Témoignages vie privée / vie pro

Conciliation vie perso / vie pro : Etienne

etiennetemoignageenaparteJe suis très heureuse d’accueillir aujourd’hui le témoignage d’Étienne autour de la conciliation vie perso / vie pro. Comme vous le savez, dans cette rubrique, j’essaye de mettre en ligne à la fois des témoignages féminins et masculins, mais rares sont les hommes à accepter de prendre la parole sur ces sujets là. Pourtant, ils ont souvent des choses très intéressantes à dire et à partager ! Un grand merci donc à Étienne pour sa confiance et pour ce partage !

« J’exerce depuis 17 ans le métier d’avocat, une profession très prenante, liée aux contraintes du statut de profession libérale. Nous essayons mon épouse et moi d’accommoder nos vies professionnelles, personnelles et familiales et j’ai l’impression que nous n’y arrivons pas trop mal !
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être avocat, probablement animé par la volonté d’aider les autres. Pourtant, personne dans ma famille ne l’était. Formé au droit des affaires, les hasards de la vie professionnelle ont fait que je me suis spécialisé en droit social.

J’ai fait mes études de droit à Aix en Provence puis je suis parti un an à Londres dans le cadre du programme Erasmus. J’ai ensuite effectué un service civil dédié à la lutte contre l’exclusion dans les quartiers nord de Marseille. Puis je me suis marié et comme ma femme avait déjà un travail à Paris, je l’ai rejointe ! J’ai commencé dans un cabinet américain dans lequel je suis resté 7 ans, puis j’ai rejoint une structure française pendant 3 ans en tant que collaborateur. Ensuite, j’ai été chassé pour rejoindre une structure française de 50 avocats où je suis devenu associé. J’y suis resté 8 ans. Et il y a 9 mois, je l’ai quittée et je dirige actuellement le département droit social dans un autre cabinet français de même taille.

Dans le cabinet américain, la conciliation vie perso / vie pro était assez difficile car il y avait une très grosse charge de travail. Je savais où je mettais les pieds, en échange, car j’avais une belle rémunération et ce fut une très bonne formation. Durant ces 7 années, nous avons eu nos 3 enfants. Nous avions décidé que je partirais quand nous sentirions que cela devenait trop compliqué à gérer. J’essayais de ne pas travailler le week-end, en revanche, je travaillais beaucoup en semaine. Comme je suis lève-tôt, j’emmenais mes enfants à la garderie puis à l’école, tandis que ma femme prenait le relais de la nounou le soir. J’ai changé de structure lorsque notre 3ème est né. Dans le cabinet français, la charge de travail était un peu moins intense, et il y avait moins la question du décalage horaire avec les clients américains.

Mon métier consiste à accompagner mes clients, des PME essentiellement, dans leurs relations sociales collectives et individuelles, en stratégie, conseil et contentieux. Je les aide dans la gestion des ressources humaines, dans leurs relations avec les instances représentatives du personnel, leurs politiques de rémunération, etc. en ce sens, je contribue à leur performance. Ce qui me fait vibrer ? Quand un client me remercie. La reconnaissance d’un client est toujours éminemment gratifiante.
Je suis souvent appelé en urgence, même si je préfère bien sûr anticiper, prévenir ! Je suis également le réceptacle du stress de mes clients, mais cela fait partie de mon travail de les écouter.
Chaque cas est unique et j’apprécie de pouvoir leur apporter mon expertise, l’expérience que j’ai capitalisée depuis des années sur ces sujets. J’apprécie le travail sur le long terme avec mes clients, la relation de confiance qui se tisse entre nous. Je suis certains d’entre eux depuis 15 ans !

Au début de notre carrière, nous n’avions pas les moyens modernes de travail à distance. Je les vis comme une facilité supplémentaire. Que je travaille de chez moi ou du bureau, peu importe pour mes clients. C’est la même chose pour mes collaborateurs. Avec mes associés, nous pouvons aussi être en lien direct où que nous soyons. Le fait que je sois joignable facilement ou que je puisse au moins leur répondre rapidement, cela déstresse les relations de travail. Avant pendant les vacances, je me demandais toujours ce qui allait se passer tandis que je n’étais pas là. Aujourd’hui, c’est plus fluide.

