Interviews d'expert(e)s

Quel bilan pour l’Observatoire de la parentalité en entreprise ?

L’Observatoire de la parentalité en entreprise a 1 an. Pour rappel, son rôle est de convaincre un nombre grandissant d’entreprises à signer la Charte de la parentalité et de veiller à ce que celle-ci se traduise par de actions concrètes dans les entreprises.

J’avais eu l’occasion d’en parler ici et  notamment. J’ai souhaité interviewé Jérôme Ballarin, président de cet Observatoire, pour savoir ce qui a été fait en 1 an et les actions à venir. Surtout n’hésitez pas à commenter ses propos et à poser des questions (je pense qu’il trouvera un petit moment pour y répondre ). 

Quel bilan tirez-vous de l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise ?

L’activité de l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise a été très intense durant cette année de lancement : plusieurs événements de signature de la Charte de la Parentalité (150 signataires à fin 2009), groupes de travail thématiques entre employeurs (développement du télétravail, accompagnement de la femme enceinte, formation des managers…), Baromètre 2009 de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale (avec 3 volets : salariés, employeurs et enfants), participation au Haut Conseil de la Famille, lancement de la Journée nationale de la Famille en Entreprise, valorisation des bonnes pratiques auprès du grand public.

La crise a-t-elle coupé l’élan des entreprises à se préoccuper de ses sujets ?

Non, le volet « employeurs » de notre Baromètre 2009 a montré que, dans les entreprises signataires, le budget consacré aux actions de soutien des salariés parents était stable en 2009 pour 59% d’entre elles, et en hausse pour 38% d’entre elles par rapport à 2008.

Quels sont vos projets ?

Nous allons poursuivre et professionnaliser encore davantage nos actions en 2010 pour faire bouger la société française sur ces enjeux cruciaux de conciliation entre vies professionnelle et familiale, mais aussi plus globalement de performance durable sur le plan humain.

Pouvez-vous me citer quelques initiatives dans ce domaine qui vous semblent mériter d’être soulignées ?

Parmi les grandes catégories d’actions concrètes que les employeurs mettent en œuvre pour concrétiser la signature de la Charte de la Parentalité, la catégorie d’actions qui nous semble la moins explorée par les employeurs français concerne la formation des managers. Or, elle est fondamentale : si les responsables hiérarchiques ne mettent pas en œuvre au quotidien, avec leurs équipes, les dispositifs pro-parentalité décidés par les dirigeants et les DRH, ces dispositifs ne seront jamais traduits dans les faits.

Au titre des entreprises pionnières en la matière, Areva a diffusé à l’ensemble de ses managers un guide sur comment conduire un entretien pré et post-congé maternité. Ce type de guide et de formation permet de créer un référentiel commun à l’ensemble des personnels encadrants. Il constitue un premier pas vers un dispositif d’ampleur pour former les managers de proximité à respecter la vie familiale de leurs collaborateurs.

Qu’avez-vous envie de répondre à ceux et celles qui pensent que la Charte de la Parentalité est une « coquille vide » ?

Dire cela constitue une injure pour les 120 employeurs signataires de la Charte de la Parentalité. La moitié sont des grandes entreprises comme Areva, Danone ou La Poste qui avec ses 310 000 collaborateurs dans l’Hexagone représente le plus important signataire en terme d’effectif. Mais l’autre moitié des signataires est composée d’entreprises de moins de 1000 salariés. La Charte de la Parentalité s’adresse ainsi à des employeurs de toutes tailles, de tous secteurs d’activité et de toutes les régions françaises. A ce jour, le plus petit signataire est un commerce de Saint-Germain-en-Laye qui emploie une salariée à 4/5ème.

Au-delà des enjeux d’attractivité et de fidélisation des collaborateurs, tous ces employeurs ont compris qu’il existe un véritable cercle vertueux entre le bien-être des salariés et la performance économique.

Le mouvement d’ampleur lancé par l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise touche aux enjeux sociétaux les plus importants du moment : conciliation entre vies professionnelle et personnelle, prévention du stress au travail, éducation des enfants, et, bien sûr, égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Grâce à la Charte de la Parentalité, les mentalités sont en train de changer sur ces sujets en France.

N’hésitez pas à commenter, apporter vos témoignages, vos souhaits, etc. !

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10 thoughts on “Quel bilan pour l’Observatoire de la parentalité en entreprise ?

  1. En signant la Charte de la Parentalité, les employeurs s’engagent explicitement à créer un environnement favorable à la femme enceinte. En revanche, il est laissé à leur libre
    appréciation, en concertation avec les représentants du personnel, le fait d’aider les femmes qui allaitent à leur retour de congé de maternité. Et de fait, certains signataires ont prévu des
    choses autour de cette question, avec toutes les garanties d’hygiène et de sécurité que cela nécessite.
    La question que vous posez m’amène plus largement à donner quelques explications sur la façon dont les entreprises signataires de la Charte de la Parentalité concrétisent leur engagement.
    Les signataires concoivent en général dans les mois qui signent la signature de la Charte un plan d’action pro-parentalité qui peut prévoir des services facilitant le quotidien des
    salariés parents (crèches, conciergeries…), du soutien financier (mutuelles, CESU…), l’adaptation de l’organisation du travail (temps partiel choisi, télétravail…), ou encore la
    sensibilisation des responsables hiérarchiques. Certains, et c’est ce que nous recommandons, concluent avec leurs partenaires sociaux des accords d’entreprise où ces dispositifs d’aide à la
    conciliation entre vies professionnelle et familiale prennent force de loi.

