Je viens d’achever la lecture du dernier essai d’Elisabeth Badinter, « Le conflit : la femme et la mère« (publié aux Editions Flammarion, 18 euros) dont s’est très largement saisi les médias et les blogueurs. C’est le premier livre que je lis d’elle. Alors, qu’en dire ?
- Il se lit très facilement (ouf, pas besoin d’être agrégée de philo pour comprendre !) et relativement rapidement (3 heures environ). Le style est clair, agréable. La construction est fluide même si certaines parties m’ont semblé trop longues et d’autres trop rapidement abordées mais j’y reviendrai.
- Une première partie aborde « les ambivalences de la maternité », une seconde s’intéresse à « l’offensive naturaliste », et la troisième s’intitule « à trop charger la barque… » qui évoque notamment les différentes raisons pour lesquelles de plus en plus de femmes ne veulent pas avoir d’enfant. Le dernier chapitre est consacré au cas à part des femmes françaises. Elle explique cette singularité par l’histoire, la culture, les traditions, etc. en citant fréquemment l’un de ses précédents ouvrages L’amour en plus.
Ce contre quoi elle s’insurge :
- la tyrannie de la maternité pour se définir comme femme,
- la tyrannie de la mère parfaite : « la barque de la maternité est aujourd’hui chargée de trop d’attentes, de contraintes, d’obligations. Il y a péril tant pour la femme et le couple que pour le lien social ».
- l’idéologie de la Leche League (« les oukases des ayatollah de l’aillaitement »)
- l’idéologie du naturalisme, qui a resurgi avec la crise économique. Cette approche qui fait de la biologie et de la nature le socle de toutes les vertus et qui condamne plus ou moins la pilule contraceptive, les petits pots tout préparés, la péridurale, les couches jetables, etc. « La nature devient un argument décisif pour imposer ou dispenser des conseils. Elle est devenue une référence éthique difficilement critiquable, auprès de laquelle le reste fait grise mine. A elle seule, elle incarne le Bon, le Beau et le Vrai chers à Platon. La philosophie naturaliste détient le pouvoir suprême de culpabilisation, capable de changer les moeurs. »
- l’existence de l’instinct maternel. « L’environnement, les pressions sociales, l’itinéraire psychologique semblent toujours peser plus lourd que la faible voix de « notre mère Nature » selon elle.
- certains pédiatres « réactionnaires » telles qu’Edwige Antier (pour rappel, j’avais consacré un billet à son dernier livre « Le courage des femmes »).
Ce qu’elle estime important et à défendre :
- la variété des désirs et des styles de vie féminins,
- la possibilité de concilier son rôle de mère et ses désirs de femme,
- le fait qu’être une femme ne doit pas se résumer au fait d’être mère,
- l’ambivalence de l’amour maternel et la possibilité de l’exprimer,
Mais elle reconnaît que tout ce qu’elle combat est assez peu présent en France (cf. son dernier chapitre). « Pour l’heure, les Françaises échappent au dilemne du tout ou rien. Elles avaient déjà bien résisté aux oukases de certains pédiatres ; tiendront-elles face à ceux des naturalismes ? Sauront-elles imposer leurs désirs et leur volonté contre le discours rampant de la culpabilité ?. Et de conclure « Il semble que les jeunes femmes continuent largement à n’en faire qu’à leur tête. Jusqu’à quand ? « .
Ce que j’en ai pensé :
- je trouve qu’elle accorde trop d’importance à la dictature de l’allaitement et du naturalisme qui me semblent en réalité peu prégnants en France. J’ai plutôt l’impression que les femmes ont vraiment la liberté de choisir d’allaiter ou non et que peu de voix s’élèvent contre les petits pots tout faits ou contre les couches jetables. Mais bon, je ne suis peut-être pas représentative…
- concernant la dictature de la mère parfaite, j’ai aussi l’impression qu’en France, il existe une certaine liberté pour dire et assumer « je ne suis pas une mère parfaite ». De nombreux ouvrages sortent sur le thème « mères indignes » ou « comment ne pas être une mère parfaite », très utiles pour décomplexer et pour montrer que la maternité n’est pas qu’un long fleuve tranquille et que ce n’est pas forcément que du bonheur. Je pense qu’il faudrait trouver un juste milieu entre la figure de la mère parfaite et celle de la mère indigne.
