Lectures

Des (bons) romans sur les relations parents / enfants

Bien sûr, lorsque l’on s’intéresse à l’éducation, aux relations familiales ou aux liens parents/enfants, on peut lire des essais sur ces sujets (j’essayerai d’ailleurs d’en chroniquer quelques-uns, comme je l’ai fait par le passé cf. ce lien où vous en trouverez quelques-uns) mais on peut aussi se tourner vers des romans. A titre personnel, je trouve que rien ne vaut un bon roman pour explorer toute la richesse et la complexité du sujet. Les romans permettent d’en parcourir toutes les facettes, les plus belles comme les plus difficiles. Les évidences comme les ambivalences. Les plus pures comme les plus troubles. Les plus belles comme les plus tragiques. Voici quelques romans qui traitent, avec talent, de ces sujets là parmi mes lectures plutôt récentes (liste 100% subjective et non exhaustive). Ce billet, je l’espère, s’enrichira régulièrement, au fil de mes souvenirs ou de mes lectures.

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Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver: avec une effrayante lucidité, l’auteur dresse le portrait inoubliable d’une mère confrontée à la monstruosité de son fils. Un livre coup de poing sur les ambivalences de la maternité, le rôle du père, les relations entre un frère et sa petite sœur, la responsabilité des parents (où commence-t-elle ? où s’arrête-t-elle ?). Marine du blog Une chambre à moi en avait écrit un très bon billet.

Une femme fuyant l’annonce de David Grossmann : Ora, une femme séparée depuis peu, n’a qu’une peur : qu’on vienne lui annoncer la mort de son second fils qui s’est porté volontaire pour une opération militaire en Palestine. Pour conjurer le sort, elle quitte Jérusalem pour partir en Galilée avec son amour de jeunesse. Durant ces semaines de marche, elle lui raconte son fils. Elle espère ainsi le protéger par la trame de ses mots. Un livre bouleversant, d’une intensité et d’une justesse incroyables. (mais il faut réussir à entrer dedans car le style est assez particulier).

Douleur : Dix ans après avoir été blessée dans un attentat, Iris semble avoir surmonté le traumatisme. Malgré des douleurs persistantes, des problèmes avec ses enfants et un mariage de plus en plus fragile, la directrice d’école ambitieuse et la mère de famille engagée qu’elle est s’efforce de prouver qu’elle contrôle la situation. Tout bascule cependant le jour où elle reconnaît, sous les traits d’un médecin qu’elle consulte, Ethan, son premier amour, qui l’avait brutalement quittée lorsqu’elle avait dix-sept ans. Un roman subtil sur les relations de couple, mère/enfants et les désirs d’une femme.

Continuer de Laurent Mauvignier : Sibylle, une infirmière divorcée, est au bout du rouleau. Elle ne sait plus par quel bout prendre Samuel, son ado qui déraille, tandis que sa propre vie a pris une tangente qui penche du côté du ratage. Elle décide de tout lâcher pendant quelques mois pour s’occuper de Samuel. L’idée d’une expédition à cheval dans les montagnes kirghizes ne plaît ni à Samuel, ni à son père, mais Sibylle tient bon et se lance dans l’aventure. Ce voyage les fera évoluer et grandir… Un roman émouvant et pudique.

Sukkwan Island de David Vann : Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Un livre coup de poing.

Le dîner de Herman Koch : Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d’Amsterdam.
Hors-d’oeuvre : le maître d’hôtel s’affaire.  Plat principal : on parle de tout, des films à l’affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d’une violence inouïe. Un café, un digestif, l’addition. Reste la question : jusqu’où irions-nous pour préserver nos enfants ? Un roman très grinçant sur les relations parents / enfants et une critique de la société.

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Il y a aussi plusieurs romans d’Olivier Adam (je pense notamment à Des vents contraires ou Je vais bien, ne t’en fais pas), le très beau livre de Delphine le Vigan sur sa mère, Rien ne s’oppose à la nuit, le roman autobiographique Pedigree de Patrick Modiano, très déroutant sur une enfance (et une mère) pas comme les autres ou encore le cruel Profession du père de Sorj Chalandon sur la relation père/fils.

Et vous, quels sont les romans qui vous ont marqués ?

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4 thoughts on “Des (bons) romans sur les relations parents / enfants”

    1. (La suite de mon message n’est pas apparue, c’est bizarre)



      Le sujet des relations familiales, fratries, familles nombreuses, est mon thème favori dans la littérature!


      Je te conseille « bonne nuit doux prince » de Pierre Charas, lu il y a longtemps mais qui m’avait bouleversée.
      « Le livre de ma mère » d’Albert Cohen « ‘avait beaucoup marquée.

      Et là je suis en pleine lecture des « bourgeois » d’Alice Ferney… j’adore.

        

      1. Merci Marine pour les conseil,s je note Bonne nuit doux prince, je n’en ai jamais entendu parler. Les Bourgeois d’Alice Ferney était sur ma liste, je n’ai lu que de bonnes critiques ! Et le livre de ma mère, oui, c’est un beau livre (mais lu il y a très – trop longtemps, il faudrait que je le relise). Et c’est quand même l’auteur d’un des livres que je place dans mon top 5 (Belle du seigneur, lu à 20 ans et relu il y a 1 ou 2 ans).

          

      2. @Marine: Sur tes conseils, je viens de finir « bonne nuit doux prince », un livre doux-amer, pudique sur la relation père-fils et sur les regrets de ne pas s’être suffisamment parlé. Beaucoup de tristesse dans ce roman, j’ai trouvé. Merci pour la découverte en tout cas !

          

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