Portraits de femmes

Se lancer en auto-entrepreneur : Sofia témoigne



Le statut d’auto-entrepreneur rencontre un joli succès (150 000 inscrits depuis janvier dernier). En aparté souhaitait recueillir le témoignage de l’un d’entre eux. C’est chose fait avec Sofia, 27 ans, traductrice, vivant dans le Loiret et qui s’est lancée comme auto-entrepreneur en mars 2009. Vous trouverez également à la fin de ce billet quelques liens pour aller plus loin sur ce sujet.

Quel a été votre parcours professionnel ? Quel a été le déclic pour vous mettre à votre propre compte ?
Sofia : Je suis titulaire d’une maîtrise en anglais et d’un deug en LEA (langues étrangères appliquées anglais espagnol) et j’ai traversé une période de chômage. Malgré cela, j’ai pu acquérir une expérience en traduction. En effet, en plus de ma formation, j’ai été traductrice bénévole à la fac puis je me suis fait une expérience grâce à des contrats de traduction. C’est un travail qui m’a plu et dans lequel je sens que j’ai quelque chose à apporter. Je me suis dit : pourquoi ne pas continuer dans cette voie ?
Au lieu d’attendre encore longtemps que quelqu’un me recrute, j’ai décidé de devenir mon propre patron il y a quelques mois en devenant auto-entrepreneur, avec mon entreprise (toute petite…) : Espace Traduction.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le statut d’auto-entrepreneur ? Auprès de qui vous vous êtes renseignée et/ou fait conseiller ?
La simplicité d’abord de ce dispositif. En quelques clics (bon j’exagère un peu !), on a un numéro siret, on peut émettre des factures et payer ses charges facilement.
En fait, j’ai rencontré au début de l’année une personne responsable d’une association régionale de traducteurs (aprotrad) afin de lui demander des « trucs et astuces » pour me lancer en tant que traductrice freelance, les pièges à éviter, etc… C’est cette personne d’expérience (traductrice indépendante) qui m’a parlé de ce statut en me conseillant de patienter jusqu’à janvier 2009 pour me lancer !
Par ailleurs, j’ai également fait des recherches approfondies sur le net et j’ai pris contact avec l’URSSAFF.

Avez-vous eu toutes les réponses à vos questions ? Avez-vous hésité avec d’autres formules ?

Oui et non car j’ai découvert ce statut mais comme il est appelé à évoluer, je pense que j’en apprendrai encore dans les mois à venir… Cependant, je pense que ce sont des ajustements auxquels il faut s’attendre et rien de plus. Donc pour moi, pas de souci particulier…
Sinon, j’ai effectivement hésité avec d’autres formules. S’il n’y avait pas eu ce statut, j’aurais opté pour le portage salarial (plus par nécessité que par choix d’ailleurs…).

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?
Je dirais qu’au départ le statut n’était pas prévu pour les professions libérales comme la mienne, à qui on avait pourtant annoncé depuis longtemps qu’ils pourraient accéder à ce statut puis qui, à la dernière minute en ont été écartés… la douche froide . J’ai dû me résoudre à me tourner vers la solution du portage lorsque finalement la situation s’est débloquée et que l’on a annoncé que nous, aussi, on y aurait droit !
A part cela, aucune difficulté pour moi.

Etes-vous salariée actuellement, au chômage… ou est-ce le grand saut ?

J’ai été salariée (à mi-temps pendant quelques mois), le temps que le statut sorte. Puis j’ai choisi de me consacrer à 100% à mon activité, donc oui c’est le grand saut

Depuis combien de temps êtes-vous auto-entrepreneur ? Comment ce statut d’auto-entrepreneur est-il perçu par vos clients et/ou clients potentiels ?
Je le suis depuis mars 2009. Cela ne pose aucun souci pour mes clients : lorsque je leur annonce que je suis freelance, ils ne cherchent pas trop à connaître les détails de mon statut. Sinon, ceux à qui je l’ai dit n’ont eu aucun problème avec ça.