      

  2. Merci pour cette interview Gaelle. Néanmoins je réitère, et je le dirai en personne et en face à face si besoin est, l’OPE, c’est une coquille vide. Depuis les bureaux, ça semble sans doute une
    bonne idée, mais sur le terrain, dans ;e quotidien des gens qui travaillent, rien n’a été changé ou amélioré par eux.
    Rien que pour leur idée absurde de créer une journée des enfants au bureau, je pense qu’ils déforment les besoins des salarié/e/s. Je ne reviens pas dessus, je l’ai suffisamment fait à l’époque,
    même si cela me révolte toujours autant.
    Qu’ils prennent une mesure concrète.
    Pour moi comme pour une très grande majorité des membres du réseau maman travaille, ce qui est une injure, c’est de faire croire que des entreprises signataires respectent les droits des parents,
    quand on écoute les syndicats et les salariés qui chantent une toute autre chanson.
    Ca, c’est une injure faite aux mères actives, c’est les prendre pour des connes !
    Faire des pince-fesses avec les directeurs généraux d’agences n’aide pas les parents actifs, concrètement, dans leur conciliation.
    Gloire à la langue de bois !

      

  3. Question subsidiaire: que peut répondre l’OPE aux familles des 26 suicidés de France Telecom, un des premiers signataires de la Charte de la parentalité ?
    Et une dernière: France Telecom avait reçu un label Top Managérial.
    Quand j’ai qualifié l’OPE de coquille vide (car c’est moi qui l’ai fait sur le blog Maman travaille) j’ai mis en parallèle cette charte qui fait signer des grandes entreprises qui s’offrent ainsi
    une com’ à moindre frais (je viens de la com’ RH, on ne me la fait pas) et celles qui signent la charte de la diversité mais continuent à embaucher des cadres quadras, blancs, français, mâles.
    On ne peut pas nier ce décalage entre le discours officiel et la réalité des entreprises au quotidien, c’est le faire qui est une injure.
    Si M. Ballarin lit, je l’invite cordialement à se rendre à notre réunion de demain soir, à Paris, sur la conciliation vie professionnelle / vie de famille.
    Il pourra ainsi rencontrer la trentaine de femmes et via le web, les quelques milliers qui l’ont « injurié » en approuvant le qualificatif de coquille vide.

      

  4. Vous parlez de La Poste, j’y travaille depuis vingt ans et je me bat depuis la naissance de mes enfants pour avoir des horaires adéquats avec ma vie de famille( mixtes donc).Dernièrement on m’a
    clairement fait comprendre que ces horaires n’étaient plus compatibles avec la fonction que j’occupe depuis quatre ans, que j’avait eu de la chance d’avoir eu de la promotion tout en ayant eu
    mes enfants: continuellement , ce sont des reflexions sur mon travail, ma capacité à comprendre, à gerer ( je suis chef d’équipe) mes chantiers; des contrordres, ect…On me discredite devant mes
    agents. Et mes horaires et me vie de famille sont sans arret mis en cause! Alors La Poste signataire d’un accord sur le respect de la parentalité…Laissez moi rire!

      

  5. Plusieurs réactions me viennent quand je lis les commentaires rageurs qui précèdent : elles oscillent entre empathie et colère. Empathie
    car je conçois que les choses ne bougent pas assez vite. Empathie car je comprends que certaines personnes vivent des choses extrêmement pénibles et en nourrissent une forme de
    « haine ». Empathie car certaines initiatives comme la Journée de la Famille en Entreprise peuvent ne pas rencontrer l’adhésion de tou(te)s les salarié(e)s. Sur ce point, chacun est
    libre de vouloir montrer son lieu de travail à ses enfants et d’y voir ou non des avantages pour le bien-être de ces derniers et pour la qualité des relations au sein de l’entreprise. Empathie
    donc, mais aussi colère devant la véhémence verbale des commentaires qui précèdent.

    Colère car, étant moi-même jeune père et réalisant que pour des millions de Françaises et de Français, concilier vie professionnelle et vie
    familiale constituait un véritable sport national, j’ai créé bénévolement – il y a à peine un an… – cette association qu’est l’OPE pour faire bouger les choses et aider les salariés. Colère car
    dans les commentaires qui précèdent, je ne vois rien sur l’enquête menée début 2009 par l’OPE auprès des salariés français, et qui montre par exemple que 3 salariés parents sur 4 estiment que
    leur employeur ne fait pas grand-chose pour les aider à concilier vie professionnelle et vie familiale (chiffre que je n’ai cessé de répéter toute l’année). Est-ce de la langue de bois de dire
    cela ? Est-ce flatter les employeurs que de leur mettre sous le nez cette triste réalité ? Est-ce une coquille vide que de pousser ces mêmes employeurs à mieux accompagner les salariées
    enceintes, à développer le télétravail ou à former leurs managers de proximité au respect de la vie personnelle de leurs collaborateurs (sujets des groupes de travail de l’OPE en
    2009) ?

    Vraiment, au-lieu d’attaquer l’OPE, certains feraient mieux d’applaudir son existence et d’appuyer son action. Je remercie d’ailleurs les
    nombreuses personnes qui nous proposent de créer des antennes locales de l’OPE et de militer avec nous pour inciter les employeurs à aider davantage leurs salariés à concilier vie
    professionnelle et vie familiale.

      

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