Autour du travail

Le sentiment du travail bien fait

Le sentiment du travail bien fait tient une place importante parmi les éléments de satisfaction ou d’insatisfaction dans la vie professionnelle. J’avais déjà eu l’occasion d’aborder la notion de fierté au travail mais j’ai eu envie de revenir sur cette notion qui semble parfois bien mise à mal.

Parmi les éléments qui engendrent du stress, voire de la souffrance au travail, la disparition, (ou tout du moins l’amoindrissement) du sentiment du travail bien fait constitue une explication de poids. Or, on le sait, le travail bien fait est un facteur de satisfaction personnelle, de reconnaissance, d’estime de soi, mais également de motivation et d’engagement.

Pour avoir l’impression de bien faire son travail, plusieurs facteurs (certains objectifs, d’autres beaucoup plus subjectifs) entrent en jeu :

– la possibilité matérielle d’exercer son métier dans (ce que l’on estime être) les règles de l’art,
– le temps pour le faire,
– de bonnes raisons de bien le faire,
– de bonnes motivations pour bien le faire,

Plusieurs éléments « collectifs » peuvent remettre en cause cette impression  :

– une dégradation des conditions de travail (intensification du travail, manque de moyens matériels ou immatériels, objectifs irréalistes, injonctions contradictoires, etc.)
– une dégradation du collectif, du management, de la stratégie, etc.

Mais également des éléments davantage « individuels » :
– baisse de la motivation,
– usure, fatigue,
– manque de certaines connaissances, compétences, qualités

(Je n’aborde pas ici les cas de baisse de conscience professionnelle dénoncée par certains (je pars ici du principe que les personnes ont envie de bien faire leur travail !).
D’autre part, l’envie de bien faire son travail peut disparaître pour différentes raisons :

– rémunération jugée insatisfaisante,
– reconnaissance estimée insuffisante par rapport aux efforts fournis pour bien faire son travail,
– efforts fournis non proportionnels aux résultats escomptés ou finaux,
– les efforts fournis ne sont pas en adéquation avec ce en quoi l’on croit, en quoi l’on adhère, ce que l’on pense juste ou efficace ou pertinent…

De nombreux salariés, issus de professions diverses, se plaignent de ne plus pouvoir exercer correctement leur métier (les enseignants, les infirmières, les médecins, les magistrats, les enseignants, les salariés travaillant dans les entreprises de service, certains fonctionnaires, etc.). Ils se plaignent de devoir travailler trop vite et donc souvent de façon bâclée, insatisfaisante. Ils ressentent l’impression de ne pas pouvoir effectuer correctement leur travail, ou pire, de mal faire leur travail.

Cela peut entraîner du découragement, de la lassitude, de la frustration, de la démotivation, une position de désinvestissement, voire de rejet. Mais également une perte d’estime de soi, et surtout la disparition du plaisir de travailler.
Selon Laurence Théry, inspectrice du travail et responsable confédérale CFDT à la santé, qui a dirigé l’ouvrage Le Travail intenable, «travailler n’est pas qu’une question d’argent. C’est aussi et surtout une nécessité pour l’équilibre humain, notamment par la satisfaction du travail bien fait : réaliser une belle pièce, boucler correctement un dossier client, s’occuper pleinement d’une personne âgée. Quand le salarié estime ne plus pouvoir faire un travail de qualité, il le vit comme une indignité personnelle».
Heureusement, il existe encore des personnes qui mettent en avant leur plaisir de travailler notamment grâce à un sentiment de travail bien fait. Il est intéressant de signaler que ce sont chez les artisans (au sens très large) que le sentiment du « travail bien fait » semble le plus fort, ou, en tout cas, le plus souvent aussi clairement exprimé.

Et vous ? Avez-vous le sentiment de pouvoir parler de travail bien fait ? Si oui, grâce à quoi ?
Et si cela n’est pas le cas, quelles en sont les principales raisons, selon vous ?

La photo a été trouvée ici

5 thoughts on “Le sentiment du travail bien fait

  1. Un travail bien fait, c’est aussi le plaisir que l’on prend à le réaliser tous les jours (même si il y a des jours sans), le plaisir de se sentir utile, le regard des autres et leur sourire alors
    qu’ils faisaient le tête en entrant …

      

  2. C’est bizarre quand on dit travail bien fait on pense souvent à l’artisanat. Tu as raison pourtant, ça se retrouve (ou pas, justement!) dans tous les domaines. Je réponds à ton mail dès que je
    touche terre, promis!

      

  3. @ Babsgirl et Crevette : merci de vos réactions !

    Si je suis d’accord pour dire que le sentiment de se sentir utile et de participer à la bonne ambiance est très important mais il me semble que c’est un peu différent d’avoir le sentiment de bien
    faire son travail. On peut, me semble-t-il, bénéficier d’une bonne ambiance de travail mais avoir à côté de cela le sentiment que le travail n’est pas forcément bien fait (personnellement, j’ai
    déjà vécu cette situation…!).

    Message perso à Crevette : j’attends donc que tu touches terre :-)) bon courage !

      

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