Témoignages vie privée / vie pro

Conciliation vie privée / vie pro : Kalindéa témoigne

DSCN0449_modifié-1Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter Kalindéa, 37 ans, médecin généraliste libérale, mariée, 4 enfants. Au gré de mes promenades sur twitter et sur internet, je suis tombée sur son blog et je m’y suis plongée avec plaisir (de façon générale, j’apprécie beaucoup les blogs de médecins) ! L’un de ces derniers billets m’a particulièrement interpellée (le blues d’une jeune médecin généraliste). Cela m’a donné envie d’en savoir plus et de la faire témoigner autour de la conciliation vie privée / vie pro. Un grand merci à elle pour sa confiance et pour sa franchise !

Peux-tu nous présenter ton parcours pro et perso dans ses grandes lignes ?

Mon bac C en poche (il y a 19 ans…) je me suis inscrite en fac de médecine parce qu’il fallait bien choisir une voie, et que ce qui m’intéressait c’était de pouvoir « aider les gens ».

Mon idéal dans la vie, ça a toujours été l’image d’Epinal « me marier, avoir des enfants et une maison avec un jardin ». Mais jamais je n’ai imaginé ne pas travailler. Pour ma mère, l’indépendance financière était une priorité qu’elle nous a transmise, à ma sœur et à moi.

Mes parents sont tous les deux enseignants, et je ne voulais pas faire comme eux, qui passaient une grande partie du temps où ils étaient à la maison à préparer des cours ou corriger des copies… Je voulais être plus disponible qu’eux… Je sais que c’est très naïf, mais j’imaginais que pour un médecin, le travail s’arrêtait en l’absence des patients… (Il n’y avait pas les blogs à l’époque !)

Je ne connaissais donc rien du métier de médecin, si ce n’est qu’il me semblait répondre à mes aspirations altruistes… J’ai réussi le concours en fin de 1ère année, et je me suis lancée dans l’aventure.

J’ai rencontré mon mari (non médecin) au cours de ma 3e année de fac, nous nous sommes mariés à la fin de mon externat (6e année). J’ai eu mes 2 premiers enfants au cours de mon internat de médecin générale (elles ont 17 mois d’écart…) puis j’ai attendu 4 ans avant d’avoir la 3e. Pendant ce temps, j’ai commencé les remplacements et soutenu ma thèse.

Mon mari est passé à 75% en prévision de ma 3e grossesse, et la conjoncture (une nounou qui nous lâche du jour au lendemain, un refus de sa hiérarchie de lui prolonger son 75%, un salaire bas et peu de perspectives d’évolutions dans son entreprise…) l’a amené à démissionner, quelques mois avant la naissance de notre 3e enfant. Il est toujours père au foyer aujourd’hui, et je suis la seule source de revenus du ménage.

Après 5 ans de remplacements, mes enfants étant alors âgés de 2 ans, 6 ans et 8 ans et demi, j’ai ressenti un besoin de stabilité et de régularité, qui m’a conduit à m’installer en libéral, en association avec un médecin qui exerçait seul jusque-là.

Mon 4e (et théoriquement dernier !) enfant est né pas tout à fait 2 ans après cette installation.

Actuellement, je suis donc médecin généraliste libérale exerçant en association, en milieu « semi-rural », à temps partiel, mère de 4 enfants âgés de 2 à 12 ans, et mariée à un homme qui a fait le choix d’arrêter de travailler pour élever nos enfants.

Actuellement, es-tu plutôt satisfaite ou insatisfaite de la façon dont tu concilies ta vie pro et ta vie perso et familiale ?

Actuellement j’en suis plutôt insatisfaite !

D’une part, j’ai l’impression d’être insuffisante sur les deux tableaux :

–  Certains patients me reprochent mon manque de disponibilité, le fait que je ne consulte pas matin ET après-midi tous les jours de la semaine. Un médecin à temps partiel, ce n’est encore pas toujours très bien perçu en milieu semi-rural. Mais cela, je crois que ce n’est pas le plus dur à gérer pour moi : je me sens légitime dans ce choix d’exercice, je sais que beaucoup de confrères se libèrent également du temps, et je pense que les patients vont devoir s’habituer à une profonde mutation de la médecine générale dans les années à venir de toute façon.

–  De l’autre côté, mes enfants trouvent (et me le font savoir) que je rentre trop tard, que je ne suis pas assez disponible, pour les accompagner lors des sorties scolaires ou tout simplement dans la vie quotidienne. Elles n’aiment pas que je reparte le soir ou les WE pour aller à des formations… Elles râlent quand je suis de garde et que je pars « encore » travailler. J’ai l’impression de ne pas les voir grandir, que le lien entre nous s’étiole… Et cela je le gère nettement moins bien…

D’autre part, je ne vis pas si bien que ça l’inversion des rôles. Bien sûr, c’est agréable de ne pas faire le ménage, ni les courses, et de moins en moins la cuisine… De ne pas plier le linge, ou s’énerver avec les devoirs des enfants, et le rangement de leur chambre… Mais cela donne aussi parfois l’impression d’être une étrangère dans son propre foyer… De ne pas servir à grand-chose d’autre qu’à alimenter le compte en banque. D’être « celle qui part » alors que les autres vivent ensemble.

Evidemment, les avantages que nous procurent nos choix de vie sont supérieurs à ces inconvénients… Pas de course folle le matin et le soir pour déposer/récupérer les enfants ; pas de casse-tête en cas de maladie, la satisfaction de ne pas confier l’éducation de nos enfants à une tierce personne… Je me rends bien compte du confort que cela engendre, et de la chance que j’ai…

Mais contrairement aux apparences, ce n’est pas si simple à vivre pour moi.