Avec ma femme, nous essayons de partager nos contraintes professionnelles et l’organisation de la maison. Nous faisons en sorte d’être en phase l’un et l’autre pour organiser notre vie pro et notre vie perso, de sorte que la vie familiale fonctionne. Mais il est vrai que les week-ends passent très, très vite à faire tout ce que nous n’avons pas le temps de faire en semaine.
Lors de son 3ème congé maternité, ma femme a décidé de quitter le salariat pour se mettre à son compte. Elle a lancé une société de conseil en communication pour les professions juridiques (elle est également juriste de formation). Depuis son entreprise a grossi et emploie désormais 5 personnes. Elle est donc également très occupée de son côté.
Personnellement, je suis assez content de notre façon de faire. Après il faudrait également demander à nos enfants ce qu’ils en pensent 🙂 Et à ma femme pour savoir si elle ressent les choses de la même façon que moi.

Je n’ai pas l’impression d’avoir subi aussi bien côté pro que côté perso, mais d’avoir toujours choisi. Et de bien vivre mes choix, de les assumer. Je ne ressens aucune frustration.
J’ai l’impression que ma femme se pose plus de questions : est-ce que j’ai bien fait de me mettre à mon compte ? Est-ce que je consacre suffisamment de temps à mes enfants ? Je ne pense pas que nous vivons exactement de la même façon notre parentalité.
Aujourd’hui, nos 3 garçons ont 16,5 ans, 14 ans et 12,5 ans.
On dit toujours que les petits enfants sont très prenants, mais ils le sont également à l’adolescence, si ce n’est plus ! 🙂 Ils sont très en demande d’échanges. C’est une autre forme de relation, avec beaucoup d’interactions. Je veille à garder des temps pour échanger avec eux. Même si je reconnais qu’au quotidien, c’est surtout ma femme qui gère les enfants, les relations avec les établissements scolaires et l’administratif. Nous sommes aidés par une femme formidable qui assure une présence à leur retour de classes et s’assure qu’ils font leurs devoirs. En revanche, pendant les vacances, je leur consacre beaucoup d’attention.

Les moments privilégiés en famille, ce sont les vacances, la semaine de ski et les vacances d’été. Durant celles-ci, on a toujours un moment rien que tous les 5, voire toutes les vacances. Au début, nous allions dans les résidences secondaires de nos parents respectifs. Puis nous avons commencé à voyager en famille, à partager une expérience de découverte. Afin de ne pas avoir à gérer l’intendance, nous passions par un organisme. Nous avons choisi Terres d’aventures, spécialiste de la randonnée et des treks, dont nous appréciions la philosophie du voyage. La marche libère la parole. Nous avons beaucoup échangé avec nos enfants durant ces moments là. Nous avons ainsi fait le Maroc, la Crète, la Croatie, les Cyclades.

Puis, il y a trois ans, ma femme a trouvé une agence, Double Sens, créée par deux jeunes (cliquer ici pour en savoir plus sur les débuts de leur projet), qui propose du tourisme solidaire, c’est-à-dire une aide directe au développement local avec le relais d’associations sur place.
porcherieL’an passé, nous avons donc testé des vacances « différentes » et sommes partis construire une porcherie au Cambodge, sur une petite île au milieu du Mékong, sans eau ni électricité pendant deux semaines, suivi d’une semaine de tourisme à Angkor. Nous logions dans une famille, nous avions un interprète et des cours de khmer le matin pour apprendre les rudiments et pouvoir échanger un minimum avec la population. Ce fut une expérience très intense. Nous avons construit la porcherie à la main, puisqu’il n’y avait pas de bétonnière, nous avons pratiqué l’excavation à la pelle, et tout cela, avec un taux d’humidité énorme ! Mais nous avions l’impression d’être au paradis. Il y a eu beaucoup d’enthousiasme de la part de nos enfants. (NDLR : Etienne et sa famille ont témoigné de cette expérience dans Pèlerin Magazine, voir l’article. La photo qui illustre ce témoignage a été prise au Cambodge).
Cet été, nous allons partir au Bénin, toujours avec Double Sens, faire de l’animation dans un orphelinat. Les soirs et les week-ends seront libres pour préserver nos moments à 5. Puis nous finirons par une semaine de tourisme et de détente.

Certains pourraient juger nos vacances fatigantes mais pour nous, cela représente une vraie coupure. Cela peut sembler paradoxal mais cela nous repose, nous vide l’esprit. Et nous sommes totalement disponibles pour nos enfants et pour ce que nous vivons ».

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3 thoughts on “Conciliation vie perso / vie pro : Etienne”

  1. Bonjour, j’ai suivi votre article avec attention, votre vie est très chargée, j’adore la facilité de votre plume, vos choix de travail sont probablement étudier sauf que je ne comprend pas pourquoi vous n’avez jamais tenté de travailler seul ? Bref je suis en admiration par votre activité social aussi et vous souhaite une bonne continuation
    Je suis tombé sue le blog par hasard 🙂 et je pense y retourner plus fréquemment

      

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