Témoignages vie privée / vie pro

Conciliation vie privée / vie pro : « Maman débordée » témoigne

Au gré de mes promenades sur Internet, j’ai découvert le blog Chroniques d’une maman débordée. En lisant certains de ses billets où elle évoque une vie professionnelle nerveusement difficile et son envie de concilier autrement vie personnelle et travail, j’ai eu envie de la faire témoigner. Elle a accepté de répondre à mes (nombreuses) questions. Un grand merci à elle ! Et je lui souhaite de trouver bientôt les ingrédients d’une nouvelle recette qui lui correspondra…

Pouvez-vous nous présenter en quelques lignes votre parcours personnel et professionnel ?

Après avoir effectué des études en tant qu’institutrice maternelle, j’ai décidé de chercher un travail dans le secteur marchand. Après avoir fait une formation de commerciale en interne, j’ai effectué un stage de 3 mois dans une agence d’intérim ce qui m’a beaucoup plu. J’ai donc cherché un poste en tant que consultante en intérim. Je suis dans ce secteur depuis 2007.

Etes-vous actuellement plutôt satisfaite ou insatisfaite de la façon dont vous conciliez (ou pas) vie pro et vie perso ?

Pour ma part, la conciliation vie professionnelle/vie privée a été franchement difficile. Je dirais donc que je suis assez insatisfaite.

Avez-vous eu l’impression d’avoir fait des concessions dans une sphère ou dans une autre (pro ou perso) au cours de votre parcours ? Si oui, les regrettez-vous ?

Oui, j’ai fait des concessions au sein de ma famille pour ma vie professionnelle, comme être obligée de confier mes enfants tôt le matin ou tard le soir pour « être professionnelle et polyvalente » , ou aller travailler alors que mes enfants étaient malades, etc. Je sais que beaucoup de femmes vivent ces expériences sans que cela les angoisse, mais moi, cela m’a posé des problèmes de « conscience maternelle ». Je crois que c’est surtout une question de caractère.

Que représentait pour vous votre métier et plus globalement la vie professionnelle ? Vous avez fait un burn out professionnel il y a quelques mois. Quels ont été les éléments qui vous ont amené à “craquer” physiquement et mentalement ? Actuellement, vous envisagez une reconversion professionnelle. Avez-vous déjà des idées sur votre nouvelle orientation professionnelle ?

Dans mes « modèles » féminins, toutes ont été des femmes actives. Il était donc normal pour moi de travailler. Avec en plus ce « poids » de réussir là où elles ne l’avaient pas fait. Ma maman travaille dans un secteur alimentaire, et voulait que ce ne soit pas mon cas, rêvant pour moi d’un emploi « de bureau ». Et puis la société d’aujourd’hui veut que la femme soit active et débordée. J’ai donc tout fait pour atteindre cet objectif.
Et bien entendu, lorsque j’ai commencé cet emploi, il était carrément le centre de mon univers. Ce genre de travail réclame beaucoup d’investissement, ce secteur demande énormément à leurs employés : d’être polyvalent, orienté clients et candidats, avoir l’esprit commercial et être très calé au point de vue administratif… et surtout , il faut être toujours sur la brèche : manger intérim  dormir intérim  penser intérim 24 heures sur 24, afin de ne rater aucun potentiel client. Avant d’être maman, je n’avais jamais pris conscience que cela deviendrait un réel défi une fois le bébé arrivé. Mais en revenant de mon congé de maternité, forcément mes priorités avaient changé. Je me donnais toujours autant dans mon travail, mais en dehors, je voulais surtout être une maman.
Oui, il y a presque 2 mois, j’ai fait un burn out professionnel. Le stress intense généré par des clients et des candidats exigeants, une direction oppressante vue la conjoncture économique, la charge de travail étant de plus en plus importante, des heures sup’ accumulées et une culpabilité maternelle ont eu raison de mes réserves physiques et mentales.
Aujourd’hui, je commence à aller mieux et je reprends goût à ma vie. je me retrouve en tant que femme, maman et épouse, ce qui me manquait énormément vu l’investissement que mon travail me demandait.
Je souhaite effectivement me réorienter professionnellement, pour trouver un emploi dans lequel je me sentirais utile, et pas seulement pour le chiffre d’affaire que je génère. Et où je pourrai concilier vie professionnelle et vie familiale.
Je vais me faire aider par une société qui s’occupe d’orienter les personnes après avoir passé divers tests de personnalités. Pour l’instant je n’ai pas vraiment d’idées de mon orientation future. Une chose est sûre, ce sera très différent de mon précédent emploi.

Vous vivez en Belgique. Est-ce que le sujet de la conciliation vie privée / vie pro est un sujet dont s’emparent les entreprises ? Sur quels sujets aimeriez-vous que des efforts soient faits de la part des employeurs ? Avez-vous l’impression qu’en France, la problématique soit abordée différemment ?

Fondamentalement parlant, je ne crois pas que le problème se limite à la Belgique. C’est vraiment un problème de société actuel. Je crois que les employeurs ne veulent pas prendre en considération la maternité de leurs employées parce qu’ils ont certainement l’impression que changer leurs mentalités rendrait leur société moins rentable. Or je pense que c’est absolument tout le contraire ! Si on tentait de mettre des choses en place pour essayer de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle, les femmes seraient certainement mieux dans leurs vies et on pourrait éviter les burn-out ou ce genre de chose. Je crois que l’on gâche vraiment des talents en se voilant la face.

