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D comme Déconstruction

Notre dictionnaire de la conciliation vie privée / vie pro continue de s’étoffer, avec D comme Déconstruction grâce à Marie-Laure. Un grand merci à elle ! N’hésitez pas à réagir !

 

 

 

D comme Déconstruction des stéréotypes

Le stéréotype est une opinion généralisée qui concerne un groupe d’individus, une classe sociale, un genre. Il permet d’économiser la réflexion car repose sur des a priori. Exemple si vous achetez une cuisine pour votre fille de 7 ans avec en inscription frontale « La cuisine comme maman » (véridique) et que rien ne vous choque vous êtes victime du stéréotype selon lequel la cuisine est une compétence naturelle féminine… ce qui, vous en conviendrez je l’espère, est erroné…
Le problème du stéréotype est qu’une fois ancré, il est difficile à déboulonner. Il est extrêmement résistant au changement. Parmi les grands pourvoyeurs de stéréotypes, nous avons les publicitaires, les magasins de jouets, l’école, les livres pour enfants (mais pourquoi donc maman ourse est la seule à faire la vaisselle avec son tablier blanc ?) et bien sûr l’éducation de nos enfants. Le stéréotype se construit très tôt.
La déconstruction suppose l’analyse de la situation : ce qui me semble aller de soi se justifie-t-il et sur quels fondements ? Quel est le processus qui m’amène à penser ainsi et à prendre pour acquis une situation. Le meilleur moyen est de distinguer ce qui est inné et ce qui est acquis, à savoir ce qui relève de la dimension biologique et ce qui relève de la dimension sociologique. En effet, ce qui est acquis est relatif et dépend à la fois de notre éducation, de l’endroit où l’on vit et de l’époque car les représentations du monde diffèrent en fonction de ces paramètres.
Enfin, pour déconstruire les stéréotypes, la meilleure méthode est de rester vigilant, d’accepter la relativité des représentations et d’actionner le bouton « réflexion » plutôt que celui « répétition ».

Articuler vie professionnelle et vie personnelle nécessite la déconstruction des stéréotypes liés au genre. La société renvoie toujours cette injonction selon laquelle la sphère privée et familiale relève de la mère (et oui non plus de la femme). Car c’est lorsque la cellule familiale se constitue que l’articulation devient, comment dire, grinçante ou nécessite une pratique intensive du grand écart. Dans notre lexique, on utilise le maternage mais connaissez vous le « paternage » (souligné en rouge par mon logiciel référent) ? On peut se faire parrainer mais marrainer (re- rouge : vous n’y pensez pas ! ). Une entreprise très connue de tous, fabricante de petits pots et signataire de la charte de la parentalité (sic) est selon ses propres termes « du côté des mamans »…. euh. La compétence « se prendre de la bouillie par un bébé de 6 mois qui refuse la purée de carotte » serait exclusivement féminine. Cette thématique de l’articulation est d’ailleurs très souvent une préoccupation plutôt féminine : c’est le cumul des mandats : mère épouse et travailleuse … ce qui explique que de plus en plus fréquemment, on enlève la casquette d’épouse car il y a un moment où trois casquettes cela donne le tournis (dernières statistiques de l’IGAS- inspection générale des affaires sociales : les femmes consacrent aux tâches ménagères et domestiques 4h33 et les hommes 2h41). Mais est-ce que l’objectif est de remplacer le stéréotype de l’épouse et mère au foyer par celle de femme « guerrière » qui assure sur tous les fronts, gère ses points retraite et la liste des courses sur son tapis de course au gymnase à l’angle du bureau entre deux réunions ? Personnellement, très peu pour moi.
En revanche, faire en sorte que les choix de vie relèvent de ce que l’on est en tant que personne, aux aspirations qui nous sont personnelles et cela indépendamment du fait que l’on soit un homme ou une femme, est précurseur de changement.
Enfin , pour vous aider, voici quelques préceptes de base pour commencer à déconstruire les stéréotypes qui nous assaillent :

1.La femme n’est pas douée naturellement avec les enfants : elle apprend au fur et à mesure et se plante au fur et à mesure également
2.L’homme n’est pas un abruti qui ne comprend rien aux enfants : une pratique plus intensive lui permettra d’atteindre le niveau pré-cité
3.Il y a des femmes ambitieuses et des hommes ambitieux professionnellement
4.Il y a des femmes et des hommes qui ne le sont pas et ce n’est pas la mort
5.Répartir équitablement les tâches ne nuit pas à la virilité (par contre l’iniquité nuit à la libido)
6.Il y a des moments où des femmes et des hommes se demandent pourquoi ils ont fait des enfants
7.Il y a des moments ou les hommes aimeraient bien dire et doivent dire : je pars à 15 heures, il y a cross à l’école de ma fille
8.Dans la fiche « parents à contacter en cas d’enfant malade » : noter le numéro du père en premier et s’attacher les mains quand l’école appelle
9.Le congé parental est PARENTAL
10.L’imposition fiscale commune devrait être supprimée (comme au Canada, tu paies ce que tu gagnes !)

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2 thoughts on “D comme Déconstruction”

  1. En ce qui concerne la question des enfants, le problème est peut être qu’à la base il n’y a pas de stéréotype : quelle que soit la société, l’époque, l’endroit, c’est la femme qui est enceinte, accouche et allaite (bon, on sait que les françaises sont des fans du biberon). La situation est donc dès le départ lourdement dissymétrique, et les choix de vie sont « cadrés » : par exemple un quadragénaire pourra redécouvrir les joies du pouponnage avec sa nouvelle conquête, mais son ex épouse à intérêt à avoir d’autres projets.
    J’ai du mal à imaginer que tout cela n’entre pas en ligne de compte dans l’investissement que va représenter un enfant pour l’un ou l’autre sexe.
    Il me semble qu’on devrait d’abord cesser de voir les soins parentaux comme une inévitable corvée à partager impérativement « équitablement » (à lire certains textes on a l’impression que donner le bain au bébé et sortir la poubelle sont des « tâches ménagères et domestiques » équivalentes…) mais comme une expérience enrichissante.dans laquelle on a plus ou moins envie de s’investir sans passer pour une « cruche » (qui prend un congé parental) ou un « père indigne » (qui considère que ses responsabilités professionnelles passent avant le spectacle de l’école)

      

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