Lu pour vous

Le camion et la poupée : l’homme et la femme ont-ils un cerveau différent ?

Pour poursuivre la réflexion initiée dans deux précédents billets autour du débat sur le sexe du cerveau, j’ai lu « Le camion et la poupée, l’homme et la femme ont-ils un cerveau différent ? » de Jean-François Bouvet (Flammarion, septembre 2012, 19 euros). J’en ai eu l’idée en parcourant le dossier sur ce sujet du magazine Books dans ma librairie fétiche.

Pour information, Jean-François Bouvet est agrégé de sciences biologiques, docteur ès-sciences et professeur honoraire de chaire supérieure. Il a effectué des recherches en neurobiologie pendant une dizaine d’années.

Pourquoi a-t-il écrit ce livre ? Parce qu’il déplore que « le débat se tienne trop souvent aux frontières perméables de la science et de l’idéologie ». Il ajoute plus loin : « Disserter sur la sexualisation du cerveau revient à parcourir un champ de mines où la « supposée » rigueur scientifique le dispute aux rigueurs du politiquement correct et où il est difficile de prétendre au graal de l’objectivité. Ce qui n’interdit pas d’essayer ». J’apprécie ce discours car je partage les mêmes impressions que lui.

Son objectif est de montrer que l’état de la recherche actuelle démontre une incidence du facteur génétique sur la sexualisation du cerveau humain, sans pour autant nier ou sous-estimer l’influence culturelle et la plasticité du cerveau.

Il rappelle en préambule les différents acteurs du débat : d’un côté, les personnes qui proposent un modèle de cerveau-nature, précâblé sous l’empire des gènes et des hormones sexuelles (exemple : Doreen Kimura) et de l’autre, les papesses des gender studies qui proposent un modèle de cerveau-culture, qui invalident l’idée de sexe pour lui substituer celui de genre, genre socialement construit, fruit des schèmes dominants de nos sociétés, de la pression culturelle dont celle de l’éducation (exemple : Judith Butler). Entre ces deux courants, on trouve Catherine Vidal, neurobiologiste française (citée dans mes billets précédents), qui sans nier l’existence de différences anatomiques et fonctionnelles entre cerveaux d’homme et de femme, les cantonne à la sphère sexuelle, le reste n’étant que réponse biologique individuelle à la pression du milieu – en particulier socio-culturel, à l’apprentissage, à l’éducation, au conditionnement… Elle propose un modèle de cerveau-pâte à modeler, un cerveau qui a d’abord et avant tout une plasticité. Il note à propos de Catherine Vidal son omniprésence médiatique qui a pour effet de verrouiller le débat, selon lui. « C’est généralement à elle qu’on fait appel lorsqu’il s’agit de parler de sexe du cerveau… ou plutôt de non-sexe (…). « Son discours est bien construit et généralement instructif, malgré quelques arguments contestables. En revanche, il fait l’impasse sur nombre de données récentes – en particulier de nature génétique ou hormonale – qui n’abondent pas dans son sens. Or l’auteur écrit « avoir toujours éprouvé une certaine méfiance vis-à-vis du du mainstream (courant dominant), de la pensée unique, des positions monopolistiques, des idées reçues, du politiquement correct et du prêt à penser, fût-il bien emballé. D’où l’envie de creuser la question ». Lorsque je lis cela, j’ai envie de continuer 😉

Après cette longue introduction, voici les principaux points de son livre (sous forme essentiellement de citations de l’auteur – mais bien évidemment, je vous invite cordialement à le lire en entier !) :

– il rappelle que la quasi-totalité du programme génétique est commun aux deux sexes, « l’homme et la femme ne diffèrent que par une poignée de gènes (de l’ordre de 0,1%), tous situés sur le chromosome Y (par comparaison, la différence génétique entre un homme et un chimpanzé est de l’ordre de 10%). Mais la manière dont s’expriment les gènes est au moins aussi importante à prendre en considération que leur nature et leur nombre. Or, existe-t-il des différences d’expressions génétiques entre les sexes, pour les gènes que nous possédons en commun ? Oui – y compris dans notre cerveau, répond-il.

– la maturation du cerveau féminin apparaît plus précoce que celle du cerveau masculin (sans qu’elle soit pour autant achevée à ce stade).