Par rapport à vos enfants et à leur éducation, qu’est-ce qui vous semble important ? Sur quels points êtes-vous vigilante/attentive ? Qu’est-ce qui vous semble le plus compliqué par rapport à eux dans le fait de travailler ?

Je trouve important que mes enfants sachent que l’on peut s’épanouir dans sa vie en tant que personne active, mais aussi que la famille est une chose primordiale.
Au point de vue de leur éducation, je tente surtout et simplement de les élever dans l’amour et le respect. Nous tentons de leur mettre des limites, de les éveiller au bonheur et qu’ils s’épanouissent en sachant que leur papa et moi seront là pour les soutenir dans leurs choix. Je crois que le plus difficile justement en travaillant, c’est qu’ils soient conscients que nous sommes là pour eux, car en rentrant il y a encore beaucoup de choses à faire dans une maison.

La conciliation vie privée / vie pro, est-ce un sujet dont vous parlez régulièrement en couple ? Y a-t-il des sujets sur lesquels vous êtes en désaccord, voire en conflit ?

Forcement ces derniers temps oui, nous en parlons beaucoup, c’est LE thème de ma vie pour l’instant. En général , mon mari et moi communiquons beaucoup, et je crois franchement que c’est une des clefs de la pérennité d’un couple. Nous n’avons « que » 6 ans de mariage mais quand même 9 ans de vie commune et 12 ans de couple.
Mon mari est très sensible à mon bonheur, et voudrait vraiment que je trouve un emploi qui m’épanouisse et qui me permette d’être heureuse, en tant que maman et en tant que femme. Comme tous les couples, nous sommes parfois en désaccord, mais le fait de parler règle généralement les conflits. Nous avons un point d’honneur : ne pas nous endormir fâchés 🙂

Comment vous projetez-vous d’ici quelques années par rapport à cette articulation vie privée / vie pro ?

Dans quelques années ? Je ne dis pas que je me projette mais j’espère avoir trouvé ma voie (car il est important de préciser que je veux toujours être une femme active ), être toujours avec l’homme de ma vie et avoir un 3ème bébé. Du bonheur, de la joie et des couches-culottes 🙂

Un petit mot pour conclure… ?

Pour conclure ? Je dirais que chaque femme est différente et a donc des besoins différents, mais qu’il ne faut surtout pas s’oublier dans le tourbillon de la vie « à la working mum » et qu’il faut s’écouter et se respecter en tant que femme, épouse et mère. Je l’ai compris depuis mon burn-out, nous ne sommes pas toutes faites pour les mêmes vie, quoique la société essaye de nous faire croire!

 

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3 thoughts on “Conciliation vie privée / vie pro : « Maman débordée » témoigne

  1. Merci pour cet article qui me fait découvrir cette « Maman débordée » 🙂 Je hoche la tête tous les 2 mots : oui, nous sommes dans une société où c’est normal d’être stressée et tiraillée entre sa vie pro et familiale, et oui, comme on gâche des talents en n’offrant pas plus de souplesse au travail pour les parents!
    Merci à « elle » pour ce témoignage très intéressant, et bon courage pour la suite : quand on cherche une solution, on finit toujours par la trouver! Je suivrai son blog pour savoir la suite!

      

  2. Je suis ravie de lire ce témoignage (même s’il est révélateur d’un mal être ressentie par beaucoup de femmes…et d’hommes mais ils ne se l’avouent pas …encore). Je suis toujours très étonnée de lire autant d’articles qui parlent de ce sujet de conciliation vie pro et perso, d’entendre des experts en parler mais personne n’aborde encore l’une des solutions: la conciergerie d’entreprise. On nous parle de crèches (mais toutes les femmes et tous les hommes n’ont pas obligatoirement le désir d’enfant), mais jamais de solutions sur le plus long terme. car la conciergerie d’entreprise peut aider ceux qui sont parents ou non, ceux qui ont des enfants en bas âge, ou non, les femmes qui font encore la majorité des taches liées au foyer, et les hommes pour qu’ils apprennent à s’investir sans trop d’effort.
    La Conciergerie Durable y ajoute des valeurs qui sont chères aux femmes (mais à certains hommes aussi…attention aux stéréotypes): le respect de valeurs liées aux hommes (travail des personnes handicapées, en insertion, des seniors), à l’environnement (produits et services écologiques), au développement économique local (artisanat), à la qualité de vie…

    Beaucoup trop d’hommes répondent encore « ça c’est ma femme qui s’en charge », mais leur femme a certainement mieux à faire, pour les enfants, le foyer, mais aussi pour elle que de chercher et aller au pressing, chez le cordonnier, trouver une retoucheuse, un artisan ou ESAT qui retape les chaises, un plombier…

    Il devient urgent que les entreprises comprennent combien elles ont à y gagner en offrant ce type de services à leurs salariés (ho et fe) et que cela ne représentent pas un coût mais un investissement pour leur productivité, leur image de marque, leur ancrage territorial, le développement économique local…

      

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