Lu pour vous

Un médecin urgentiste explique comment dépasser le stress

Je viens d’achever la lecture du dernier livre de Philippe Rodet, médecin urgentiste (Samu, rapatriements sanitaires) et engagé dans l’humanitaire. Je l’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. Je vous sens méfiant : vous disant probablement encore un livre sur le stress ! Mais celui-là sort du lot, je trouve.

Depuis vingt ans, Philippe Rodet se passionne pour l’interaction entre stress et motivation.
Et le stress, il connaît ! Pressions, coups durs, urgences, manque de moyens, etc. De son métier, Philippe Rodet nous livre ses conseils pour gérer et apprivoiser le stress. C’est vivant, passionnant, humaniste.
Tout ce qu’il écrit sonne juste, c’est crédible, raisonnable, sensé.

Avec humilité, sans utiliser un langage abscons ou des termes compliqués, il présente des pistes simples, pragmatiques, de bon sens (mais malheureusement insuffisamment courantes et répandues), à chaque fois illustrées par des anecdotes tirées de son expérience des urgences médicales en France ou lors de ses missions humanitaires.

Il montre comment ces pistes peuvent s’appliquer dans le monde de l’entreprise mais également à un niveau plus simple, plus quotidien mais tout aussi important : par exemple celui des adultes vis-à-vis des enfants qu’ils ont parfois tendance à stresser, ce
qui aboutit souvent aux résultats inverses de ceux escomptés…:-) 

Parmi ces conseils, il souligne l’importance de savoir encourager ses équipes en partageant les succès (et ne pas se contenter de n’évoquer que les erreurs ou les échecs), d’être positif davantage que cartésien (exemple : même si la raison lui dit que le patient est très mal, il faut y croire et tout faire pour tenter de le sauver), diminuer la pression de l’enjeu (sinon la personne est complètement tétanisée et bloquée), favoriser la solidarité de l’équipe, donner de la liberté d’action, considérer, rendre évidente l’utilité de l’action… En conclusion, Philipp Rodet rappelle qu’il n’y a pas de meilleur remède au stress que l’humain et que la motivation, par le plaisir qu’elle induit, est source de santé et de bien-être.

Bref, je vous le conseille !

Et une citation pour terminer :

« L’optimisme est d’autant plus efficace qu’il est souvent source d’un engagement exceptionnel. Il ne s’agit pas d’être optimiste pour ne pas voir l’avenir tel qu’il est, il s’agit d’être optimiste pour être capable de transformer les soucis en défis. Si les soucis nous abîment, les défis nous subliment. »

Je trouve qu’il a raison de dire qu’il faut aussi savoir parler des choses qui fonctionnent, des bonnes idées, des initiatives porteuses de progrès et de bien-être plutôt de toujours se focaliser sur ce qui nous marche pas, sur ce qui stresse, blesse, démotive, etc.

Se libérer du stress, Philippe Rodet, avril 2010, 148 pages, 17,00 euros 

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7 thoughts on “Un médecin urgentiste explique comment dépasser le stress

  1. @ Céline et Othom : j’ai l’occasion dans le cadre de mon travail de lire régulièement des ouvrages sur le stress et j’ai trouvé que celui-ci était
    vraiment accessible, crédible et pertinent. De plus, découvrir un peu de son métier d’urgentiste est très intéressant. D’ailleurs, je me suis dit que Philippe Rodet aurait pu rajouter un
    conseil pour surmonter le stress : relativiser ! Car lorsque l’on voit les situation vraiment stressantes que les urgentistes doivent affronter (où il est question de vie ou de mort, ou de grave
    handicap), on se dit que relativiser nos coups de stress doit être parfois possible….

      

  2. C’est vrai que les missions humanitaires sont une bonne école pour apprendre à relativiser nos petits soucis d’Occidentaux. Un autre « truc » pour garder le moral : prendre quelques secondes pour
    récapituler les points positifs de la journée. Je le fais tous les soirs, quand je me couche : il y a toujours quelque chose de bon à relever. De petits cailloux qui permettent d’aller plus loin
    🙂

      

  3. @ Florence : bienvenue ici ! chez nous aussi, on applique au moment du dîner le petit principe des plus de la journée (et des moins, pour savoir ce
    qui a blessé, ennuyé, agacé…).

      

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