A l'école Education nationale

Les devoirs du soir, un accompagnement parfois délicat à gérer

nullParmi les suggestions de billets que vous m’avez faites, la question des devoirs scolaires est apparue. Bon sujet en effet !

Comment concilier journée de travail bien chargée et deuxième journée le soir consacrée à la vie quotidienne et familiale (courses, préparation du repas, bain, écoute et échanges…), parmi laquelle les devoirs du soir des enfants ! Comment être (et surtout rester !) patient et pédagogue alors que l’on a derrière soi une journée de travail avec son lot habituel de contrariétés, de pression et de fatigue ? 

Alors, comment gérer au mieux les devoirs à la maison ? Faut-il rester à côté de l’enfant ou peut-on le laisser autonome ? Peut-on juste y jeter un coup d’oeil de temps ou temps ou est-il préférable d’être présent quotidiennement ?

Et comment faire lorsque l’on travaille en horaires décalés, le soir ou le week-end ou que l’on part en déplacement régulièrement, voire longtemps ? Comment éviter que ce moment parent/enfant tourne à l’énervement, au conflit, voire au cauchemar pour tout le monde
(enfant, parent) ?

Comment faire en sorte que l’enfant acquiert autonomie et responsabilisation ?

Comment lui donner envie d’apprendre et ne pas le braquer ? Comment valoriser ses réussites et l’aider à combler ses faiblesses ? Et à qui et jusqu’où peut-on déléguer ces devoirs du soir ? A l’étude après les cours ? A une baby sitter, un étudiant, un organisme privé, voire à un grand frère ou une grande soeur ?

Ce qui est sûr, c’est que l’accompagnement scolaire demande du temps et de l’énergie (voire de l’argent)… surtout lorsque l’on a plusieurs enfants (comment fais-tu Anna ? ). Entendons-nous bien, je ne remets pas du tout en question l’intérêt des devoirs à la maison (je pense qu’ils sont utiles et nécessaires, à la condition bien sûr que leur quantité soit proportionnelle au niveau de l’enfant et qu’ils ne soient pas une façon détournée de faire faire à la maison ce qui n’a pas eu le temps d’être fait en classe…)

Bien évidemment, je n’ai aucune réponse miracle pour que ce moment stratégique se déroule toujours bien (sinon ma vie serait un long fleuve très tranquille …). Je suis convaincue que cela dépend beaucoup de la personnalité et des besoins de chaque enfant mais aussi des professeurs et des écoles.

En effet, certains enfants travaillent d’eux-mêmes assez jeunes, ceux-ci n’ont pas tellement besoin de la présence d’un adulte pour les motiver, pour les mettre en route, parfois certains aiment bien faire leurs devoirs et les font consciencieusement…Tandis que d’autres ont besoin d’un tuteur – voire d’une béquille !, d’un accompagnateur présent, ferme, régulier….Sans doute aussi que le modèle que l’on a expérimenté enfant influence sa propre façon de faire : soit on reproduit ce que l’on a connu parce que l’on trouve que cela a plutôt bien fonctionné, soit on prend le contrepied… Et puis, chaque famille a sans doute ses points de vigilance et d’exigence particuliers (chez moi, par exemple, c’est l’orthographe…).

Et ne sous-estimons pas non plus, me semble-t-il, l’importance de ce qu’assimile ou non l’enfant à l’école, des méthodes pédagogiques propres à chaque professeur. Faut-il simplement vérifier que l’enfant a bien compris les acquis de la journée ou ne faut-il pas parfois revoir avec lui ce qui a été dit, voire lui fournir certains apprentissages ? Malheureusement, j’ai parfois l’impression qu’ils découvrent la leçon. Bien sûr, entre l’enfant (très) distrait à l’école et la leçon trop vite survolée (genre polycopié écrit tout petit et pas beaucoup expliqué), il y a très probablement toutes les explications possibles…

L’objectif est bien d’accompagner l’enfant lorsqu’il est très jeune (au CP généralement, mais parfois avant dans certaines écoles), pour qu’il comprenne qu’il doit travailler pour lui et non pour ses parents. Mais cette prise de conscience dépend beaucoup de la maturité de l’enfant, de son appétence pour la chose scolaire, de sa tournure d’esprit (scolaire ou pas), de son degré de paresse naturelle (ou non), de ses professeurs, etc. 

