Comment se nouent ou se dénouent des liens au sein d’une fratrie ? Comment trouver sa place au sein d’une fratrie ? Comment se développer en tant qu’individu au sein du « groupe » familial ? Comment affirmer sa singularité dans cet ensemble ?

Pas toujours simple comme en témoignent de nombreux contes, mythes, romans, témoignages, films… Je pense par exemple au film Les garçons et Guillaume, à table !

Les essais sur l’importance de la place au sein de la fratrie sont nombreux : être l’aîné, être le petit dernier, être celui du milieu…Etre la seule fille au milieu d’une fratrie de garçons, ou l’inverse. Avoir un frère ou une soeur jumelle. Les avantages et les inconvénients de chacune de ces situations ont été souvent analysées, discutées, débattues.

Ou encore, est-ce plus facile ou plus difficile dans les fratries paires ou impaires ?

Les aînés vous disent fréquemment que les cadets bénéficient d’une éducation moins stricte, moins exigeante, ceux du milieu vous disent que c’est la mauvaise place, les petits derniers que ce n’est pas toujours si facile d’être chouchoutés, voire surprotégés…

Etre considéré comment le chouchou, se considérer comme le souffre-douleur…(relire Poil de Carotte, Vipère au poing, Les Noces barbares, etc.).

La place dans la fratrie et au sein de la famille est rarement anodine. Elle contribue à façonner la personnalité et laisse parfois des traces indélébiles, voire douloureuses qui bien souvent resurgissent à l’âge adulte.

En tant que parent, notre rôle est de veiller à ce que chaque enfant, chaque individualité puisse s’épanouir, s’exprimer. En évitant de comparer, de coller des étiquettes. Pas toujours simple quand certains sont plus timides, réservés que d’autres. Certains prennent beaucoup de place, d’autres moins. Certains sont de très bons élèves, d’autres moins. Certains se fondent plus facilement dans l’environnement familial et en acceptent les codes, les habitudes, les autres seront plus rebelles. Certains sont de caractère autonome, indépendant, les autres aiment vivre en communauté. Chacun a ses propres qualités et ses propres défauts. Chacun a ses talents et ses faiblesses. Certains trouvent leur place facilement, au sein de la fratrie et de la famille, d’autres ont plus de difficultés.

Les alliances / complicités ou, au contraire, les tensions/ conflits / jalousies au sein des fratries sont souvent fluctuantes, mais parfois elles se nouent très jeunes et perdurent au fil des ans. Elles peuvent lier ou opposer deux enfants très semblables ou au contraire, très différents. Elles peuvent être liées à la proximité en âge ou, au contraire, rapprocher des extrêmes. Deux enfants très proches en âge peuvent se chamailler en permanence, voire plus, ou au contraire, s’adorer. A l’inverse, un grand frère ou une grande soeur peut adorer son petit frère ou sa petite soeur.

La complexité et la richesse des relations au sein d’une fratrie sont des sources inépuisables d’observation / d’amusement / de gratitude / de tristesse / d’agacement pour les parents. Tous rêvent de voir leurs enfants être proches, complices, bien s’entendre. Mais il est difficile d’influer sur ces relations. Si elles sont positives, ils ne pourront que s’en réjouir. Tandis que les conflits, les cris, les disputes, les insultes qui fusent au sein d’une fratrie blessent les parents qui rêvent d’harmonie, d’amour et de rires. Faut-il laisser les enfants régler seuls leurs différends ? Ou intervenir et jouer le rôle de médiateur ? Ils tenteront d’apaiser les tensions, de modérer les conflits mais il est difficile de créer une complicité qui n’existe pas, de forcer des frères et sœurs à bien s’entendre si tel n’est pas le cas. Tout juste, leur rappeler qu’ils ne sont pas obligés de s’aimer à un instant T mais au moins de se respecter.

Les relations au sein d’une fratrie ne cessent d’évoluer. D’ailleurs, souvent quand l’aîné (ou les aînés) quittent le foyer familial, les relations au sein de la fratrie évoluent, se reconfigurent différemment. On assiste à une redistribution des places et des alliances. Une fois adultes, les liens continuent d’évoluer, ils peuvent se distendre ou se resserrer. Des tensions peuvent s’apaiser, ou contraire, se raviver.

Les relations au sein d’une fratrie sont souvent ambivalentes, mais enrichissantes, formatrices. Elles apprennent à vivre avec l’autre, à la fois semblable et différent.

La fratrie, une alchimie particulière, dont on ne sait si elle produira du plomb ou de l’or. Et où les parents sont à la fois acteurs et spectateurs.

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