– le cerveau de l’homme est en moyenne plus volumineux et plus lourd (environ 1 450 g) que celui de la femme (1 300 g). Plusieurs auteurs, dans un discours mêlant allégrement sexisme et racisme, ont voulu y voir la raison objective d’une prétendue infériorité intellectuelle de la femme » (exemples : Paul Broca, Gustave Le Bon). Cette différence de taille moyenne est simplement liée à la corpulence générale de l’individu. D’autre part, on sait maintenant que l’efficacité cérébrale est moins affaire de nombre absolu de neurones (cellules nerveuses) que de nombre de synapses (connexion entre ces éléments). Conclusion de l’auteur : l’histoire des sciences nous apprend que la biologie peut être polluée par l’idéologie.

– Pour la suite de son propos, Jean-François Bouvet indique qu’il se référera prioritairement aux travaux (essentiellement anglo-saxons, très peu de français) réalisés sur un nombre important d’individus car une étude statistique portant sur une population trop limitée peut aboutir à une conclusion totalement erronée. Toutes les références des études citées sont à la fin de son ouvrage.

– Il existe des différences anatomiques entre les cerveaux masculins et féminins (exemple hippocampe plus développé chez les femmes que chez les hommes) mais elles sont limitées. De plus, il est périlleux de relier telle ou telle différence fonctionnelle cérébrale, comportementale ou autre, à une différence anatomique.

– L’auteur s’intéresse ensuite aux techniques qui permettent de visualiser l’activité cérébrale (la TEP et l’IRM). Ces techniques ont mis en évidence ou confirmé des différences d’activité entre les deux côtés du cerveau pour certaines fonctions. Différences qui ont pu conduire à qualifier l’hémisphère droit d’émotionnel-globalisant et le gauche de logique-analytique. Mais attention, le fait qu’une zone soit spécialement active dans tel ou tel contexte ne signifie évidemment pas que le reste du cerveau soit au repos. Donc leur appliquer ces qualificatifs apparaît quelque peu abusif.

– Outre la mise en évidence de différences inter-hémisphériques, l’imagerie cérébrale a fourni des résultats surprenants quant aux modes de fonctionnement des cerveaux masculin et féminin : pour ce qui relève de certaines tâches, ou dans certains contextes, les zones actives ne sont pas les mêmes chez la femme et chez l’homme.

– Au final, si les différences entre le cerveau des hommes et celui des femmes apparaissent comme limitées, tant sur le plan structural (anatomique) que sur le plan fonctionnel, elles sont néanmoins réelles…Reste la question de savoir comment elles sont générées.

– Si elle n’est pas seule en cause, l’influence hormonale semble déterminante. Il apparaît que les hormones sexuelles conditionnent le développement du cerveau, qu’elles lui impriment leur marque (densité neuronale, câblage…), même chez l’adulte. Les fluctuations hormonales ont une influence sur le fonctionnement cérébral féminin.

– Deux questions demeurent : les aptitudes cérébrales des hommes et celles des femmes sont-elles exactement les mêmes ? Quel est le poids des facteurs culturels dans leur développement chez les deux sexes ?

– Les résultats à différents tests de QI (de logique, de calcul, etc.) montrent qu’il existe des différences statistiques entre les sexes. « Le nier serait ridicule mais il le serait tout autant d’y voir les bases objectives d’une sorte de prédestination sociale des hommes et des femmes ». Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit que de moyennes, lesquelles ne rendent pas compte des larges variations entre les individus. Les différences au sein d’un groupe d’hommes ou de femmes excèdent le plus souvent largement les différences statistiques entre les sexes. Les statistiques mettent en évidence des tendances globales, et non des qualités individuelles. Reste quand même ces tendances globales concernant les aptitudes cérébrales des hommes et des femmes. Comment expliquer une telle différenciation ? A-t-elle une base biologique ?

– Il semblerait que la différenciation des aptitudes selon le sexe repose bel et bien, au moins pour certaines d’entre elles, sur celle du cerveau, en particulier au moment de l’adolescence. L’acquisition d’un « sexe » par le cerveau ne saurait être mise entièrement sur le compte de l’éducation ou de la culture.

– Une affaire de pression culturelle ou seulement de facteurs biologiques ? (titre d’un chapitre) Par exemple l’éducation peut-elle influer sur la différence de capacités spatiales entre hommes et femmes enregistrées dans diverses études ?