- il me semble qu’une des questions fondamentales et peu abordée dans son livre est la suivante : comment concilier ses désirs d’individu (en l’occurence de femme) et ses responsabilités de parent (en l’occurence de mère). Où placer le curseur pour pouvoir à la fois satisfaire ses désirs personnels et ses responsabilités en tant que parent ? Le rôle des hommes, des pères est trop peu abordé.
- j’ai apprécié l’importance qu’elle accorde à la diversité des choix féminins, même si on sent que certains d’entre eux ont sa préférence ! Elle prône la liberté de chacune, le droit à exprimer l’ambivalence de la maternité ou le refus d’être mère.
- concernant les querelles entre les différents courants féministes, j’avoue que je suis un peu dépassée…
Aller plus loin (la promotion de ce livre est impressionnante !! voici donc une petite sélection des liens)
- l’interview d’Elisabeth Badinter sur France Inter
- Les femmes sont-elles moins libres article paru dans le JDD
- Une interview filmée envoyée par France 2
- Elisabeth Badinter se trompe de cible, un article paru sur le site lavie.fr
- l’enquête parue dans le magazine Elle
- une interview filmée parue sur Femme actuelle
- « La femme n’est pas un chimpanzé » interview dans le nouvelobs
Sans oublier deux blogueuses dont j’ai particulièrement aimé les billets sur ce sujet : Clothilde (billet du 11 février) et Marine.









30 Commentaires
Le 11 novembre 2012 à 18 h 14 min , En Aparté a repéré pour vous - En Aparté a dit :
[...] - Une interview d’Elisabeth Badinter paru dans Elle avec Badinter. J’avais chroniqué son livre « Le conflit : la femme et la mère« . [...]
Le 11 septembre 2012 à 8 h 57 min , Etre parent, un « métier » plus difficile qu’auparavant ? - En Aparté a dit :
[...] de parents. J’avais parlé sur ce blog de l’essai d’Elisabeth Badinter, Le conflit, la femme ou la mère, du livre-témoignage de Stéphanie Allenou, Mère épuisée ou encore de l’essai de [...]
Le 24 mai 2012 à 22 h 24 min , Polémique Badinter – Antier dans le JDD - En Aparté a dit :
[...] du 13 février : si cela vous intéresse, vous pouvez lire le compte-rendu que j’ai publié aujourd’hui sur l’essai « Le conflit, la femme et la [...]
Le 24 mai 2012 à 14 h 31 min , En aparté fête ses 2 ans ! - En Aparté a dit :
[...] encore Le conflit, la femme et la mère d’Elisabeth Badinter, ou un livre à choisir parmi ceux cités dans le billet Le monde du [...]
Le 13 février 2010 à 7 h 28 min , Véronique a dit :
Le 13 février 2010 à 9 h 14 min , Gaëlle a dit :
Le 13 février 2010 à 0 h 15 min , Véronique a dit :
Le 13 février 2010 à 1 h 14 min , nathalie a dit :
- très peu de femmes allaitent en France, et en général très peu de temps
- la grande majorité des mères travaillent, la situation des mères au foyer est difficile à tous points de vue
- la pilule est le moyen de contraception le plus utilisé (avec malheureusement beaucoup d'échecs...)
- qui utilise des couches lavables ???
- il y a très peu de femmes qui ne veulent pas d'enfants, au contraire il y en a de plus en plus qui se prêtent à des traitements dangereux (PMA) ou des parcours d'adoption bien laborieux...
A noter sur ce thème les travaux de l'historienne Yvonne Knibiehler, qui critique notamment l'approche trop simpliste de "L'amour en plus" (d'E. Badinter)
Le 13 février 2010 à 2 h 19 min , Gaëlle a dit :
@ Nathalie : je suis d'accord avec toi pour dire que les excès ou dérives qu'elle évoque ne sont pas très représentatives dans la société française.
Mais EB le dit elle-même dans son dernier chapitre consacré au "cas" des Françaises. Elle conclut en disant qu'elle espère que les françaises vont continuer à conserver leur spécificité.
C'est pour cette raison que je disais que ces propos m'avaient un peu laissé sur ma faim car les problématiques "importantes" (dans le sens celles qui touchent une majorité de femmes) ne me semblent pas assez abordées.
