Autour du travail

Une enquête sur les femmes et le travail

femmesettravail.JPGL’Observatoire de la Cegos a publié fin octobre (oui, je sais, je réagis un peu après tout le monde ), les résultats d’une enquête menée auprès de 900 femmes salariées et de 160 DRH afin de mieux cerner la façon dont les femmes se positionnent face au travail et comment les entreprises répondent aux obligations en matière d’égalité. Il aurait été d’ailleurs très intéressant d’avoir en parallèle les mêmes questions posées à des hommes pour pouvoir faire des comparatifs.

Je vous invite à découvrir l’ensemble des résutats ici .

Je voudrais juste indiquer certains points qui m’ont davantage interpellée :

– 77% des femmes travaillent pour s’assurer une indépendance financière, 54% pour se réaliser en exerçant une activité professionnelle et 52% pour avoir une vie sociale.

– un « bon job » est celui qui offre une qualité de vie (bonnes relations, absence de stress) et une bonne rémunération. Sur ces deux items jugés importants (quasiment à égalité), le niveau de satisfaction est moyen. Est-ce parce qu’ils sont jugés importants, qu’ils sont plus difficilement jugés satisfaisants ? Je crois que la question mérite d’être posée. A noter que les perspectives d’évolution et le niveau de responsabilités viennent très loin derrière.

– 75% des femmes n’ont pas le sentiment d’avoir été victime de discrimination sur leur lieu de travail. Moi, je trouve que c’est une bonne nouvelle, non ? A titre personnel, je ne parlerai pas forcément de discrimination mais quand même de handicap parfois (du genre questions bien orientées lors d’entretiens de recrutement, petites remarques au boulot du fait de mon statut de mère de famille).

– la maternité et le temps consacré aux enfants sont considérés comme les freins principaux à la vie professionnelle. Moi, je m’interroge toujours lorsque je lis ce genre de résultat. Je ne vois pas comment le fait d’avoir des enfants et donc de passer du temps à les élever peut être totalement neutre sur la vie professionnelle. Bien sûr, on me rétorquera que pour les hommes, cela a parfois très peu d’incidences sur leur vie professionnelle et sur leur carrière. Il me semble que c’est là que le bât blesse plutôt, non ?

– 58% des femmes disent avoir du mal à concilier vie perso et vie pro, 42% disent ne pas être confrontées à des difficultés pour concilier. Ce qui est dommage c’est que l’on ne sait pas parmi ces femmes, le pourcentage de celles qui ont des enfants. Après, il faut voir ce que l’on entend par difficultés. Est-ce que ce sont des difficultés d’ordre matériel, temporel ou des difficultés d’ordre plus psychologiques, mentales ?

– parmi les aménagements les plus attendus de la part des femmes, on trouve des congés pour enfants malades, garde d’enfants (on ne sait pas trop ce que cela signifie d’ailleurs). Je remarque donc qu’il s’agit de demandes concrètes et précises (rentrée des classes, durée des congés pour enfants malades) davantage que des aménagements d’horaires ou la prise en compte des contraintes familiales dans l’organisation des réunions ou des déplacements.

– le temps partiel est considéré comme davantage choisi (43%) que subi (57%). Deux principales raisons invoquées à ce temps partiel : « assurer la garde des enfants » et « l’emploi à plein temps n’existait pas ». 

– et pour finir, une note d’optimisme : 73% des femmes se disent confiantes dans leurs capacités d’adaptation aux besoins de l’entreprise et 54% se disent globalement satisfaite de leur situation professionnelle.

Et vous, où vous situez-vous concernant ces différents aspects ? Qu’auriez-vous répondu à ces questions ?

 

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9 thoughts on “Une enquête sur les femmes et le travail

  1. Je vois au contraire sur la diapositive 15 que le temps partiel est choisi à 57 %; d’autre part peut être la réponse  « garde des enfants » (dia 16) représente t elle un prétexte avouable pour
    faire un break dans une semaine de travail pas forcément passionnante ?

    Je trouve aussi dommage qu’on ait aucune idée du pourcentage des femmes qui aimeraient prendre un temps partiel et ne le font pas pour des raisons économiques (ça représente un très gros manque à
    gagner) ou pratiques (les services et entreprises ne s’arrêtent pas de tourner le mercredi !)

      

  2. J’aime beaucoup tes commentaires sur les résultats ! Tu as tout à fait raison dommage qu’ils ne refont pas le test en tenant compte de tes remarques. La vrai égalité homme-femme sera atteinte
    lorsqu’on posera exactement les même questions aux hommes…

      

  3. Je crois effectivement que la maternité fait repenser la carrière et le timing mais pas le but de réalisation. On prend un peu plus de temps que les hommes. Et encore, je pense que cela change…
    un peu.

      

  4. Il aurait été intéressant de savoir quels secteurs d’activités étaient concernés par l’enquête. Car cela joue énormément dans les réponses et dans les pourcentages. Je doute par exemple que dans
    la grande distribution ou dans l’agro alimentaire, on ait du temps partiel choisi…car pour avoir travaillé dans ces secteurs, les femmes qui sont majoritaires dans les temps partiels y sont non
    par choix mais parce que sinon elles n’auraient aucun travail.

    Le problème de l’aménagement des horaires par rapport aux enfants vient de ce que les femmes n’osent pas exiger des entreprises qu’elles gèrent le problème d’une façon globale en y incluant les
    hommes. C’est là qu’on voit encore le machisme des entreprises et la prégnance du patriarcat. Etats de fait hélas que les femmes ne contestent guère puisque faisant des enfants surtout en bas âge
    une prérogative, prérogative qui finalement professionnellement et économiquement nous coûte cher à toutes et ce jusqu’à la mort (les calculs de retraite, la survie économique étant bien plus
    précaire que ces messieurs alors que l’investissement pro a été tout autant important et doublé d’un investissement ménager et éducatif qui n’a quasiment pas effleuré ces messieurs). La crise
    actuelle tente encore plus de ramener les femmes sur des préoccupations uniquement maternelles, ce qui accentue les discriminations, les temps partiels, la précarité des femmes et les maintient
    comme seules responsables du foyer et des enfants. Est-ce supportable? Non bien sûr. Mais aucun mouvement ni syndical, ni politique, ni social féminin ne semble s’indigner de cette situation. A
    croire que l’image de la femme soumise, sacrifiée, esclave de sa famille et de son ménage est plaisante et « normale ». Et ce n’est pas le revival naturaliste véhiculé par les milieux médicaux et
    médiatiques genre « soyez une bonne mère, allaitez, cuisinez bio, sacrifiez-vous pour vos enfants » qui vont aider les femmes à se révolter.

      

  5. Dans l’enquête est aussi évoqué comme difficulté principale « l’Etendue des plages horaires de travail » 76% de réponse, mais comme Cegos ne propose aucune action concrête pour pallier à
    cela on en reste au congés mat, etc, qui ne sont que des mesures ponctuelles.

    Quand allons nous enfin traiter de ce sujet si crucial pour l’articulation vie familiale – vie professionnelle ? Pour moi les 35h allaient dans le bon sens, mais elles ont eu le malheurs
    d’annualiser le temps de travail, alors qu’il faudrait une réduction journalière du temps de travail. Imaginez, tous les parents (hommes et femmes) sortant à 17h le soir, quel pied.

      

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