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« Tu as des devoirs à faire ? »

devoirs-scolairesSelon le dernier baromètre Kantar Sofres sur les nouveaux enjeux de la famille publié en septembre 2017, les principales difficultés rencontrées par les parents sont les solutions de garde pour les enfants (41% des citations) et juste après….le suivi de la scolarité (37%). Je fais partie de ces 37% ! Et lorsque je discute avec des amies*, nombreuses sont celles à me parler de ce sujet, et rarement de façon totalement apaisée et décontractée 😉

Il existe plusieurs situations possibles et plusieurs façons de faire.

La situation idéale : l’enfant/l’ado est autonome, se met à ses devoirs tout seul, et les fait sans rencontrer de difficultés particulières.

La situation presque idéale : l’enfant/l’ado est plutôt autonome ou a appris à l’être, il se met à ses devoirs après une ou deux gentilles invitations, et les fait plutôt efficacement et consciencieusement. Parfois, il vient demander de l’aide pour un devoir précis ou une matière où il sent plus fragile. Les échanges se passent globalement bien, quelques tensions sont toujours possibles mais surmontables.

La situation moins idéale : l’enfant/l’ado n’est pas vraiment autonome, rechigne à se mettre à ses devoirs même après un temps de décompression honorable et a besoin d’un adulte pour bien assimiler sa leçon / revoir ses cours (qui parfois sont assez laconiques ou lacunaires…) / faire ses exercices avec soin.

La façon de faire idéale : s’asseoir à côté de son enfant, être mentalement entièrement disponible, l’accompagner sans faire à sa place, rester d’un calme olympien quelle que soit l’attitude de l’enfant, être pédagogue, patient, encourageant, motivant, bienveillant (pour reprendre THE mot à la mode)…

La façon de faire moins idéale : s’asseoir à côté de l’enfant, réussir à ce que l’enfant reste assis correctement plus de 5 minutes, penser en même temps à ce que l’on va faire pour le dîner, regarder le dernier SMS reçu, fulminer sur la tenue du cahier et des 10 fautes d’orthographe en trois lignes, ne pas rester d’un calme olympien, ne pas comprendre que l’enfant fasse l’exercice sans avoir appris son cours (donc souvent mal), s’énerver,  reprendre sa respiration, répondre à une demande d’un autre enfant, mettre des légumes à cuire, revenir vers l’enfant qui pendant ce temps en a profité pour faire une rosace sur son cahier, revoir avec lui l’exercice et l’entendre dire « mais cela ne sert à rien que tu me corriges car de toutes façons on le fera en cours », soupirer, sentir toute la force d’inertie et de résistance de l’enfant, expliquer pour la millième fois que plus il sera attentif, plus vite les devoirs seront faits, pester contre un cours qui ressemble à tout sauf à un cours structuré ( a contrario, se réjouir de voir un cours construit et rigoureux)….et à la fin, avoir l’impression d’être complètement vidée de toute son énergie, sans être vraiment satisfaite. (et pour des questions de bienséance, nous tairons les éventuels cris hystériques du parent et les regards éplorés de l’enfant / l’ado qui dit « mais pourquoi t’énerves-tu ? »…)

Bref, je ne sais pas dans quelle situation vous êtes et quelle est votre façon de faire, mais ce qui est sûr c’est que suivre la scolarité de ses enfants prend du temps et de l’énergie.

Alors bien sûr, on peut sous-traiter (mais cela coûte cher), on peut mettre ses enfants dans des établissements qui proposent des études surveillées ou de l’aide aux devoirs, on peut croiser les doigts pour que ses enfants deviennent rapidement autonomes (et parfois c’est le cas, ouf !), mais on peut aussi galérer, se mettre une grosse pression, voire se pourrir le créneau 18h-19h, se forcer à ne rentrer pas trop tard du boulot pour s’y mettre ou y passer des heures le week end, refuser trop d’événements entre 18h et 20h pour être présent, etc.

Les devoirs, cela dépend beaucoup de la personnalité de l’enfant, des exigences (ou non) des professeurs, de sa propre humeur, de son degré de patience (de résistance, pourrait-on même dire), de son sens de la pédagogie (malheureusement, pas toujours très développé).

Parfois les devoirs, c’est un « marathon » nerveux, une négociation âpre entre l’enfant et l’adulte, le sentiment qu’il ne faut rien lâcher pour lui donner de bonnes habitudes et le goût des études, lui apprendre à se concentrer et à travailler correctement seul.

Et puis parfois, cela peut devenir un bon moment d’échanges, de transmission, d’explications. L’occasion de revoir des notions apprises il y a longtemps ou d’apprendre de nouvelles choses, de voir l’enfant / l’ado progresser, développer sa mémoire, son intelligence, sa curiosité.

Accompagner ses enfants dans leur scolarité est une responsabilité importante, chronophage et pas toujours de tout repos pour les nerfs, surtout quand la journée ou la semaine professionnelle a été dense ou compliquée ! Le plus difficile : les tensions, les conflits et le risque que la relation parent / enfant se « résume » à cette tranche horaire délicate. Le plus gratifiant : voir ses enfants prendre goût à certaines matières, demander d’eux-même quelques conseils ou un peu de notre temps pour vérifier que leurs connaissances sont bien acquises. Et surtout les voir voler de leurs propres ailes et voir leur propre travail récompensé ! – et donc nos efforts aussi un peu 😉 –

* j’ai écrit amiEs car dans la très grande majorité des cas, ce sont les mères qui s’occupent des devoirs de leurs enfants (et même si ce ne sont pas elles exclusivement, elles s’en occupent en grande partie, donc l’expérience est plus développée et plus riche, disons)

PS : Je suis en train de réorganiser la page d’accueil et la structure d’En Aparté pour les adapter à ma nouvelle ligne éditoriale. J’ai créé un nouveau menu avec de nouvelles rubriques, mais tout n’est pas encore très bien calé (n’hésitez pas à faire des remarques). Merci de votre patience et de votre indulgence !