Le 13 février 2010 à 2 h 35 min , stéphanie a dit :
Je n'ai pas encore lu ce livre mais je compte bien le faire ... Nous avons 3 enfants, nous vivons à Paris et nous travaillons tous les deux à plein temps. J'ai accouché la 1ère fois (et la dernière ...) à l'Hôpital Saint Antoine. J'ai trouvé les discours pro-allaitement lors des cours de préparation à l'accouchement absolument révoltants ... exemple: le cerveau du bb ne se développait pas correctement, la relation mère-enfant était meilleure, c'est le rôle d'une "vraie" mère ... Mon mari a arrêté d'y aller tellement il était furieux !. Lorsque j'attendais mon troisième, un médecin que j'allais voir pour une angine m'a expliqué que ma place était à la maison....etc. J'ai bcp ressenti le discours "naturaliste" dont parle E Badinter, les jugements, voire les critiques. C'est une réalité amplifiée certainement par une crise économique qui dure et touche d'abord les femmes. Il leur reste donc la maternité pour s'épanouir ....
Le 13 février 2010 à 2 h 35 min , laure a dit :
Le 14 février 2010 à 0 h 08 min , nathalie a dit :
mais si le corps médical pense que l'allaitement est vraiment meilleur pour la santé de l'enfant, pourquoi ne pas le dire ? C'est une recommandation quand même très limitée dans le temps (les quelques semaines du congé maternité), et comme toutes les recommandations médicales (ne pas fumer, faire du sport, manger des brocolis et des omégas 3...) personne ne vous oblige non plus à les suivre.
Peut être aussi que ce médecin a récupéré quelques mères au bord de l'épuisement, et voulait vous mettre en garde contre la difficulté de travailler avec 3 enfants ?
@ laure Il me semble que, finalement, pas mal de femmes se réalisent tout à fait dans leur carrière, que ce soit autour de moi, ou dans les médias.
Pour beaucoup d'autres le travail est une nécessité : salaire insuffisant du conjoint, mères seules, ... ou la simple conscience de la précarité de leur situation (séparation, divorce)
Je ne vois pas du tout quel argument concret peut permettre de parler d'un "retour de la mère"
Le 14 février 2010 à 1 h 09 min , Emilie a dit :
Je n'ai pas encore lu ce livre (mais je compte bien le faire!) et je suis très heureuse qu'une femme est enfin écrit sur ce sujet. Je suis tout à fait d'accord avec elle sur cette dictature qui nous impose d'avoir des enfants, de l'allaiter, d'être une bonne mère etc.
Je suis jeune (24ans) mais je ne veux pas d'enfants "Ah bon, pourquoi?", "mais tu vas changer d'avis!", "c'est pas possible! mais tu ne veux pas de petits enfants?".
Comme si c'était une obligation. L'instinct maternelle n'existe pas, les femmes ont surement inventé ça pour s'accaparer leur enfant...
Le 14 février 2010 à 4 h 51 min , Jeanne a dit :
Un peu de discernement, madame Badinter.
Ce que je perçois de la société moderne n’a rien à voir avec vos craintes.
La femme d’aujourd’hui ne souhaite pas rester au foyer à vie (et celle qui le souhaite, cela est tout à fait respectable). Nous savons que nous allons travailler jusqu’à un âge très avancé, et prendre un congé parental est une pause dans notre parcours professionnel, un temps de maternage que l’on a choisi de vivre pleinement pour reprendre ensuite le travail. Cela me semble sain, non extrêmiste et tout à fait respectable.
Aidez-nous plutôt à pouvoir choisir !
Un salaire parental, un vrai statut pour ce temps consacré à nos bb, un service public de la petite enfance...
N’ayez pas peur, ayez confiance en notre génération de femmes, nous aussi nous pouvons faire évoluer les mentalités.
Arrêtez de penser que nous sommes manipulables et manipulées et que nous mettons en péril l’émancipation des femmes.
Nous sommes les filles et les petites filles de deux stéréotypes de femmes opposés. Laissez-nous trouver chacune notre propre voie, lâchez prise, laissez-nous tranquilles. Votre combat n’est pas le nôtre, on ne s’y reconnaît pas.
Je voudrais quand même que Mme Badinter m’explique où est le diktat de l’allaitement maternel dans notre société ?
Depuis une dizaine d’année, on commence à parler des bienfaits de l’allaitement du bout des lèvres, en prennant beaucoup de précautions, sans culpabiliser le femme qui préfère donner le biberon.
