Ariane Grumbach
Diaporama Portraits de femmes Que deviennent-elles (ils) ?

Parcours au fil du temps : Ariane

Ariane Grumbach

Diététicienne depuis 2008, après des études à HEC et vingt ans passés en entreprise, Ariane était venue témoigner pour la première fois en 2013 autour de cette reconversion. Quatre ans après, elle était venue donner de ses nouvelles (publication d’un livre, un déménagement et deux chantiers professionnels, dont l’un autour de la diversité corporelle). Quatre années ont de nouveau passé. Merci Ariane pour ces nouvelles toutes fraîches !

Comment a évolué ta situation professionnelle et personnelle ?

Dans ces quatre années environ depuis mon témoignage, je dirais qu’il y a, forcément, un avant et un pendant-après Covid. En relisant ma conclusion de 2017, je vois que je m’y suis plutôt tenue ! Peu de temps après, j’ai choisi de consacrer davantage d’énergie à la lutte contre les régimes et l’obsession de la minceur. J’ai réfléchi aux modalités, c’est ce qui m’a conduit à lancer mon podcast au printemps 2018, BCBT le podcast, avec lequel j’ai essayé d’aider les femmes à se sentir mieux dans leur corps, quelle que soit leur silhouette, et à comprendre les dégâts des régimes. J’ai abordé beaucoup de thématiques en lien avec la silhouette, réalisé des interviews,… Je l’ai animé pendant trois ans et j’arrête maintenant, après 50 épisodes. Pour peut-être me remettre davantage au blog. Ce podcast et mon travail plus généralement m’ont amenée à m’intéresser de plus près à diverses problématiques féministes en lien avec le rapport au corps et cela a orienté des choix de lectures, de conférences… 

Sinon, j’ai poursuivi mon activité essentielle, les consultations, qui me passionnent toujours et pour lesquelles je continue à me former. Puis le Covid est arrivé. Mon activité s’est écroulée d’un coup pendant 3-4 mois, puis elle est repartie à l’automne 2020. Je me suis adaptée, j’ai mis en place des conditions de sécurité sanitaire à mon cabinet quand j’ai pu recommencer à recevoir et surtout, la conséquence principale pour moi est d’avoir initié des consultations via Zoom. Cela m’a permis, aux confinements suivants de maintenir l’essentiel de mes consultations. Et, peu à peu, d’acquérir un bon nombre de nouvelles patientes de différents coins de France et de l’étranger qui me demandent un suivi à distance. Mon horizon s’est élargi ! Aujourd’hui, entre les personnes de région parisienne que cela arrange et cet élargissement, je fais presque la moitié de mes rendez-vous en visio.

Côté personnel, j’ai bien sûr, comme beaucoup de personnes, souffert des restrictions liées à la pandémie mais je n’ai pas à me plaindre. D’abord, personne de mon environnement familial n’a été touché. Et cela fait longtemps que mon compagnon et moi menons une vie assez simple et casanière, et je sors beaucoup moins qu’avant. Donc, notre vie n’a pas été totalement bouleversée, même si c’est devenu pesant au fil des mois. J’ai trouvé aussi que c’était un temps propice à se recentrer sur soi et conforter la conscience de ce qui est vraiment important pour chacun. J’ai l’impression qu’au fil de années, j’ai de moins en moins envie de me presser, je profite de la vie, je lis, je marche. Je garde du temps libre à côté du travail même si j’adore celui-ci. Ce qui me conduit, forcément, à ne pas multiplier les projets parallèles ! Par exemple, j’ai du mal à me projeter dans l’écriture d’un deuxième livre !

Avec le recul, y a-t-il des choses que tu ferais différemment (notamment par rapport à la conciliation vie perso/vie pro) ? As-tu des « conseils » à donner à des jeunes femmes ?

A tout âge, et autant commencer le plus tôt possible, il me parait essentiel de passer un peu de temps, régulièrement, pour se pencher sur son intériorité. Apprendre à le faire si besoin, juste en se posant, ne pas en avoir peur. Être à l’écoute de ses pensées, ses émotions, même si elles perturbent. Je vois tellement de femmes qui s’oublient, qui oublient leurs besoins et leurs envies, notamment en devenant mères. Bien sûr, cela n’a rien de facile de trouver un équilibre entre la vie professionnelle (qui prend souvent trop de place) et les différentes dimensions de sa vie personnelle (couple, famille, cercle amical, activités plaisir et détente, temps pour soi). Écouter ce qui se passe en soi permet de cerner ce qui va ou pas et d’enclencher des changements souhaités ou nécessaires. Cela me parait tellement important que chaque femme puisse mener librement la vie qu’elle désire, en se détachant des standards et des injonctions.


Et pour finir, as-tu des projets/des envies à court ou moyen terme ?

Je suis très heureuse de la vie que je mène, professionnellement et personnellement. Une seule chose pourrait s’ajouter à mon bonheur peut-être : vivre au bord de la mer. Mais je n’aurais pas envie de quitter complètement Paris, tant que je travaille du moins. On n’a jamais eu envie non plus d’une résidence secondaire (et on n’en a pas les moyens !). On a retourné la question de se partager entre deux lieux (Paris et un bord de mer pas trop lointain) dans tous les sens, échafaudé des scénarios, aucun ne nous satisfait, donc on reste, avec plaisir, à Paris, où on vit bien, surtout quand les cafés, restaurants, piscine… sont ouverts bien sûr ! Côté pro, comme je le disais, j’ai envie de réécrire davantage pour le blog car je vois des tas de sujets à aborder et je ne crois pas que les blogs soient morts ! Le blog, c’est la liberté ! Qu’en penses-tu, Gaëlle ? Je continue aussi à me former, car je n’aurai jamais fait le tour de la complexité humaine dans la relation à la nourriture.

Vous pouvez suivre Ariane sur son site.

Et retrouver l’ensemble des témoignages (près d’une centaine) dans la rubrique Parcours au fil du temps.

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