– Il cite différentes études qui montrent que les stéréotypes – en particulier celui de l’infériorité supposée des femmes en mathématiques – ont la capacité de créer de toute pièce la réalité qu’ils prétendent décrire. Des études semblent montrer l’influence des représentations qu’on se fait de soi et de son genre. Pour réussir en mathématiques, les filles doivent donc vaincre la menace du stéréotype, menace à laquelle les garçons n’ont pas à faire face. Il écrit que l’intériorisation des normes attachées à leur genre peut avoir un coût pour elles. Par exemple, une certaine forme d’inhibition lorsqu’il s’agit d’assumer publiquement une position dominante.

Cerveau plastique : une performance peut être considérablement améliorée par l’exercice et l’entraînement grâce à l’étonnante plasticité du cerveau humain, qu’on soit homme ou femme. D’où le rôle fondamental des interactions de l’individu avec son environnement, tant physique que social. On est loin d’un modèle cérébral pré-câblé et formaté. On peut améliorer son cerveau par l’exercice cérébral.

– Tout au long de l’histoire d’un individu, son cerveau accumule les traces de son environnement physique et social. Par exemple, apprendre une langue étrangère ou à jongler avec trois balles modifie la structure du cerveau.

Notre espèce tend à s’affranchir des strictes intimations génétiques – et, plus largement, biologiques – pour laisser de plus en plus de champ aux influences socioculturelles. La distinction d’aptitudes respectives censées se développer de façon privilégiée chez les femmes ou chez les hommes ne présente qu’un intérêt limité, puisque l’étonnante plasticité dont fait preuve le cerveau humain lui permet en principe de potentialiser rapidement par l’entraînement telle ou telle desdites aptitudes. Pourquoi en parler alors ? Parce que malgré cette plasticité – et ce quelle qu’en soit l’origine – des différences entre les sexes persistent…en moyenne et en moyenne seulement. Pression culturelle sur les performances attendues ? Pas seulement, semble-t-il. Car les neuropsychologues constatent que la différenciation s’exprime précocement, ce qui renforce la thèse de facteurs biologiques dessinant une trame cérébrale légèrement différente. Certains tests révèlent en effet dès l’âge de 6 ans, des différences marquées entre les aptitudes mentales des garçons et celles des filles. Reste qu’il apparaît difficile d’infirmer a priori une influence culturelle dans la différenciation entre sexes des aptitudes mentales. Le développement de telle ou telle aptitude peut être valorisé, privilégié, encouragé – ou découragé – chez l’un ou l’autre sexe.

Cerveau empathique : y a-t-il égalité entre les sexes en matière d’empathie ? A tout âge, les femmes apparaissent plus performantes que les hommes dans les tests impliquant la reconnaissance d’une émotion sur un visage. Ces différences apparaissent dès l’enfance et s’amplifient au cours du développement. Un test a montré que l’injection de testostérone diminuait chez la femmes l’aptitude à décrypter les émotions d’autrui. Cependant l’auteur indique que le faible nombre de femmes étudiées limite le crédit que l’on peut accorder aux conclusions de cette étude.

– Il est parfois difficile de démêler nature et culture. Exemple : le gyrus (bande corticale située à la base du cortex frontal) plus développé des femmes est-il la cause de leur sensibilité sociale, ou la conséquence de leur appartenance à un genre plus porté sur l’empathie…ou les deux ? Le fait qu’une différence soit biologique ne signifie pas qu’elle est entièrement « précâblée ».

Cerveau sexuel : l’auteur indique les principales différences homme/femme en matière d’activité cérébrale liée aux caresses, au plaisir sexuel. Des études montreraient une « spectaculaire désactivation d’une grande partie du cerveau féminin au cours de l’orgasme ».

Cerveau maternel ou (néo) paternel : à partir du moment où les hommes deviennent pères, on peut mesurer une chute du taux de testostérone, surtout lorsqu’ils s’occupent effectivement de leur enfant. Mais rien ne permet de prouver que c’est bien l’importance du temps consacré aux enfants qui induit une diminution de cette hormone, et non l’inverse.