Ce n’est pas nos mères qui vont nous conseiller, car elles n’ont pas allaité. Elles ont subi le diktat du lait artificiel et industriel. Vous n’allez pas me contredire, madame Badinter ?
Vous l’avez subi comme toutes les femmes. Nous le subissons encore tous les jours. Oui, ce diktat-là est partout, dans les magazines, à la télévision, dans la rue. Vous connaissez le monde de la publicité n’est-ce pas ? Je ne vous l’apprends pas.
Alors oui, pour pallier à un manque, des associations comme la leche ligue et quelques autres, ont contribué à sensibiliser, à aider les femmes qui souhaitaient s’embarquer dans cette nouvelle aventure.
Le personnel des maternités a aussi été formé, (eux-mêmes n’ayant pas allaité ) afin de pouvoir avoir un regard professionnel sur le sujet.
Alors si les femmes qui biberonnent se sentent jugées lorsqu’elles entendent qu’il n’y a rien de mieux pour leur bb que le lait maternel, je peux le comprendre. Mais il faut pouvoir l’entendre sans crier à l’injonction, c’est juste une information.
Quelle femme échappe à la culpabilisation ?
On a dû se battre pour allaiter, on subit des regards malveillants, des craintes quant à notre capacité à nourrir notre enfant.
Imaginez-vous, madame Badinter unesociété où la majorité des femmes allaitent leur bambins jusqu’à au moins 6 mois voire 1 an ?
Vous frémissez d’effroi ? N'ayez crainte, on en est loin.
Aujourd’hui l’allaitement oui, mais pas trop longtemps.
On sent bien un contre-transfert de la part de la plupart des gens. On dérange. On donne peut-être une image trop épanouie de la maternité dans l’inconscient collectif. Je vous rassure, en aucun cas on pense faire un chef d’œuvre, on se place au-dessus de tous, on allaite juste notre enfant par choix personnel.
Je ressens bien le contre-transfert de Madame Badinter. Avez-vous allaité ? Non, je ne pense pas me tromper en répondant à votre place.
Sinon, pourquoi tant de haine ? Peut-être que vous avez besoin de dénigrer celles qui ont pris la liberté de refuser le diktat du lait en poudre. ?
Et comme vous voulez être au-dessus de toutes les femmes, il faut bien nous trouver des défauts. Pauvres filles réac ( contre vous, oui !), naturalistes ( écolo, oui) et chrétiennes ( je suis athée) qui mettent en péril la société moderne telle que vous la défendez !
Et bien oui, madame Badinter, je fait de la psychanalyse sauvage comme vous faîtes de la philosophie de comptoir sur les ondes béantes du service public...
Le 14 février 2010 à 7 h 04 min , demande à maman ! a dit :
Je n'ai pas encore lu ce livre, mais je vais le faire rapidement. J'ai écouté et lu dernièrement un certain nombre d'interviews d'Elizabeth Badinter et je la trouve toujours aussi passionnante et captivante.
Je regrette néanmoins très vivement que les débats se cristalisent presque systématiquement sur l'allaitement et les couches lavables. Ca conduit à des discussions un peu stériles et anecdotiques qui laissent de côté le vrai challenge: ie l'organisation d'une société dans laquelle un blog comme en aparté pourrait presque fermer boutique!!! :) Une société dans laquelle les femmes pourraient sans pb concilier vie privée et vie professionnelle !!
Le 14 février 2010 à 9 h 22 min , Gaëlle a dit :
Il est vrai que les attaques d'EB contre l'association Leche League occultent d'autres problèmes beaucoup plus quotidiens et qui touchent une majorité de femmes françaises. D'autant qu'en France, nombreuses sont les femmes à allaiter puis à reprendre une activité professionnelle, voire en continuant à allaiter. De plus, cette période de l'allaitement ne concerne qu'une toute partie partie dans le temps de la vie d'une mère.
Cependant, certaines parties consacrées à la diversité des choix féminins par rapport à la maternité, à l'évolution des discours sur la maternité et des façons de la vivre méritent réflexions et débats.
En France, la légitimité des multiples rôles féminins est relativement acquise par rapport à de nombreux autres pays européens ou plus lointains. En revanche, il reste beaucoup à faire pour les articuler, les favoriser, trouver le bon équilibre...à la fois en tant qu'individu, couple et société au sens large.
Le 15 février 2010 à 3 h 01 min , Sandrine a dit :
Le 16 février 2010 à 7 h 59 min , mmepastel a dit :
Voilà, bonne continuation !