PS 2 : j’ai créé un groupe Facebook fermé (En Aparté – Education – Parents/Enfants) pour poursuivre les échanges, débattre et pourquoi pas, se donner des conseils, des bons plans. Si vous souhaitez le rejoindre, n’hésitez pas à faire une demande d’adhésion directement via FB. 

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7 thoughts on “« Tu as des devoirs à faire ? »”

  1. je pense que je suis ou ai été chacune de ces mères que tu décris, et que mes enfants ont été ou sont chacun de ceux que tu décris aussi.
    Du coup, je fais un mix de tout cela et ça donne:
    – Des devoirs qu’ils font seuls
    – Des devoirs qu’on fait ensemble avec une zénitude parfois relative…
    – Des devoirs que je leur demande de faire avec l’un ou l’autre des frères et soeurs. Je n’ai aucun scrupule à leur avouer mon incompétence ou mon désintérêt total pour un sujet ou l’autre et autant je n’ai jamais compté sur les grands pour gérer les petits, autant pour une démonstration de géométrie dans l’espace, je n’ai aucun complexe. Idem pour le vocabulaire en langue que les petits peuvent faire réciter aux grands, ou des définitions à apprendre par coeur. Ils se rendent compte que ce n’est pas forcément plus simple et quand le truc n’est pas su, il ne l’est pas plus avec moi qu’avec leurs frères et soeurs.
    Hauts les coeurs, on est mercredi!

      

  2. Alors comme Cecile je suis toutes ces meres. Je suis aussi celle qui pire que le probleme d’autonole est confrontée au refus net et sans appel de faire des devoirs. Pour tout un tas de raisons valables ou pas l’enfant ne fera pas des devoirs meme avec toutes les carottes du monde même avec les à plus gros patience… refus d’obstacles, peur de ne pas réussir, pas envie de faire plaisir au prof qui demande, désintérêt pour là matière ou le prof, lassitude de la redite du cours etc. Les raisons sont variées. Et la réponse ne se trouvera pas seule mais en partenariat avec les profs et l’école si on a la chance d’avoir fait un bon choix pour cet enfant la. Je suis peut être hors sujet… Mais j’avais envie de la oartager.

      

  3. Incontestablement je me retrouve dans la façon la moins idéale 🙂 on peut aussi dire Wonder Woman ou mère indigne selon les époques 🙂

      

  4. Haha !! Clairement, je me souviens surtout de la façon de faire la moins idéale… surtout avec deux des enfants…. les deux autres étant plutôt autonomes. C’était exactement ce que tu décris… mais en ajoutant mes allées et retour pour accompagner un chez l’orthophoniste ou aller le chercher ! Un vrai calvaire ! Et puis cela devient une sorte de cercle vicieux, tu sais que ça va mal se passer, alors tu t’énerves au quart de tour et cela se passe mal ! Il faut donc vraiment essayer de dédramatiser, limiter le temps passé, peut-être comme le suggère Cécile impliquer un autre enfant ?

      

  5. Merci pour ton papier ! Je fais partie de celles (chanceuses) qui ont/ont eu le temps d’accompagner leurs enfants. Oui, c’est parfois dur. Et tes mots m’ont fait sourire sur plusieurs points. Le coté résistance passive : j’ai parfois l’impression d’être en train de pousser un éléphant récalcitrant et je leur dit alors que décidément ce n’est pas surmontable, qu’il faut que la bête se lève et m’accompagne, sinon on ne va pas y arriver. J’ai souvent prêté les plombs et hurlé parfois pour des détails stupides, parce que mon esprit était échauffé, stressé par les fautes d’orthographes, les notes insuffisantes, la tenue des cahiers discutable, et le dîner à préparer…. J’ai aussi souvent répété (pas calmement, hein !?) une fois, deux fois, mille fois, qu’il fallait se mettre au boulot… ne plus traîner, vautré, lâcher son téléphone…
    Et puis j’ai appris un peu aussi. A moins crier. A réconforter en frottant le dos du plat de ma paume. A faire confiance. A lâcher prise (encore des progrès à faire). A féliciter. Et je leur ai expliqué que j’apprenais avec eux, à les aider, les soutenir, les responsabiliser…

    Alors non, je ne nage pas dans un genre de sérénité scolaire maternelle absolue… mais je me dis qu’on avance. Et qu’en ayant la chance de vivre (parfois bien parfois mal) ces moments avec eux, on partage aussi. on discute, on fait naître une confiance, une fierté, une discussion, une réflexion. On essaye d’expliquer aussi, une fois, deux fois, mille fois, pourquoi c’est important le Français, l’histoire, toutes ces matières qui demandent des efforts. Pourquoi c’est important de savoir fournir un effort. Et on discute plus large,de la société, de la vie. En bref, on en bave, (eux aussi) mais si on a le temps et l’énergie, c’est pas si mal au final !

      

  6. La manière la moins idéale sans doute. Une sur les trois (15 ans) refuse toute aide depuis longtemps malgré les mauvais résultats. Le petit dernier 12 ans précoce et donc de plus en plus hermétique aux méthodes scolaires conventionnelles et qui oscille entre l éléphant imbougeable et la culpabilité de ne pas être comme les autres…
    Je n ai pas été beaucoup derrière eux depuis le début car cela roulait plus ou moins mais là je le regrette. Je me dis que j aurais dû leur donner l habitude de la rigueur (ne l ayant pas moi même… ! Culpabilité qd tu nous tiens !)

      

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