Paris / province ?

Isabelle, de Paris à Marseille

isaenaparteLa rubrique Paris/province est de retour après quelques mois (années ?) de silence ! Isabelle a quitté Paris il y a un peu plus d’un an pour s’installer en famille dans le Sud, à Marseille. Nous avons échangé par téléphone pour qu’elle puisse témoigner de ce changement de vie. Merci à elle !

Quand et comment s’est prise la décision de quitter Paris et de partir en province ?

En mai 2013, l’entreprise de mon mari lui a proposé une mutation à Marseille. Nous étions alors en train de terminer la dernière tranche de travaux de notre maison, dans laquelle je pensais que nous allions encore vivre quelques années ! Il fallait donner une réponse très rapidement. Au départ, je n’étais pas franchement enthousiaste. Je refusais d’envisager ce changement comme quelque chose de potentiellement bien. Alors que beaucoup de monde autour de nous ne rêvait que de cela, moi, j’hésitais ! Puis, je me suis rendue compte que je n’appliquais pas à moi-même ce que j’expliquais lors des formations que je donnais autour de la conduite du changement. J’ai également réalisé que Marseille, ce n’était pas le bout du monde, et que je pourrais continuer à travailler avec mes clients parisiens. Je me suis également dit que pour les enfants, cela serait une expérience intéressante.

Par ailleurs, nos conditions de vie à Paris étaient quasiment idéales. Nous vivions dans une grande maison en proche banlieue, où existait une ambiance de village. Je n’imaginais pas que nous quitterions cela. Ce n’était pas un projet mûri depuis longtemps, comme cela est le cas pour certaines personnes.

Comment cela s’est-il passé concrètement pour toi et ton conjoint ? Au niveau financier, avez-vous eu l’impression d’y perdre par rapport à Paris ?

Une fois la décision prise, tout s’est fait très vite. Nous avons cherché une maison à distance. La difficulté est qu’il y a très peu de maisons en location. En plus, nous ne connaissions pas du tout Marseille. On nous avait conseillé de chercher dans les 7,8 ou 9ème arrondissements. Quelques personnes nous avaient également fait un peu peur (à tort) en nous disant « le sud c’est bien, mais Marseille, ce n’est pas terrible ». Parallèlement, nous avons vendu notre maison, tout aussi rapidement, en 4 semaines.

Puis nous avons trouvé une école pour notre fils qui rentrait en CE1. C’était important que nous puissions lui montrer son école durant l’été. Au départ, pour lui, son monde s’écroulait, il ne voulait pas partir, ce fut très dur. Ma fille, à qui on lui avait dit qu’on aurait plus de soleil, a accepté l’idée plus facilement !

Nous avons eu une mauvaise surprise concernant notre maison. En arrivant, nous avons constaté que les combles étaient louées alors que cela n’avait été nullement indiqué ni dans l’annonce ni par l’agence immobilière par laquelle nous sommes passés. Il se trouve que nos voisins sont très bruyants. Comme nous n’aimons pas plus que cela ni le quartier ni la maison, nous avons acheté une maison dans le 4ème arrondissement et l’été prochain, nous nous y installerons après quelques travaux. Cela nécessitera de changer à nouveau d’école mais nos enfants le prennent bien car ils savent qu’ils pourront toujours voir leurs copains.

Comment s’est passée votre installation en province ? Le plus agréable ? Le plus dur ? Les bonnes surprises ? Les déconvenues ?

Pour mon mari, ce déménagement a été plus compliqué pour que pour moi. Pour lui, cela a été un vrai changement, même s’il était dans la même entreprise. Il découvrait un nouveau métier et une nouvelle culture de travail. Il lui a fallu six mois pour prendre ses marques et apprécier cette nouvelle vie.

Pour les enfants, cela s’est très bien passé. Dès le premier soir d’école, mon fils m’a annoncé s’être fait déjà 3 copains ! En plus, alors que nous étions dans une grande école en région parisienne, ils sont maintenant dans une petite école, avec une classe par niveau, des professeurs très impliqués, et un directeur dynamique. Je pense que ce changement de vie est vraiment une chance pour eux.