Mme Pastel
Le 16 février 2010 à 1 h 37 min , BabsGirl a dit :
Je lis et je reviens ....
Le 17 février 2010 à 4 h 02 min , marie a dit :
je vous trouve aussi radicale et ignorante que EB pour affirmé que l'instinct maternelle n'existe pas! dan sle sens où vous vous ne le sentez pas qu'il n'existe pas, moi je l'ai senti depuis toute petite, quoi dois je croire que je suis folle de sentir en moi quelque chose qui n'existe pas? et les autres mamans? il me semble que cette histoire d'instinct maternelle est bien plus complexe que ca , ce n'est pas ou tout blanc ou tout noir...
voir l'article
http://bibliobs.nouvelobs.com/20100212/17721/une-chercheuse-americaine-repond-a-elisabeth-badinter
mais c'est tout a votre honneur de savoir ce qui est bon pour vous, et de l'assumer, a savoir de ne pas vouloir d'enfant car vous vous epanoouisser en tant q'individu dans une autre voie,
quoi qu'il en soit
les pressions ont les subi dans tous les sens qu'on veuille des enfant ou pas , qu'on choississent d'allaiter ou pas , qu'on choississe d'accoucher naturelle ou pas, de travailler ou pas , qu'on choissisent son age pour avoir des enfants.
peut importe le choix qu'on fait, l'important est de savoir ce qui est bon pour nous meme ce qui nous convient a ce moment la, et rien n'empeche de changer d'avis pllus tard
un jour j'espere que chaque personne qui se cotoie, notement medical, professionnel face aux individu, couple, famille, enfants, femmes et hommes de notre société, on entendra cette phrase: "Vous, madame, Vous, monsieur, qu'est ce qui vous convient a Vous, qu'avez vous besoin , qu'avez vous envie , pour votre vie? " plutot que d'entendre des reflexions acerbes et deplacer qui n'ont rien de professionnel, d'éthique, d'information libre et eclairé! que se soit dan sun sens ou dans l'autre!
personnellement j'ai choisi d'allaité et d'acoucher naturellement, et bien dautre chose qui herrisant le poil de l'entourage familal et medical(m'autorisant a changer d'avis si besoin), mais j'etai sur mes mes choix, (mon ptit a 2 ans, donc tous recent) et je peut vous dire que j'en ai essuiyé des critiques, , j'ai eu la vague impression que ce qui derangeait des ces choix , ce n'etait pas t'en ce qu'ils etaient , mais ce que j'etait confiante et sure de moi, que je m'etait ecouter et que j'assumai jusqu'au bout!
je croit que un des gros noeud du probleme, c'est cette volonté redonnée force et confiance au femmes de leur dire qu'elle sont responsable d'elle meme et de leur choix , qu'importe le choix, j'ai l'impression que les ecrivains nous pose souvent en position de victime, victime des dictak, des hommes, de la société etc et que il vous venir nous sauver? mais il ne propose pas souvent de solutions
les solutions elles viennent d'en bas, des reseaux de soutien aux femmes, creer par des femmes, pour repondre a des problemes concrets, reel, quoditien, souvent se sont de solution béquille en trouvant mieux mais elles sont là ,le seul hic c'est que ce n'est pas souvent reglementé, et laisse la place a faire n'imorte quoi car des que ca remonte au oreilles des plus grands, ca y'est on s'insurge! je parle de la LLL, des doulas de france, des association de maternage, des sage femme liberales pratiquant les AAD, si elles existe c'est quil y a une reelle demande? mais cette demande certes florissante ne veut pas dire, extremistme pour tous , je connais des maman qui donne le biberon et co-dodote, ou qui allaite mais ne codotte pas!
critiquer cette mouvance du retour aux source c'est tres mal la connaitre, car chacun est li
bre d'y prendre ce qu'il veut ce qu'il a besoin, ce qui lui correspond! par contre ce de qui il faut ce mefier ce sont effectivement ces grand groupe qui eux usent de leur pouvoir mediatique, pour nous faire croire n'importe quoi, qui utilsent le green washing pour tous et nimporte quoi! pas les groupuscule de parents radicaliste bio
voila pour ce long commentaire , excusez moi de pas avoir une belle plume mais h'ai essayé de formulé au mieux mes pensées car ce que critique outrancierement EB au travers de ses interviews je le vis quoditiennement dans ces reseaux des femmes et ca n'a rien avoir avec ce qu'elle décrit
ce qui n'empeche pas effectivement une minorité de personne un peu plus "difficile de tolerance" mais il y en a dans tous les secteurs!
marie
Le 17 février 2010 à 2 h 01 min , Gaëlle a dit :
Le 18 février 2010 à 1 h 10 min , liz a dit :
j'avais envie de lire l'ouvrage, mais je n'etais pas sure d'etre prete à prendre le temps, là tu m'as définitivement convaincue de le faire.
