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Education : quand les deux parents ne sont pas d’accord

Dans un monde idéal et parfait, l’éducation serait un long fleuve tranquille, avec des parents soudés, toujours sur la même longueur d’ondes, cohérents, etc.

Mais dans la vraie vie, c’est plus compliqué que cela. Déjà chaque parent a reçu une éducation singulière et en est inévitablement imprégné. Ensuite, chacun a son propre système de valeurs et sa propre façon de faire.

Généralement, il y a une orientation éducative commune, mais dans le quotidien et au fil des années, cela peut se traduire et évoluer de façon différente. Et puis face à un comportement ponctuel d’un enfant, on ne réagit pas forcément de la même façon, selon son humeur. Et puis, on peut être d’accord sur les grands principes mais ne peut les appliquer de la même façon. Ou encore ne pas avoir les mêmes priorités au même moment.

Alors, peut-on éviter les tensions et les conflits au sein du couple liés à l’éducation ? Les disputes à cause des enfants sont-elles évitables ? Je crois que non, en fait 🙂

Le sujets de désaccords peuvent être très nombreux, ils peuvent être liés à tout un tas de sujets ou règles de vie (l’argent, les sorties, la scolarité, la politesse, les repas, les cadeaux, les écrans, les vêtements, la religion…). Bref sur tous les aspects petits ou grands de l’éducation. Ils sont souvent liés aux notions d’autorité et de limites, d’autonomie ou de protection, de niveau d’exigence… mais pas seulement. Heureusement, les désaccords peuvent être minimes et facilement ajustables. Mais parfois ils sont bien tranchés et plus difficilement conciliables. Dans ce cas, on fait quoi ?

La règle que tout le monde connait est : ne jamais se contredire devant les enfants.

En gros, si on n’est pas d’accord, on en discute en l’absence des enfants. Et calmement, si possible.

Cela parait simple et de bon sens. Dans les faits, ce n’est pas toujours évident. D’abord, il faut parfois se retenir pour ne pas intervenir à chaud, pour ne pas contredire son conjoint là tout de suite, maintenant. Mais en général, on évite de renouveler trop souvent l’expérience car on se rend vite compte que les conséquences sont très mauvaises.

En revanche, en discuter à deux, loin du regard et des oreilles des enfants, ne signifie pas que l’on va forcément trouver un terrain d’entente. Heureusement, grâce au dialogue, plus ou moins calme ou tendu, on peut parvenir à trouver un compromis, une solution ou une attitude qui convient aux deux. Ce temps de discussion (qui peut parfois nécessiter plusieurs conversations) permet à chaque parent d’exprimer son point de vue, sa position et ses arguments. Et de ce dialogue, de ce temps pris à deux pour réfléchir, peuvent naître des décisions discutées et approuvées par les deux. Exemple concret : l’argent de poche. Un parent est pour, l’autre n’y est pas favorable. On trouve un compromis (du style, on attend encore un peu pour lui en donner et la somme fixée convient aux deux parents). Ou les sorties : un parent accepte que l’enfant sorte, l’autre estime que cela n’est pas raisonnable étant donné ses résultats scolaires ou son manque de sommeil. Pareil, on peut trouver une solution qui satisfait les deux (genre, OK, cette semaine, elle peut sortir mais pas le week-end prochain). Ou les écrans : un parent souhaite que son enfant ait un portable car il commence à être autonome pour les trajets et l’autre considère qu’il est trop jeune (on peut imaginer que la solution soit un téléphone avec juste la possibilité d’envoyer des SMS mais pas de forfait internet). Ou le choix des écoles, des études ou le comportement à adopter face aux premiers petits copains. Etc. Etc. Je vous laisse compléter la liste 🙂

On peut également mettre en place d’autres façons de faire pour apaiser les divergences et éviter les conflits : par exemple, laisser un des parents prendre l’initiative ou les rênes sur un sujet un peu discordant (ou conflictuel) et voir ce que cela donne. Si cela fonctionne, très bien. Sinon, on peut tester la façon faire de l’autre parent. On peut aussi se répartir un peu les domaines d’intervention ou les rôles, selon les périodes, les affinités et les appétences de chacun. Par exemple, un parent gère davantage les achats de vêtements (même si les choix ne plaisent pas trop à l’autre) tandis que l’autre s’occupera plus des sorties et des horaires. Autre piste : essayer de faire évoluer un parent par rapport à une décision prise ou à une punition et le laisser l’annoncer lui-même à l’enfant. Si les conflits entre parents se cristallisent plus particulièrement sur le comportement d’un enfant, on peut imaginer que l’un prenne un peu plus de recul pendant un certain temps, histoire de faire redescendre la pression.

Mais il y a aussi des situations où les désaccords et les conflits (voire les grosses disputes) peuvent perdurer ou être récurrents et faire souffrir tout le monde (les parents bien sûr mais l’enfant aussi). Par exemple, un parent qui utilise les punitions corporelles et pas l’autre, un parent qui estime qu’il ne faut pas trop gâter les enfants et l’autre qui souhaite faire plaisir en faisant de beaux cadeaux, etc.

Bref, ce n’est pas toujours facile et confortable. Et le couple parental sera parfois mis à rude épreuve (le couple conjugal n’est pas forcément touché par ces différends parentaux. Il peut aussi l’être malheureusement).

Autre situation compliquée : des parents séparés ou divorcés, qui ne tiennent pas les mêmes discours face à leurs enfants, ne permettent pas ou n’interdisent pas les mêmes choses, avec souvent l’un plus laxiste, et l’autre plus ferme. Et qui n’ont plus forcément beaucoup d’occasions d’en discuter ensemble. Et de l’autre côté, des enfants qui sont très doués pour s’engouffrer dans ces failles et jouer de ces désaccords. A l’adolescence tout particulièrement, ils auront tendance à aller dans le sens du parent le plus « permissif », celui qui lui facilite la vie et lui met le moins de contraintes. Le parent qui se sentira « trahi », fragilisé par ce rôle du « méchant parent » qu’on lui donne, peut-être peut-il expliquer à son adolescent cette divergence de points de vue et les raisons pour lesquelles il tient à conserver sa position, en quoi il estime qu’elle est bonne pour lui (pas forcément à court terme, mais à moyen et long terme).

Essayons d’être le plus soudés et convergents possible, acceptons de nous remettre en question (ça, c’est souvent très dur), sachons écouter les arguments de l’autre, utilisons nos forces respectives et grandissons dans nos façons de nous accorder…(essayer n’est pas réussir à chaque fois, hein ?)

Un article paru dans la Croix : Papa dit oui, Maman dit non (cahier Parents & Enfants) (+ une interview de ce dossier)

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One thought on “Education : quand les deux parents ne sont pas d’accord”

  1. Merci pour ce billet, Gaëlle, et contente que tu aies aussi abordé le point de vue des parents séparés, voire en conflit.
    Je ne te suis pas forcément sur l’idée des enfants qui s’engouffrent dans les brèches ou choisissent le plus permissif (les ados recherches les limites, et pas forcément la non résistance); J’ai plus le sentiment que c’est plus exigeant pour eux de devoir se positionner eux-mêmes face à 2 avis différents, de 2 parents qui ne communiquent plus. Dans ces cas-là, ça vaut vraiment la peine de proposer l’assistance d’un tiers, plus neutre sur le plan affectif: un oncle, un prof, un ami, la mère d’une copine.

      

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