Pour moi, cela a été différent de mon mari, car avant même d’arriver à Marseille, j’avais pensé à tout en terme de contraintes. J’avais anticipé tout ce que cela allait impliquer pour moi, notamment en terme de déplacements, d’organisation. Le fait qu’il faudrait rentabiliser mes déplacements sur Paris, prévoir le logement pour la veille au soir, prendre mes billets à l’avance, prévoir une baby-sitter pour les enfants, etc.

J’avais sondé mes clients qui m’avaient dit que mon déménagement ne leur posait pas de problème. J’ai notamment une cliente anglaise avec qui je travaillais déjà à distance, cela ne change rien. Je fais toujours mes formations à la Défense, à Paris. Le seul bémol c’est qu’auparavant mes futurs clients arrivaient par mon blog via la rubrique Contact. Depuis que j’ai indiqué mon localisation à Marseille, j’ai moins de clients parisiens et pour le moment, un seul client marseillais m’a appelée. De plus, il me faut sans cesse renouveler mes clients car j’effectue majoritairement des missions ponctuelles, et peu récurrentes.

Il va falloir que je me lance dans la prospection ce que je n’avais pas eu besoin de faire à Paris.

De plus, à Marseille, je n’ai pas trouvé les réseaux professionnels que j’avais à Paris. Lorsque je vivais dans les Hauts de Seine, j’étais allée à la CCI, qui m’avait mis en contact avec un réseau d’entrepreneurs local (il n’existe plus depuis). Je participais également aux Cafés des freelances organisés par Dominique Dufour. Ici, la CCI ne m’a rien proposé. J’ai réussi à rencontrer d’autres freelances. Mais la situation est difficile pour beaucoup d’entre eux. Je me suis également rendue compte que les tarifs étaient beaucoup plus bas qu’en région parisienne et que les grandes entreprises locales voulaient travailler avec des agences parisiennes. Par exemple, une campagne de valorisation de l’entrepreneuriat à  Marseille va être prochainement réalisée par une agence parisienne. C’est agaçant ! Enfin, à Marseille, cela marche beaucoup par relations, et il faut du temps pour en nouer !
Cependant, j’ai envie de m’impliquer localement et de travailler pour des clients locaux.

Concernant la conciliation vie privée / vie professionnelle, estimes-tu que la vie en province la facilite ou pas ? Pourquoi, en quoi ?

Pour moi, c’est plus compliqué car je dois parfois partir plusieurs jours de suite alors qu’avant je partais à la journée. Mes enfants n’aiment pas trop cela et moi non plus. Mais le point positif, c’est que mon mari s’implique davantage auprès des enfants. Il a pris des mercredis lorsque j’étais en déplacement, alors qu’avant, j’avais l’impression de m’en occuper beaucoup plus toute seule ! Et mes enfants sont moins en demande de moi ! Je trouve ça bien.

L’autre point positif est la qualité de vie que nous avons à Marseille. L’été dure plus longtemps qu’ailleurs, et il y a plein de choses à faire le week-end. A Marseille, nous avons les avantages de la grande ville, mais avec en plus, le bord de mer !

Et si c’était à refaire… ?

On a tous appris de cette expérience. Je trouve que c’est très positif. Même si cela n’est pas toujours évident au niveau professionnel pour moi, je suis sûre que cela va s’arranger.

Quels conseils pourrais-tu donner aux personnes qui rêvent de s’installer en province ?

Probablement de se laisser un peu de temps pour mûrir leur projet, bien choisir l’endroit… même si je constate que pour nous aujourd’hui « c’est fait » sans jamais avoir été un projet, alors que nous avons de nombreux copains en région parisienne qui en parlent depuis au moins 10 ans ;-). C’est mieux aussi d’avoir déjà des amis ou de la famille sur place, parce que ça aide à prendre vite des repères. Quoi qu’il en soit, si c’est un rêve, il faut le réaliser… parce que cela n’a rien d’insurmontable de s’installer à l’autre bout de la France !

Vous pouvez retrouver Isabelle sur son blog

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2 thoughts on “Isabelle, de Paris à Marseille

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