Autour du travail

Conciliation au sein du couple : accords et désaccords

En observant autour de moi les façons de fonctionner des couples en terme de conciliation vie privée et vie professionnelle et en discutant avec certains d’entre eux, je me rends compte de la multiplicité et de la complexité des modèles de fonctionnement. Un véritable nuancier de possibilités, de choix, d’arrangements, de discussions, d’accords et parfois de désaccords, voire de conflits au sein des couples.

Il existe des couples où les deux membres du couple travaillent, le plus souvent à temps complet pour l’homme et à temps complet ou partiel pour la femme (avec parfois des alternances entre les deux).

Les couples où l’homme travaille et où la femme s’est arrêtée, plus ou moins volontairement, à la naissance du premier, du deuxième, du troisième enfant, etc. (l’inverse existe aussi mais reste exceptionnel) et a repris (ou non) au bout de quelques années.

Les couples où l’un des deux est salarié et l’autre indépendant, où l’un travaille à l’extérieur et l’autre de chez lui.

Les couples qui resteront dans la même ville quoi qu’il arrive (professions libérales en tête) et d’autres qui bougent géographiquement en France ou à l’étranger (pour raisons professionnelles ou de qualité de vie). Ces mobilités sont encore majoritairement à l’initiative de l’homme même si, semble-t-il, celles initiées par les femmes augmentent. Des mobilités plus ou moins bien acceptées et vécues par celui qui n’en est pas l’initiateur.

Parfois, au sein de ces couples, l’un voudrait travailler plus ou différemment et l’autre moins. L’un voudrait avoir davantage de temps à consacrer à sa vie personnelle et familiale, l’autre voudrait avoir plus de temps à consacrer à sa vie professionnelle ou tout simplement en retrouver une. L’un voudrait avoir davantage de reconnaissance sociale et l’autre davantage de liberté par rapport aux normes sociales. Parfois, l’un ou/et l’autre a du mal à réaliser les contraintes de la vie professionnelle ou quotidienne de son conjoint.

Bref, la conciliation au sein d’un couple est composée de petits et grands arrangements, en fonction de multiples critères personnels et des contraintes économiques, financières, géographiques. Des ajustements et des arrangements qui sont parfois clairement exprimés et discutés et qui, d’autres fois, sont beaucoup plus implicites, voire non-dits ou non discutés (alors qu’ils devraient l’être régulièrement, selon moi !). Des arrangements où les ressentis peuvent être également très différents des faits objectifs…

Je trouve que l’on comprend mieux la difficulté et la complexité à traiter la problématique de la conciliation lorsque l’on est bien conscient de la multitude des facteurs objectifs, subjectifs, personnels et interpersonnels qui entrent en jeu.

En terme de conciliation vie privée / vie pro, il n’existe pas de solution unique, ni de solution parfaite, car il s’agit d’articuler et d’ajuster à la fois des contraintes extérieures, des éléments individuels et des choix de couples.

C’est sans doute pour cela que j’éprouve une certaine méfiance par rapport aux injonctions, aux conseils, aux recettes, aux modèles qui sont proposés…En revanche, que soient présentés des exemples qui puissent être des sources de discussion ou d’inspiration, je pense que c’est une bonne chose et qu’ils peuvent servir à faire évoluer les comportements, les préjugés, les normes, etc.

Et vous, que pensez-vous de cette partition à deux ? Estimez-vous qu’elle soit facile à jouer ? Ou que les notes un peu discordantes sont inévitables à partir du moment où différentes individualités entrent en jeu (celles des adultes, sans oublier bien sûr celles des enfants !) ? Vos réactions sont les bienvenues !

Aller plus loin

– Entre famille et travail : des arrangements de couples aux pratiques des employeurs d’Ariane Pailhé et Anne Solaz

Les couples à double carrière

Quand les membres du couple ne jouent pas la même partition

 

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4 thoughts on “Conciliation au sein du couple : accords et désaccords

  1. Pour moi il a été effectivement difficile d’aborder ce sujet avec mon conjoint. Il souhaitait vivement que je reprenne le travail après mon congé parental, alors que je me serais bien vue rester définitivement à la maison. C’est vrai qu’il y avait un problème financier, peu de familles peuvent vivre avec un seul salaire, mais j’ai ressenti que le poids des préjugés était très fort aussi… Alors j’ai payé des heures de garde pour les enfants (garderie à l’école, baby sitters), j’ai serré les dents, j’ai pris des anxiolytiques pour essayer de desserrer les dents.
    Je me sens coincée dans cette image omniprésente de super woman dont on attend qu’elle s’épanouisse dans son travail, et d’autant plus coincée que je n’arrive pas à trouver un espace où exprimer ce malaise. Il est bien vu de dire qu’il est barbant de s’occuper de ses enfants, mais pas de dire qu’il est pénible d’aller travailler tous les matins.

      

  2. Je suis d’accord : il n’y a pas de règle, et l’équilibre au sein d’un couple dépend de chaque « binôme ». Cependant, nous sommes aujourd’hui, je pense, à une époque qui rend complexe cet équilibre : D’une part, de plus en plus de couples travaillent tous les 2, d’autre part, il y a moins de règles pré-établies. Mon avis est qu’aujourd’hui encore plus qu’hier, il est nécessaire de prendre conscience qu’un couple ne peut marcher que si chaque individu trouve un espace personnel pour s’épanouir individuellement. Même si cela complexifie l’organisation du quotidien !

      

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