Que deviennent-elles (ils) ?

Que deviennent-elles (8ème partie)

pintaxeaixoisePour poursuivre la rubrique « Que deviennent-elles ?« , voici des
nouvelles toute fraîches d’Elsa qui était venue nous parler de son virage professionnel
 radical et courageux, il y a pile un an.  

 

Depuis ta dernière interview, comment ta situation personnelle et professionnelle a-t-elle évolué ?

Suite à l’interview j’ai continué mon parcours en cuisine. Comme la profession est assez sinistrée, je suis vite montée en grade. Jusqu’à me retrouver chef de partie pour un petit restaurant gastronomique près de l’appartement que nous avons acheté l’an passé avec mon conjoint.
La cuisine a continué à me passionner et mes progrès techniques étaient quotidiens tandis que j’allais de déconvenues en déconvenues avec mes différents employeurs (aucun respect du droit du travail, heures supplémentaires trop nombreuses et jamais rémunérées ni déclarées, promesses lors de l’embauche non tenues sur le long terme etc.)

Ton équilibre vie perso / vie pro a-t-il été modifié ? En quoi ? En mieux, en moins bien ?Il est presque impossible de maintenir une vie sociale et amoureuse lorsque l’on évolue dans un milieu professionnel très physique et ce, à raison de plus de 60 heures par semaine. Surtout qu’en restauration vous travaillez lorsque le reste du monde se distrait (en soirée, le week-end, pendant les jours fériés etc.)Ma santé s’est peu à peu dégradée et le moral a suivi. Lors d’un examen banal à l’hopital, le spécialiste a tiré la sonnette d’alarme en m’expliquant que si je continuais à ce rythme mes reins déjà fragiles seraient fortement endommagés.Ce fut un réel électrochoc. J’ai soudain pris conscience que je ne souhaitais pas perdre ce qui m’est en fait le plus précieux : la santé et l’amour des miens. J’ai brutalement mis fin à mon aventure gastronomique.

Avec mon conjoint, nous sommes alors partis en vacances pour faire le point sur cette année un peu folle… J’ai découvert que malgré son soutien inconditionnel, mon conjoint avait beaucoup souffert et pris sur lui lors de cette année tandis que notre mariage, prévu pour cet été, a été annulé car à la fin du mois de mai nous serons parents. Un autre projet, une autre aventure !

Est-ce que tu as vécu cela comme un échec personnel ?

En quelque sorte, puisque j’avais toujours rêvé d’être un chef de cuisine. Cependant, croire en ses rêves et plonger pour les réaliser, même si l’on échoue, permet de passer du fantasme au réel. Je sais aujourd’hui que je ne me retrouverai pas à 40 ans, avec ce vieux regret en tête puisque je suis allée le plus loin possible.

Et d’ici 1 ou 2 ans, comment te projettes-tu ?

D’ici un an, j’espère que j’aurai pu me nicher dans le monde de la critique gastronomique. Aujourd’hui j’ai acquis une connaissance technique et théorique de la cuisine considérable et j’aimerais associer mon parcours universitaire à ma passion pour la bonne chère et le vin. Bien qu’en Province les choses soient moins aisées qu’à Paris dans ce domaine !

Quelle articulation vie privée / vie pro aimerais-tu bien atteindre ? As-tu des projets précis ?

Pouvoir agrandir la famille et conserver dans le même temps une activité professionnelle attractive. Rien est écrit pour l’instant, tout est à faire. Le blog me permet de continuer à écrire, à faire rire, à partager mon amour de la cuisine et des bons mots.

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