Témoignages vie privée / vie pro

Entretien avec Maud, chirurgien pédiatre, 40 ans, 2 enfants

En aparté poursuit sa série de témoignages, d’hommes ou de femmes, sur la thématique conciliation vie privée / vie professionnelle. Aujourd’hui, c’est au tour de Maud, chirurgien pédiatre, 40 ans, mariée, 2 enfants de nous dire comment elle vit cette question au quotidien. Merci à elle !



Quel est ton parcours professionnel ?

Après un Bac D, je me suis orientée vers des études de médecine. J’avais des antécédents familiaux puisque mes deux grands-parents maternels l’étaient ! J’ai effectué en tout 12 ans d’études (6 années avant l’internat, 5 d’internat + 1 de recherche). J’ai fait un clinicat qui est une sorte de sur-spécialisation dans un service pendant 4 ans.

Actuellement, je suis à mi-temps au centre hospitalier d’Aulnay sur Bois et à mi-temps à l’hôpital Trousseau à Paris. Mais d’ici 2 mois, je vais changer car les 2 heures de transport le soir pour rentrer d’Aulnay sous Bois commencent à me peser. J’exercerai en libéral dans une clinique à Antony.


Comment as-tu concilié ta vie professionnelle et ta vie personnelle jusqu’à présent ? Dirais-tu que tu es satisfaite de l’équilibre que tu as mis en place ?

J’ai eu mon premier enfant, il y a 4 ans durant mon clinicat. Il n’était alors pas question de lever le pied ! Par exemple, je n’ai pas effectué la totalité de mon congé maternité mais je n’ai aucun regret ou ressenti négatif par rapport à cela. Mon deuxième enfant a un peu plus d’un an. Aujourd’hui, j’ai envie de prendre un peu plus de temps pour ma famille.

Bien sûr, ce n’est pas facile tous les jours. Mais nous avons tout de suite fait le choix d’une nounou à la maison afin que sur le plan organisationnel, cela soit confortable. Cela enlève une grande partie du stress.

Au quotidien, je me sens parfois frustrée de ne pas en faire plus tant au niveau professionnel que familial. Mais je suis contente de ce que je fais. J’aime mon métier et j’ai l’impression de profiter aussi de mes enfants, de pouvoir partir en vacances avec eux, etc.

Quelles sont les principales satisfactions/fiertés que tu retires de ton métier ?

Savoir que l’on est pour quelque chose dans la guérison et/ou le soulagement d’un enfant est très gratifiant. La partie intellectuelle (quelle est la meilleur prise en charge pour tel enfant, comment peut-on améliorer le traitement de telle maladie, comment améliorer notre prise en charge de la douleur ou de telle ou telle complication…) est aussi stimulante. La relation avec les enfant et les parents est souvant enrichissante. Enfin,  pour être sincère, je suis fière de faire le métier que je fais…

Comment faire pour que le fort engagement réclamé par les métiers de la santé (médecins, infirmière) soit compatible avec une vie familiale ?

La chose la plus importante, je crois est que les gens soient heureux de faire le métier qu’ils font. Cela permet de mieux vivre les
contradictions quotidiennes entre le temps passé au travail et l’envie de passer du temps avec sa famille. Sinon, il faut probablement proposer plus de contrat à temps partiel… y compris pour les médecins ! C’est plus facile de ne pas venir une journée par semaine que de partir plus tôt le soir !

Te fixes-tu des limites ?

J’essaie, depuis la rentrée, d’emmener ou d’aller chercher mon fils à l’école une fois par semaine…sinon, j’essaie d’être à la maison à 19h pour relever la nounou en moyenne un jour sur 2. Je ne prends pas plus de 4 gardes par mois.

Estimes-tu que des progrès soient faits dans l’organisation des hôpitaux pour une meilleure conciliation vie privée / vie professionnelle ou au contraire, que la situation actuelle de l’AP-HP rende les choses de plus en plus difficile ?

C’est plutôt de pire en pire : pour le personnel paramédical, les horaires sont de plus en plus souvent variables (un jour de matin, le lendemain d’après-midi…). Pour les médecins, cela dépend : s’ils sont PH (praticiens hospitaliers) et qu’ils prennent les jours de RTT et leurs récupérations de garde, c’est plutôt mieux qu’avant ; pour les autres… c’est comme avant avec en plus la pression de l’administration qui demande de prendre en charge toujours plus de malades avec toujours moins de moyens…


Est-ce un sujet (celui de la conciliation vie privée / vie pro) que vous abordez régulièrement en couple ?

Oui, nous en parlons régulièrement. Mon mari travaille également beaucoup mais il est plus près de la maison et peut parfois travailler à domicile. Cela se passe plutôt bien comme cela. Parfois il trouve cela lourd mais il n’exprime pas non plus de grande insatisfaction !

As-tu le temps de t’offrir quelques moments rien que pour toi ?
Rarement mais cela m’arrive ! Mon luxe est de m’offrir de temps en temps une journée rien que pour moi pour aller voir une exposition par exemple.



En tant que femme active, à quoi es-tu particulièrement sensible et vigilante concernant l’éducation et l’équilibre de tes enfants ?

A la qualité du temps passé ensemble : j’essaie de leur consacrer vraiment du temps quand je suis avec eux, à jouer, lire des livres, inventer des histoires…

J’essaie de leur faire découvrir un maximum de choses : la peinture, la musique, les livres, les ballades en forêt…mais sans en faire trop pour ne pas les « suractiver »

Le respect de l’autre me parait une des notions les plus importante à transmettre. … Au quotidien, ce n’est pas toujours aussi simple !

PS : si certaines personnes souhaitent témoigner à leur tour, qu’elles n’hésitent pas à m’envoyer un petit mail via « contact ».

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5 thoughts on “Entretien avec Maud, chirurgien pédiatre, 40 ans, 2 enfants”

  1. @ Bigre : j’ai respecté la façon dont Maud s’est présentée…j’avoue que par rapport à la féminisation des mots, je laisse à chacune le soin de faire comme elle le souhaite !

      

  2. C’est vrai ça, arrêtons de voir le mal partout. personne de s’inquiéte de féminiser l’expression « sage-femme », et pourtant c’est « maïeuticien » qu’il faudrait dire. Mais les hommes n’en font pas un fromage eux…

      

    1. @Priscilla: C’est faux Priscilla, on emploie le terme « sage-femme » car c’est la femme qui est prise en charge lors de l’accouchement, rien à voir avec le sexe de la personne soignante. On doit (peut) employer les mots « sage femme » pour parler d’un homme.

        

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