’assumer un temps de travail de 35h par
    semaine, parce travailler bcp, c’est montrer qu’on est un bon élément (performant ?)… Pourtant, si la société s’est imposée depuis plusieurs dizaines d’année la norme des 8 heures par jour, ce
    n’est pas nécessairement pour rien. Il y a surement derrière ce chiffre un équilibre; peut etre pas 8h pile, et puis ça depend de chacun. Mais aujourd’hui, j’ai clairement l’impression que ce
    chiffre est un plancher, un minimum, quand il devrait être un repère dans nos journées …

      

  4. @ Fabien : merci pour votre avis. Je pense qu’il est important de dissocier les personnes qui effectuent autant d’heures parce qu’elles le veulent bien (parce
    qu’elles aiment vraiment ce qu’elles font et que leur investissement professionnel est quelque chose d’identitaire très fort pour elles ) et celles qui se laissent prendre dans un
    engrenage ou qui n’ont pas vraiment le choix (pression sociale, pression tout court, course à toujours plus, dossiers tjrs plus nombreux à traiter alors que les moyens humains se réduisent…).
    Pour terminer, s’ill est vrai que de nombreux cadres dépassent allégrement les 35 heures, il y en a quand même qui effectuent environ 40heures par semaine mais pas forcément beaucoup
    plus. 
    Une étude de l’INSEE vient de paraître sur le temps de travail depuis 60 ans. On peut la consulter ici :
    http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?id=2751&reg_id=98
    Plus ancienne, une autre étude sur le temps de travail des cadres : http://www.cadres-plus.net/bdd_fichiers/chiffres_RTT.pdf

     

      

  5. Ces questions ont toujours donné lieu à des réflexions en psychologie sociale et en sociologie du travail sous la rubrique du « moral au travail » (cf. notamment le volume 2 du Traité de
    Sociologie du Travail de Friedmann et Naville. Il existe en psychologie sociale une abondante bibliographie sur ces questions, qui a débuté lors de l’après seconde guerre mondiale. A mon sens, la
    subjectivité au travail est relative, puisque le travail insère par principe dans des circuits d’échanges sociaux, dont l’importance est essentielle. On peut parfois se sentir bien à travailler
    dans une équipe, parfois c’est le contraire, et les réseaux sociaux virtuels qui créent des rencontres virtuelles n’ont pas changé fondamentalement l’essentiel du ressenti, sauf peut-être en
    isolant l’individu, subitement confronté à la violence de manifestations collectives organisées. D’où l’importance de la communication naturellle.

      

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