Concrètement, je pense qu’il y a autant de manières de faire que de parents et d’enfants. Si je regarde autour de moi il est fréquent qu’un des parents (la mère dans 80% des cas, soyons honnête !) prenne du temps pour être présent ou tout du moins pour vérifier que les devoirs ont été faits et compris, pas forcément tous les jours mais très régulièrement. 

Je connais des parents qui laissent leurs enfants autonomes les jours de semaine mais qui s’y penchent le mercredi (si temps partiel) et le week-end ; d’autres qui ont la chance d’avoir des enfants très autonomes et très responsables (oh les chanceux !!), d’autres pour qui le moment des devoirs à la maison est un moment difficile, voire très conflictuel mais qui s’accrochent, d’autres qui accompagnent jusqu’en milieu de primaire et qui ensuite lâchent la main, d’autres encore qui rajoutent des devoirs, d’autres qui font totalement confiance à leurs enfants, bref, de multiples façons de faire.  

Mais dans cette conciliation travail/famille, il est parfois difficile de trouver, outre le temps et les relais à cet accompagnement scolaire, la bonne distance, entre le « pas assez » et le « trop », entre le « lâcher prise » et la « vigilance discrète », entre un « trop grand détachement » qui risque de laisser l’enfant seul avec ses lacunes et ses difficultés et une « trop grande attention » qui empêche l’enfant d’acquérir de l’autonomie et de se prendre en main …

En tout cas, il me semble important dans cette fameuse conciliation de conserver de la disponibilité et de l’énergie pour être présent quand le besoin s’en fait sentir, pour que les enfants sachent que l’on suit ce qu’ils font à l’école, pour leur apprendre à s’organiser, à gérer leur temps, mais aussi pour leur apprendre à apprendre, pour leur donner le goût (et l’effort) d’apprendre…

Et vous ? Les devoirs à la maison, comment cela se passe-t-il ? Avez-vous le sentiment d’être absent, effacé, mobilisé ou attentif (pour reprendre une typologie trouvé dans cette étude sur les devoirs à la maison, p. 19).

Merci de partager vos expériences, vos trucs et astuces pour que tout se passe au mieux !

PS : Et comme promis, voici les 5 gagnants du petit concours que j’avais organisé pour les
3 ans d’En Aparté, tirés au sort par une main innocente :
Karen, Babs’girl, Yves, FmR et Manou dans la forêt. Bravo à eux et merci à tous ceux et celles qui m’ont envoyé un petit commentaire. Aux gagnants, je vous envoie très vite un petit mail pour l’envoi d’un livre !

12 thoughts on “Les devoirs du soir, un accompagnement parfois délicat à gérer

  1. Pour les devoirs à la maison, il y a sans doute un point essentiel, le rapport enfant/parent qui est très différent du rapport enfant/professeur. A la maison, on est souvent dans
    l’affectif, l’enfant veut faire plaisir à ses parents (jusqu’à l’adolescence où il peut trouver un point de conflit, de prise de liberté), l’enfant y trouve un moyen de s’opposer
    (et hélas ça fait partie de leur construction d’enfant), les parents ont envie que leur enfant réussisse.

    Pas facile de laisser l’autonomie et la confiance s’installer à ce moment là, mais c’est aussi un bon moyen de leur montrer notre confiance et l’enfant peut prendre confiance en lui aussi.

    Pas facile non plus de comparer entre les enfants, le premier est très autonome et plutôt bien en avance, le 2nd est dans les temps, le 3ème semble prendre le chemin du 1er (avec une petite dose
    de précocité). Il ne faut pas comparer, même si je suis souvent tentée de le faire.