Je pense que tous ces remous sont vraiment revelateurs, on vit quelque chose d'important !
merci
Le 1 mars 2010 à 5 h 37 min , Karen a dit :
Pour information, le 25 mars, France 5 consacre une édition entière à Elisabeth BADINTER.
Les rubriques habituelles de l'émission présentée par Elizabeth Tchoungui et Nathalie Le Breton seront emplacées par un face-à-face de 65 minutes entre Élisabeth Badinter et dix téléspectatrices ayant lu son dernier livre Le conflit, la femme et la mère (Flammarion). Trois thèmes seront abordés : la mère et l'enfant, la femme et le travail, et le partage des tâches à la maison. Source :
http://www.tele-2-semaines.fr/contenu_editorial/pages/echos-tv/6093-les-maternelles-un-numero-special-elizabeth-badinter
Le 1 mars 2010 à 6 h 13 min , liz a dit :
je vais essayer de regarder!
Le 1 mars 2010 à 6 h 37 min , Gaëlle a dit :
Le 2 mars 2010 à 0 h 04 min , Muse a dit :
Et j'ai trouvé son analyse très juste. J'ai constaté des pressions analogues en tant que femme et enseignante même si je suis loin d'avoir des connaissances aussi poussées que EB non plus que son vécu à la fois personnel et intellectuel.
Ce qu'elle aurait pu développer davantage c'est le revival intégriste religieux toutes religions confondues qui se sert depuis 15 ans du naturalisme mais aussi du créationnisme pour remettre en avant l'idée de la seule voie maternelle soumise et esclave de ses enfants et de son mari.
Que la pub comme les médias en général utilisent cette image de la femme uniquement mère mais aussi de l'enfant-roi pour faire croire que c'est la quintessence du bonheur.
Que le milieu médical est de plus en plus enclin à pousser les femmes à allaiter mais aussi à ne surtout pas avorter (culpabilisation, refus de pratiquer l'avortement, absences de propositions alternatives à la pilule au plan contraception, même si pilule peu adaptée) et qu'il y a derrière ces refus, une grosse influence de groupes ultra religieux et politiques réacs fachos qui font du lobbying auprès des médecins et des gynécos et osbtétriciens.
Qu'il y a, outre une conjoncture économique difficile, beaucoup de femmes qui se réfugient dans la maternité faute d'un épanouissement conjugal et sexuel réels (même si libération sexuelle et contraception, mauvaise connaissance du corps, difficulté à accepter de se laisser aller, d'avoir du plaisir, de s'abandonner sexuellement) . Et que si la maternité offre à beaucoup de femmes une sorte de relation passionnelle et fusionnelle de manière temporaire (qui comble de manière symbolique certaines frustrations amoureuses), elle l'éloigne parfois définitivement du couple (divorces se produisant souvent avant les 6 ans de l'enfant) mais aussi d'une stabilité financière (de grosses difficultés après un arrêt de plus d'un an de retrouver du travail, précarité qui amèneront souvent retraite trop mince pour se soigner et se nourrir décemment).
Elle n'évoque pas non plus l'aspect suivant: la seule responsabilité sexuelle et contraceptive étant féminine, elle fait croire à beaucoup de femmes qu'elles sont les seules à oeuvrer dans l'éducation enfantine. Or souvent, les enfants manquent terriblement de pères présents. Et je crois que les hommes seraient davantage présents au plan éducatif s'ils étaient responsabilisés sexuellement avec une contraception partagée.
J'aurais aussi aimé qu'elle parle de la régression de l'enseignement diversifié et culturel à l'école qui pénalise de plus en plus de jeunes filles et rend plus difficile leur accès à l'emploi, donc les invite de plus en plus jeunes à renoncer à une autonomie financière et à se contenter de la maternité.
J'ai beaucoup aimé son analyse sur le féminisme essentialiste qui comme le naturalisme, ne voit l'épanouissement féminin qu'au travers de la maternité.