Comment prospectez-vous ? Quels sont les moyens commerciaux que vous utilisez (mailing, réseaux, etc.) ?

Principalement par le réseau et le bouche à oreille. Je tiens d’ailleurs à cette occasion à citer l’association des mompreneurs, un réseau de maman/chefs d’entreprise auquel je participe.

Par ailleurs, je prospecte activement, par téléphone et par mail, les entreprises de ma région mais aussi plus large (France entière/international). En fait, je prospecte par secteur spécialisé…Il faut de la patience mais c’est nécessaire et ça paye ! (avec juste un peu de patience…).
J’ai aussi créé un petit site web. Rien d’extraordinaire mais de quoi être visible et présenter mon entreprise. Maintenant, il me reste à le référencer (encore une autre affaire !).

Concrètement, combien pensez-vous économiser grâce à ce statut par rapport à un statut de micro-entreprise ou autre ?

Au départ en tant que freelance, mes investissements pour lancer ma boîte sont limités à un ordinateur, une imprimante et des dictionnaires…donc rien d’extraordinaire. Je pense que la différence se verra au niveau des charges. En effet, je ne paie que selon ce que je gagne, alors qu’en micro-entreprise, j’aurais eu à payer des charges quoiqu’il arrive. Pour la première année je dirai, comme ça….3000 euros…environ, enfin à vue d’oeil .

Un petit conseil pour terminer ?
Il faut rester prudent car le statut auto-entrepreneur n’est pas LE statut idéal non plus. Je précise que je l’ai choisi sans me dire que cela allait être la solution miracle pour mon activité et en sachant que ça allait convenir avec mon type d’activité (services). En effet, cela peut-être transitoire, le temps de se lancer…
A savoir aussi : certes, on ne paye que selon ce qu’on gagne, mais au niveau des droits et de la protection sociale, on sent aussi la différence… Donc, ne pas croire que c’est un statut idéal mais savoir où on met les pieds, faire attention avant de se lancer et trouver des solutions pour palier aux faiblesses de ce statut.
Et pour conclure, se rappeler qu’entreprendre, quoiqu’il arrive reste quelque chose de risqué…mais personnellement, j’aime ça et je n’y trouve que des bons côtés !

Pour rappel
Toute activité inférieure à 80.000 euros par an dans le commerce et l’artisanat, et à 32.000 euros dans les services, peut opter pour le régime de l’autoentrepreneur. Celui-ci consiste en un forfait fiscal et social libératoire, prélevé à la source et proportionnel au chiffre d’affaires. Le taux est de 13 % dans le commerce (12 % de cotisations + 1 % d’impôt), 23 % dans l’artisanat (21,3 + 1,7) et 20,5 % dans les services (18,3 + 2,2). Pour les demandeurs d’emploi créateurs d’entreprise, ces taux sont réduits de 75 % la première année, de 50 % la deuxième et de 25 % la troisième. Enfin, si le revenu annuel de référence touché par ailleurs (activité salariée, retraite, allocation chômage…) dépasse 25.195 euros, l’autoentrepreneur revient dans le droit commun de l’impôt sur le revenu (sources Les Echos).

Pour aller plus loin (liste très loin d’être exhaustive…)

– Dossier spécial Auto-entrepreneur sur TPE-PME.com
– Auto-entrepreneurs : les conseils de ceux qui ont tenté l’aventure sur journaldunet.com (on trouve 5 témoignages : une infographiste, un formateur en gestion, une consultante en développement durable, une psychologue clinicienne et un développeur web)
– Sans oublier le site officiel, lautoentrepreneur.fr et celui de l’APCE
– Le montant des cotisations sociales de l’auto-entrepreneur
– Les activités exclues du statut d’auto-entrepreneur
– Et pour finir, ce billet de Nathalie qui dans un premier temps avait songé à opter pour ce statut avant de changer d’avis et qui apporte plein d’éléments intéressants et moins connus.

A noter que la première édition de l’Université des auto-entrepreneurs se tiendra à Paris La Défense les 8 et 9 juin


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