    Il y a peu j’ai réalisé que lorsque Bab’s ainé rentrera en terminale pour passer son bac, Babs’cadet rentrera au Lycée et la même année mini Babs’ au collège … je préfère pas y penser.

      

  2. Ta note me rappelle un bon souvenir 🙂 

     

    http://princesse101.typepad.com/princesse101/2011/04/les-devoirs-scolaires-avec-5-petits-enfants.html

     

     

    Honnêtement c’est très dur, mais tout tient en un mot, organisation 🙂

     

    J’avais aussi écrit un passage ici 

    http://princesse101.typepad.com/princesse101/2011/05/parents-enfants-devoirs-scolarit%C3%A9-explosive-ou-%C3%A9panouie-.html

     

    Mais en tous les cas, bravo pour ta note ! 

      

  3. Bonjour Gaelle,

    Vu que ton blog est beaucoup lu, je te suggère d’écouter l’émission interception sur le sexisme diffusé ce matin sur France Inter. Intéressant (et un peu consternant) ! 

    Tu connais le site des Nouvelles Nexs par ailleurs ? 

    A bientôt,

    Marie

    Ps : suis déçue de ne pas avoir gagné . Ce sera pour l’année prochaine et le prochain anniversaire d’En
    Aparté. 

      

  4.  @ Babsgirl : tu as complètement raison d’insister sur le fait qu’il y a forcément de l’affectif dans la relation parent / enfant et que par conséquent
    le parent n’est pas forcément la personne la mieux placée pour faire travailler son enfant. Mais d’un autre côté, en tant que parent, il est également important d’être présent et vigilant, sans
    compter que l’on sait également comment fonctionne l’enfant. So ? . Pas facile d’adopter la bonne posture…Et
    puis le fait d’être parent n’est malheureusement pas forcément synonyme de pédagogie efficace…hum, hum ! Quant aux comparaisons, chez nous, nous avons repéré assez vite les points forts et les
    points faibles de chacun et je trouve cela plutôt enrichissant d’avoir de la diversité ! (même si bien sûr, on peut toujours espérer que les points forts des uns inspirent les autres…)

    @ Princesse 101 : je savais que cela te parlerait forcément. Maintenant, je me souviens effectivement avoir lu ta note entre les devoirs idéaux et les
    devoirs dans la vraie vie…égoïstement, cela me rassure . En revanche, je n’avais pas pris le temps de lire le livre
    blanc sur « Le secret de la scolarité épanouie de nos enfants, c’est vous ! » (vaste vaste programme dis donc, et pas culpabilisant pas deux sous, hein  !).

    @ Marie : merci pour l’information. Je vais aller l’écouter. Oui, je connais Les Nouvelles News et Isabelle Germain. J’avais même écrit quelques articles
    pour ce site lors de son lancement ! PS : j’espère bien effectivement qu’En aparté aura l’occasion de fêter ses 4 ans et que cette fois-ci tu seras plus chanceuse . Bonne continuation.

      

  5. Caramba, encore raté! Vivement les 4 ans….. Je rejoints Bab’s Girl: avec les devoirs nos enfants ont un « pouvoir » sur nous parents ( faire plaisir/contrarier): en cas de trop fortes tension il
    peut être bon de déléguer pour un temps. C’est ainsi que je me retrouve à donner quelques cours à un collégien qui fait tourner sa mère en bourrique alors qu’il n’a pas spécialement besoin de
    cours de rattrapage…..

      

  6. Oui, le travail à la maison engage l’affectif, mais c’est un complément indispensable qui permet à l’enfant d’aborder différemment son travail et – peut-être même – de lui redonner de
    l’intérêt sur un sujet, une matière, avec lesquels il « bloque ». C’est aussi la possibilité de piquer de bons foux-rires, de créer une complicité avec son enfant. Des genoux de maman au CP aux
    ballades sur le net en 5ème, que de bons moments partagés … Apprendre n’est pas savoir, pas de stress … certains retiennent vite, d’autres ont plus de mal, tant pis : impatience et
    énervement n’aident pas à enregistrer une leçon.

