Autour du travail Paris / province ?

S’installer en province : comment réussir son intégration ?

quitter-paris-bd-volume-1-simple-43288Selon l’Insee, 200 000 franciliens s’installent en province chaque année (majoritairement des trentenaires et des jeunes familles), attirés par une meilleure qualité de vie, un coût de l’immobilier plus raisonnable et des temps de trajets plus courts. Et  6 millions de Franciliens seraient candidats au départ !

La bonne nouvelle, c’est que les régions recrutent, avec des postes à pourvoir dans certains secteurs d’activité. Le 15 octobre prochain, pour sa 6ème édition, le salon Provemploi, destiné aux candidats au départ en province, proposera notamment une table ronde sur « Ces professionnels que les régions s’arrachent ! » animée par Yves Deloison, responsable éditorial du site Tout pour changer. Les métiers de l’informatique, de la santé ou de l’ingénierie sont particulièrement concernés. Cependant, avant de réaliser son rêve, mieux vaut bien se préparer.

Attention aux désillusions !

Isabelle Guéguen, du cabinet  Perfégal à Quimper, qui a mené une action auprès de femmes cadres qui avaient suivi leurs conjoints, précise : « c’est toujours un peu la même histoire. Le salaire des hommes étant encore souvent le plus élévé, ce sont eux qui trouvent en premier. Leurs femmes, entre 35 et 40 ans, se disent « je vais profiter de mes enfants dans un premier temps puis je reprendrai doucement. Mais ce n’est pas si simple ! » Elle met en garde les femmes du risque de déclassement (perte du statut cadre, métier pas à la hauteur de leurs compétences, salaire amputé…). Pour la femme, la découverte de la situation cadre en province se fait tardivement, alors que ses réseaux sont un peu coupés, que celui de son conjoint ne lui sert pas vraiment (surtout s’il travaille dans un milieu très masculin). D’autre part, le tissu économique est souvent constitué de PME qui ont tendance à privilégier des « autochtones ». Certains dirigeants, autodidactes, ont une certaine crainte du cadre…surtout des femmes cadres. « Parfois on leur conseille même de gommer quelques diplômes ou expérience pour faire moins peur » témoigne I. Guéguen. Ses conseils : ne pas se précipiter et bien se renseigner sur le contexte régional, surtout si elles ont une formation « classique » (RH, gestion & administration, marketing, communication…) où les postes sont rares en province en dehors des très grandes villes ; bien en discuter au sein du couple, ne pas rester trop longtemps dans le cadre exclusif des enfants, se faire connaître très vite (Jeune Chambre de Commerce, Centre des Jeunes Dirigeants, etc.) ; si possible rester quelque temps en télétravail avec son ancienne entreprise, ce qui peut être une bonne transition. « Les désillusions sont fréquentes, et cela peut entraîner des problèmes dans le couple ou même des départs » conclut I. Guéguen.

Des dispositifs d’accompagnement

Pour accompagner la mobilité, quelques grandes entreprises (Michelin, Lactalis…) ont mis en place, outre les dispositifs « classiques » (dans le cadre du Mobili-pass : aides au déménagement, primes, etc.), des services pour aider les conjoint(e)s à trouver un emploi. Quelques collectivités locales travaillent leur attractivité (Laval, Pays de Murat par exemple) et certaines proposent un accompagnement pour les conjoint(e)s, à l’instar de Bordeaux avec sa Maison de l’emploi. En revanche, les PME se reposent encore essentiellement sur les acteurs publics (APEC, Pôle Emploi). Parallèlement, le métier de conseil en mobilité se développe avec des structures telle que Muterloger qui proposent un accompagnement global (trouver un logement, une école pour les enfants mais aussi aider le conjoint à trouver un emploi). Quelques cabinets de recrutement prennent également en charge le dossier du conjoint(e). Enfin, il existe quelques réseaux, à l’instar d’Accueil des Villes Françaises (AVF), du portail NéoZarrivants, de Conjoint Friendly en Poitou-Charentes ou encore d’Ell’à Brest dans le Finistère (dont j’ai été membre durant 2 ans) qui visent notamment à aider les conjoint(e)s à ré-intégrer le monde professionnel local. Et pour finir, il faut également être conscient que les possibilités d’évolution professionnelle et de progressions salariales sont plus faibles en province (surtout dans les PME). Mais si toutes ces données ont été bien intégrées et évaluées, le projet de s’installer en province peut devenir une belle aventure !

Quelques billets à (re)lire sur En Aparté sur ce sujet : le témoignage de Valentine qui est venue s’installer dans la région d’Aix en Provence après avoir vécu et travaillé à Paris puis à Amsterdam, le témoignage de Julien Leclercq, patron d’une PME installée dans le Sud Ouest, le livre humoristique Province Attitude d’Astrid Thomine-Desmazures, les billets de la rubrique Paris/province.

Infos pratiques : le salon Provemploi se tiendra le mardi 15 octobre, Porte de Champerret à Paris, de 10 à 20 heures. Entrée gratuite. Le salon est divisé en quatre espaces adaptés à chaque projet : « Trouver un emploi », « Créer reprendre une entreprise », « Découvrir les régions », « Préparer son installation ».

NB : billet très largement inspiré d’un article que j’avais écrit pour femmes-emploi.fr en 2008 et réactualisé par mes soins !

L’illustration est de Mademoiselle Caroline

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3 thoughts on “S’installer en province : comment réussir son intégration ?”

  1. Il s’agit, comme l’article l’explicite habilement, d’un changement en profondeur. Qui peut avoir un impact dans des domaines assez vastes, bien au-delà du cadre professionnel.


    Il est donc important en effet de bien appréhender tous les éléments avant de se lancer dans l’aventure.


    Adaptabilité, souplesse, ingéniosité, qualités relationnelles… autant de dispositions qui seront des atouts précieux pour passer le cap. Et peut-être (idéalement) faire correspondre son nouveau cadre de vie à ses attentes et aspirations véritables.


    Beau défi !

      

  2. Bonjour Gaëlle,



    Le compte-rendu du cabinet Perfégal est fort intéressant, merci de le partager avec nous.



    Un francilien sur deux envisage (ou rêve) de s’installer en province. Il y a clairement une idéalisation de la vie en province qui brouille l’analyse des besoins et désirs réels des candidats au changement de vie.



    Il faut rester lucide sur notre situation, ce que l’on va perdre en quittant une grosse agglomération et sur les incertitudes à l’arrivée.

    Souvent prendre du recul aide a mieux cibler son projet de vie. Car pour certains, simplement changer de travail ou de logement au sein du même département, ou prendre des congés plus ou moins long, suffit à trouver l’énergie et le souffle qui lui manquait.

    Céline de partirenprovince.com

      

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