Et j'ai aimé qu'elle dénonce sans détour ce féminisme très proche des visions de Boutin.
J'ai par contre détesté les critiques journalistiques ou anonymes sur sa personne et son lien à Publicis.
Parce qu'elle n'a pas choisi son père (Marcel Bleustein Blanchet) et parce qu'elle a choisi une autre voie que la pub dès le départ, justement pour ne pas dépendre de la fortune paternelle (sa réalisation pro n'a rien à voir avec la pub). Elle a très bien réussi par ses propres moyens et avec le soutien plein et entier de son mari (un humaniste de grande valeur). Si aujourd'hui elle a un rôle administratif ou consultatif au sein de Publicis et une rente, ça n'a rien à voir avec ses idées et son métier de philosophe. Seulement au fait qu'elle a eu un père fondateur de la pub et que comme tout enfant qui hérite de son parent, des responsabilités et des obligations.
Elizabeth Badinter a eu 3 enfants, a des petits-enfants, a, de par les activités politiques de son mari et ses propres travaux de recherche, de militante féministe égalitariste, un bon panel d'observations de notre société. Et je suis très contente qu'elle ait fait ce livre pour alerter ma génération et les suivantes de la régression sociale actuelle.
Avec Gisèle Halimi, Maya Surduts, Elizabeth Badinter me parait une des dernières féministes universalistes égalitaristes. Et d'autant plus nécessaires aujourd'hui dans un contexte politico-économique et religieux très problématique pour les femmes.
Le 10 mars 2010 à 3 h 51 min , Marie-Laure a dit :
J'adhère complètement au commentaire précédent. J'aimerais ajouter que je n'ai pas pris ce livre comme un jugement de valeur péremtoire mais bien comme une succession d'infos et de mises en garde contre les partis-pris. EB met en avant essentiellement la liberté de choix dans la mesure où ce choix est fait en toute connaissance de cause et en pleine possession de son libre arbitre.
En effet, nous avons du lutter depuis la nuit des temps pour obtenir la considération qui nous est due, pour avoir le droit de penser par nous-même, pour disposer de notre corps, de ne plus avoir à pâtir de choix faits à notre place, pour avoir le droit de vote, celui de prendre un moyen contraceptif, d'avorter... Il est naturel de vouloir continuer à défendre notre liberté.
Que celles qui maternent intenssivement puissent le faire, que celles qui ne le veulent pas le puissent également. Que chacune puisse allaiter ou non, si elle le désire. Que celles qui ne veulent pas avoir d'enfant ne soient pas mises au banc de la société. Bref, je ne vais pas redéfinir la problématique de ce livre EB l'ai fait et bien mieux!!! Mais ce qui me semble important c'est que l'on essaie pas de penser pour les autres et que chacune respecte le libre choix de l'autre.
Il n'est pas tolérable que toutes embarquées sur la même barque, celle de la féminité, nous appliquions les préceptes qui étaient l'appanage de nos détracteurs passés, à savoir le jugement de valeur. Nous sommes différentes les unes des autres, chacune avec ses aspirations, sa philosophie de vie, son passé .... ne cherchons pas à donner de leçons aux autres mais plutôt à comprendre que nos choix nous déterminent en tant qu'être humains et pas seulement comme femme ou comme mère (bonne, médiocre ou mauvaise).
Voilà, je ne sais pas si ce petit texte est clair mais je tenais à préciser que je ne suis pas une douce illuminée qui vit au pays des bisounours, mais une mère qui tente de vivre sa vie de mère et de femme du mieux qu'elle peut c'est à dire en faisant le moins de mal possible.
Le 15 avril 2010 à 9 h 05 min , cava a dit :
Bonjour, Vous pouvez lire si vous souhaitez connaître des points de vue différents la réponse de la Leche League sur leur site, en particulier la page suivante :
http://www.lllfrance.org/Actualites-autour-de-l-allaitement/
Le 17 avril 2010 à 8 h 58 min , Sophie a dit :
Bonjour,
J'ai feuilleté le livre prête à l'acheter....
Seulement voilà, quand je lis que pour démontrer qu'il n'y a pas d'instinct maternel elle se réfère à Betheleim, qu'elle dit tenir en haute estime! Mon sang n'a fait qu'un tour!
J'ai un enfant autiste et bien que les thèses de ce monsieur, mythomane notoire, soient considérées comme fausses au niveau international, nous, mères françaises en subissons toujours les conséquences....