    Maman seule, je monte mon auto-entreprise, prépare un mémoire, gère quelques petits boulots ponctuels et me retrouve avec 4 enfants – qui partagent la même chambre – à faire travailler le
    soir … CP – CE2 – CM2 et 5ème … il n’y en a pas un qui « roule » vraiment tout seul, et ce n’est pas faute d’avoir essayé ! Le boulot sans regard maternel derrière s’en ressent, et les notes
    chutent. Alors je les prends tour à tour pendant que les autres apprennent leurs leçons et font les exercices. Ca se passe mal quand je le vis mal, quand l’heure du retour arrive et que je pense
    « quelle galère » ; c’est sûr, la soirée sera mauvaise, du goûter au coucher. Il m’arrive de terminer le travail scolaire à 22h, bien après le coucher des plus jeunes ! C’est sans regret,
    d’autant que j’ai la chance d’avoir des moments pour moi (pour bosser – théoriquement, mais quand on aime son boulot, ce n’est plus du travail !) dans la journée. Je les mets à la
    cantine pour ça.  

    Dans mon quotidien surbooké, je vis le travail du soir comme une chance : il m’oblige à m’occuper réellement de mes enfants, que je zappe si facilement entre boulot et tâches ménagères.

    Merci pour ce blog très intéressant …

    Anne

      

  7. @ Mamancrevette : ton interjection m’a bien fait rire  mais je ne
    désespère être de nouveau à jour dans la même ville que toi et pouvoir se prendre un café tout en parlant de nos dernières lectures et en s’offrant récirpoquement nos coups de
    coeur ! Concernant les devoirs à la maison, je suis d’accord avec toi, la relation entre le parent et l’enfant peut entraîner des « chantages » affectifs qui ne sont bons pour
    personne et qui ne font pas réellement avancer le schmilbik….d’un autre côté, en tant que parent, on est pas mal placé non plus pour savoir quels efforts peut (ou non) fournir l’enfant, quels
    leviers utiliser pour le faire progresser…En tout cas, c’est vachement sympa de ta part d’aider ainsi ce collégien. Peut-être qu’effectivement, je serais plus patiente et plus pédagogue avec
    les enfants des autres…A cogiter !

    @ Adeb : tout d’abord bienvenue sur ce blog ! « apprendre n’est pas savoir… », cette phrase fait un gros tilt chez moi…peut-être qu’effectivement je me
    focalise trop sur cet aspect là. D’un autre côté, quand il y a écrit « lire la leçon », je ne peux pas m’empêcher de dire à mes enfants que cela serait bien de l’apprendre et pas juste de la lire
    distraitement . Sinon, je suis bien d’accord pour dire que suivre les devoirs de ses enfants est aussi une façon
    précieuse d’être proche d’eux, de leur faire découvrir des choses, d’essayer de leur transmettre nos goûts, nos passions pour telle ou telle matière. C’est vrai que parfois cela crée une
    belle complicité (lorsque ma fille me lit les histoires du Petit Nicolas qu’elle étudie en classe, j’adore ce moment partagé), malheureusement les devoirs sont quand même également la
    source de pas mal de répétitions un peu lassées, d’énervements, de conflits, de négociations…. Pas toujours facile…

      

  8. Merci Gaelle de ton accueil !

    Bon, je crois qu’il faut quand même que je rectifie les choses : je suis normale ! OUi, je m’énerve, non je n’arrive pas à suivre le boulot de mes 4 loulous ni avec la bonne humeur, ni avec la
    régularité que j’aimerais, mais je suis une éternelle optimiste (ou irréaliste !?) et ce billet m’a fait réfléchir à la question … que je suis contente de traiter positivement parce que –
    soyons honnête – le travail du soir, quel cauchemard !

    A bientôt sur les ondes

    Anne

     

      

  9. @ Adeb : ouf, tu es normale  ! comme toi, j’aimerais que cela se fasse
    toujours dans la bonne humeur, le volontariat, la concentration…mais parfois, il y a comme un irrésistible glissement Mais le principal, c’est de continuer à croire que cela va finir par porter ses fruits

      

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