– Une différence fondamentale : chez la femme, c’est le bain hormonal de la grossesse qui la prépare aux futures exigences de la maternité, chez l’homme, c’est la paternité, le contact avec l’enfant, qui déclenche une variation hormonale. Une baisse du taux de la testostérone pourrait favoriser la relation père-enfant, en potentialisant l’empathie paternelle. Chez les femmes qui ont eu un enfant, on assiste à des changements anatomiques non négligeables de leur cerveau avec la croissance de certaines structures cérébrales. On en revient à cette étonnante plasticité ! En matière de comportement maternel et paternel, on est – les « nouveaux pères » en témoignent- à la frontière du culturel et du biologique.

Cerveau camion ou cerveau poupée ? : le débat sur les préférences des filles et des garçons n’est pas totalement clos. Préférences stéréotypes dictées par la culture affirment les uns ; question de biologie du cerveau, rétorquent les autres. Sont-ils le fruit d’un conditionnement ou faut-il admettre qu’il existe des différences, sans pour autant les imposer ou les amplifier. Différentes observations semblent confirmer que le conditionnement culturel – si souvent invoqué et à juste titre – n’est pas forcément déterminant. Des études (notamment avec des singes à qui on aurait proposer différents jouets humains et qui auraient plutôt reproduit le clivage mâles/camion, femelles/poupée) montreraient qu’il y aurait quelque chose d’inné, avec une part ancestrale. L’auteur évoque alors en deux mots la psychologie évolutionniste pour qui la vie psychique ne résulte pas seulement d’interactions avec l’environnement extérieur : elle dépend aussi largement de dispositions mentales innées résultat d’un processus de sélection naturelle. Certaines dispositions mentales apparaissent davantage comme des reliquats de l’évolution que comme des adaptations nécessaires à la survie. Il comprend la méfiance des féministes vis-à-vis de celle-ci, du moins de ses caricatures et dérives, lorsqu’elles prétendent assigner aux deux sexes des rôles préétablis par une longue évolution.

Cerveau agressif : en matière d’agressivité, une différence entre les sexes semble se manifester très précocement. Facteurs biologiques impliqués ou culturels ? Différentes études montreraient que la testostérone stimulerait l’agressivité mais « la promotion sociale peut emprunter des voies alternatives, si les contextes se font plus complexes, chez l’homme en particulier. On peut imaginer que l’hormone puisse favoriser le jeu d’autres partitions…l’agressivité restant l’arme de ceux qui n’en ont pas d’autres.

Cerveau sur le divan : de nettes différences hommes/femmes existent dans le domaine des maladies mentales en terme de fréquence, d’âge d’apparition, de symptômes, de thérapies efficaces, etc. (exemples : autisme, dépression, schizophrénie…).

Le dernier mot de la génétique : les hormones ont souvent été évoquées pour tenter de cerner l’origine de la sexualisation du cerveau. Qu’en est-il de l’impact de l’équipement génétique des cellules cérébrales humaines sur la mise en place de la structure du cerveau ? Ce qui revient à s’interroger sur les modalités – selon que l’on est homme ou femme – de l’expression des gènes dans cet organe. Une étude de Hyo Jung Kang menée sur un millier d’échantillons de tissus cérébraux et publiée dans la revue Nature en octobre 2011 a montré que plus d’une centaine de gènes communs à l’homme et la femme s’expriment différemment selon le sexe. Pour la plupart d’entre elles, ces différences d’expression génétique se manifestent avant la naissance. Il apparaît donc que la construction des cerveaux masculin et féminin ne « lit » pas les instructions du programme génétique commun aux deux sexes exactement de la même façon. Sachant que les différences ne sont sans doute essentiellement perceptibles qu’à l’échelle cellulaire, voire moléculaire.

Conclusion : aujourd’hui, la question n’est donc plus tant de savoir si les cerveaux masculin et féminin diffèrent – ils diffèrent – que de savoir à quel degré. Il reste encore beaucoup de chose à chercher, découvrir, préciser..voire réviser concernant le cerveau humain. A l’échelle cellulaire, le réseau mouvant des quelque cent milliards de neurones et cent mille milliards de synapses qui constituent notre cerveau reste encore largement insaisissable par la connaissance humaine.