Quand on est philosophe, ne doit on pas vérifier ses références à la lumière des connaissances actuelles?
Merci pour votre article et les commentaires sont pertinents.
Le 6 juin 2011 à 0 h 45 min , Cat a dit :
je suis entrain de le lire. J'ai accouché d'une petite fille il y a 4 mois et demi, et j'ai assez mal vécu ma grossesse et les suites ... et j'adore ma fille plus que tout. C'est m'important me direz-vous ..
J'ai eu une grossesse sous le signe de la culpabilité. Une de mes collègues a perdu deux bébés avant la naissance, j'étais enceinte lors de sa deuxième grossesse. La mienne est donc devenue quasi un tabou, il fallait faire comme si je n'étais pas enceinte ... (pression morale très importante ... où l'on bosse où l'on s'arrête, j'ai fini par être arrêtée, chute de tension, dépression nerveuse ... supper la pression sociale ... ) ... et quand j'ai enfin accouché, on ne m'a parlé que du conflit avec ma propre mère, et de ma collègue qui fallait ménager ...
Pour l'allaitement, c'était un choix personnel ... n'empêche que l'infirmière de HAD pro allaitement à insister sur le fait que quand on veut on peut ... allaiter même en travaillant. Sauf que lorsque j'ai parlé à ma directrice de mon droit à une heure par jour pour tirer mon lait, je me suis entendue dire qu'on devrait me payer un litre de lait par jour, ça couterait moins cher à la société (pourtant cette heure n'est pas rémunérée), je me suis entendue rappeler ce que ma grossesse avait couté à la société, me rappelant que si moi j'étais à tant d'heures, on n'avait pu embaucher qu'une personne à moins d'heures que moi ...
La pression sociale est vraiment là dans certains milieux, et ce qui me fait halluciner c'est que je travaille avec des femmes ... qui ont eu elles-mêmes des enfants. Je peux dire qu'elles ne me font pas de cadeaux ...
je vis dans un sentiment de culpabilité, avec un sentiment de culpabilité profond à cause de la société, de ce que j'entends autour de moi ... je ne travaille qu'à temps partiel (80%), et je me sens coupable de ne pas passer assez de temps avec ma fille, avec mon mari ... bref, pour moi, tout est sujet à me sentir coupable ... inutile de vous dire que je le vis très mal. Heureusement mon mari est à l'écoute, et ma fille est formidable !
Bref, je retrouve beaucoup de ce que je ressens dans le livre de Badinter. Je pense que le milieu dans lequel on évolue, la sphère social joue un grand rôle dans le ressenti des mamans.
Je pense qu'en France, on a beau nous répéter comme je l'ai encore entendu hier, que nous sommes un pays exceptionnel à ce niveau (cf kosusco-moriset), je crois qu'il y a et des oeillères et des tabous sur le sujet ... une certaine politique de l'autruche.
Je pense que peu de femmes osent dire leurs expériences quand celles-ci sont négatives quant à leur grossesse ou/et les suites de celle-ci. Je pense qu'il est mal vu de dire qu'on a détesté être enceinte à cause de l'attitude des gens qui s'approprie un événement qui n'appartient qu'à vous et à votre compagnon, de cette attitude à répéter qu'une grossesse n'est pas une maladie, sans être dans le juste milieu qui est que si ce n'est pas une maladie, c'est quand même un événement qui fait que l'on n'est pas aussi performant (selon les femmes) que lorsque l'on est pas enceinte ... l'agression visuelle, et aussi physique des gens ...
Je crois qu'une femme, en france, n'a pas le droit de se plaindre de vivre mal le fait d'être mère à cause de notre société, car nous n'avons pas le droit de nous plaindre de cette société, au vue de ce qu'il y a ailleurs ... tant que l'on aura une politique de l'autruche, certaines femmes traverseront de vraies dépressions durant leur grossesse et dans l'année qui suivra l'accouchement, à cause de cette société qui croit tout savoir sur tout, qui se croit des pouvoirs sur tout, sans tenir compte des personnes, de la sensibilité des personnes ...
Je vais m'arrêter là, parce que j'aurais tant et tant à dire ..;
je suis contente de constater que depuis quelques années, certaines femmes osent lever des tabous !
Je mets un lien de votre article sur ma page facebook.
Merci à vous
Laisser un commentaire