Et pour finir, l’auteur s’interroge :

« Pourquoi l’égalité des sexes devrait-elle absolument passer par le fait qu’ils soient cérébralement identiques, hors les zones impliquées dans la reproduction. Confrontées à l’évocation de différences cérébrales entre hommes et femmes, nombre de féministes s’arc-boutent sur une position de défiance, voire de déni systématique. On peut les comprendre si l’on considère les inepties ahurissantes qu’ont pu proférer à ce sujet des scientifiques aussi prestigieux que Paul Broca et d’autres avant ou après. Pour ces féministes, la divulgation de tels faits scientifiques – fûssent-ils avérés – ne peut que conforter la position de celles et ceux qui considèrent que notre destin biologique est là pour nous orienter vers tel ou tel destin social – autrement dit, que la répartition des rôles est socialement justifiée parce que biologiquement déterminée. Pourtant, ces travaux ne devraient aboutir, si l’on fait preuve d’un minimum d’honnêteté intellectuelle, à l’idée d’une prédestination sociale des deux sexes. Car force est de constater que les différences d’aptitudes cérébrales au sein d’un groupe d’hommes ou d’un groupe de femmes excèdent le plus souvent largement les différences statistiques entre les sexes. Et puis, nous l’avons vu l’étonnante plasticité dont fait preuve le cerveau humain lui permet de potentialiser par l’entraînement telle ou telle attitude. Reste que la plasticité neuronale travaille sur une matrice constamment sous l’influence des hormones sexuelles et génétiquement programmée. Dans ces conditions, brandir à tout bout de champ, à la manière d’un étendard, cette plasticité pour nier quasi toute différence cérébrale entre hommes et femmes – comme le fait Catherine Vidal dans ses conférences – revient à une forme de militantisme faisant largement l’impasse sur l’inné devant un public d’autant plus acquis qu’on ne lui livre qu’une partie de l’information. En fait, loin de s’opposer, inné et acquis sont indissociables. Le cerveau est bien plus qu’un organe : c’est une entité bioculturelle. Il serait tout aussi inepte de nier le bio que le culturel. On a trop tendance à sous-estimer l’un ou l’autre, et souvent même les deux. L’être humain apparaît comme une subtile intrication de nature et de culture. Car l’inscription de l’histoire d’un individu dans ses circuits synaptiques apparaît permanente. Progressivement, son tissu cérébral s’imprègne de son environnement –  physique, social…intellectuel ; il en accumule les traces et d’en fait une représentation singulière, produit d’une existence elle-même singulière.

Dire que l’on naît biologiquement homme ou femme, n’infère aucunement une quelconque négation des influences socioculturelles dans l’élaboration des schémas masculin et féminin. Ceux qui proposent un modèle de cerveau quasi précâblé, générant de façon quasi mécanique des comportements stéréotypés en fonction du sexe – genre frénésie de shopping ou lecture de carte routière -, devraient plutôt songer à une carrière de caricaturiste.  Quant aux tenants du tout culturel, qui nient l’impact biologique et pourfendent cet avatar du scientisme que serait le biologisme, ils ne servent en définitive qu’une nouvelle forme de ce travers : un scientisme à l’envers, qui est encore du scientisme par le crédit immodéré qu’il accorde à ses thèses.

ça y est, j’ai fini ! Merci de m’avoir lue jusqu’au bout… Vos réactions et commentaires sont les bienvenus !

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4 thoughts on “Le camion et la poupée : l’homme et la femme ont-ils un cerveau différent ?

  1. Merci de ce billet fort intéressant: effectivement, c’est pénible de toujours tomber les prises de position très tranchées (mais d’autant moins convaincantes) de Catherine Vidal dès que le sujet est évoqué.

      

  2. Billet passionnant Gaëlle ! Je rejoins l’auteur sur l’intériorisation des stéréotypes et leur impact sur les femmes ! Cela a été prouvé par plusieurs études. Et j’apprécie également la vision modérée de l’auteur. Le fameux débat entre nature et culture, passionnant mais ô combien complexe, mérite d’être traité avec précaution. Merci pour ce résumé fort intéressant, je file de ce pas acheter le livre !

      

  3. Dans la perspective d’un transgenre atteint d’une maladie mentale appelée «trouble schizo-affectif», ce livre est une bénédiction. Ce livre ne passera pas innaperçu auprès de mes thérapeutes en dysphorie du genre et je me considère comme un sujet de recherche merveilleux pour elles. Étant également passionné pour les sciences et omnibulé par la genralité, j’ai trouvé dans ce livre tellement d’idées à développer en lien avec ma vie que je ne sais pas par où commencer! Merci pour ce résumé qui m’aidera sans aucun doute à la rédaction de textes sur le sujet.

      

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