Peux-tu en quelques mots nous dire comment sont organisées tes journées/semaines, tes horaires ?

Je suis associée à un autre médecin ; cette association avait pour but d’assurer une permanence des soins pour les patients tout en dégageant des plages de temps libre hors cabinet. Au final, cette association n’est pas vraiment fonctionnelle, et je n’y trouve pas la liberté que j’espérais lors des temps sans consultations.

Je consulte uniquement sur RDV, par demi-journées. 3 après-midi (de 14h à 19h30 en moyenne. Plutôt 21h en période d’épidémie, parfois 18h en plein mois d’août) et 2 matinées (de 8h30 à 13h en moyenne) par semaine. Je consulte également 1 samedi matin sur 2.

Les demi-journées où je ne consulte pas, je dois rester joignable sur mon portable en cas d’urgence concernant un de mes patients, ou de demande de visite à domicile impromptue. Je programme également les renouvellements des personnes âgées que je vois à domicile, sur une matinée dans la semaine.

Je suis de garde de WE environ une fois tous les 3 mois (du samedi 13h au lundi 8h), et de garde de semaine 2 fois par mois (de 20h à 8h le lendemain) ; nous avons fait le choix de regrouper 2 secteurs de gardes pour y tourner à 15 médecins, ce qui nous donne un rythme de garde très raisonnable.

Côté famille, mon ainée est au collège où elle est demi-pensionnaire. Je la vois ½ heure le matin avant qu’elle parte. Quand je consulte l’après-midi, elle est en général déjà endormie quand je rentre (elle se couche à 20h) C’est mon mari qui emmène nos filles n°2 et 3 au bus le matin à 8h, je reste à la maison avec le bébé qui souvent dort encore. Quand il rentre, je pars faire mes visites, ou souvent je vais au cabinet faire des courriers, travailler sur des dossiers, faire de l’administratif. Je récupère les filles à l’école à midi, nous mangeons ensemble, et c’est moi qui les dépose à l’école à 13h30 en allant au cabinet. C’est mon mari qui gère la sortie de l’école et les devoirs, et en général tout le monde dort quand je rentre (à mon grand dam !)

As-tu l’impression d’avoir fait au cours de ton parcours, des concessions soit dans la sphère pro soit dans la sphère perso ? Si oui, les regrettes-tu ?

Mon credo a toujours été de faire passer ma vie de famille avant le travail :

A l’époque où j’étais à la fac, le concours de l’internat était réservé à ceux qui souhaitaient choisir une spécialité. Ceux qui voulaient être généralistes n’avaient pas à le passer. Et ceux qui ne voulaient pas le passer devenaient généralistes. Je voulais devenir généraliste, et ça tombait bien car j’ai préféré mille fois préparer mon mariage plutôt que préparer le concours !… Mais parfois, je me dis que je n’ai même pas envisagé de devenir spécialiste en partie au moins parce que je ne voulais pas préparer ce concours au détriment de ma vie perso.

Par la suite, j’ai choisi mes stages hospitaliers en fonction de leur proximité géographique, et éliminé les plus prenants pour préserver ma vie de famille (sans doute au détriment de ma formation)

Lors de ma première grossesse, j’ai été arrêtée assez tôt, ce qui a entrainé l’invalidation d’un stage, et un déclassement qui m’a obligé à choisir les stages suivants après toute ma promo (alors que j’aurais théoriquement du choisir parmi les premiers)

Pourtant, même si j’ai toujours essayé de faire mes choix pour privilégier ma vie familiale, j’ai l’impression que mon métier m’a privée de beaucoup de choses dans ma vie personnelle, et surtout ma vie de mère (concernant mon couple et mes amis, je ne souffre pas du tout des contraintes dues à mon métier) :

Quand il a été question que l’un de nous deux s’arrête de travailler pour élever nos enfants, il a rapidement été évident que ce serait mon mari : je n’avais pas passé ma thèse, je gagnais plus que lui, en tant que remplaçante je ne travaillais pas en continu, et je pensais que si je m’installais je pourrais plus ou moins choisir mes horaires et organiser mon temps de travail comme je l’entendais. Aujourd’hui, je me rends compte que j’aurais aimé être celle qui a la possibilité de s’arrêter…

Après mes grossesses, j’ai souvent repris le travail très tôt (j’ai laissé ma 2e fille en nourrice quand elle avait 1 mois et demi…), soit pour des problématiques de validations de stage, soit pour des problématiques financières en tant que profession libérale. Et j’en ai souffert…

Actuellement, je ne vois pas comment je pourrais rentrer plus tôt à la maison le soir, mais c’est une grande source de frustration pour moi de ne pas pouvoir m’investir dans la scolarité de mes enfants, de ne pas être là quand elles racontent leur journée à table, d’être toujours celle qui part (« oh maman, tu vas encore travailler ? » est une phrase que j’entends trop souvent et qui me touche là où ça fait mal)

Que représente ton métier et plus globalement la vie pro ? Quelles valeurs y associes-tu ? Cela évolue-t-il au fil des années ? Quelles sont les principales sources de satisfaction que tu retires de ton activité de médecin ? Et a contrario, les aspects les plus insatisfaisants/frustrants ?

Mon métier, contrairement à l’image que je me faisais du médecin quand je me suis inscrite à la fac, je le vis vraiment comme « un boulot », et ce n’est certainement pas « toute ma vie » comme ça peut l’être pour des praticiens de la génération de mes parents…

Ce que représente pour moi ma vie professionnelle, je suis actuellement assez ambivalente avec ça… J’aimerais qu’elle reste « juste une source de revenus », qui soit très clivée de ma vie perso, histoire de ne pas me laisser dévorer par un métier qui peut très vite devenir envahissant… Mais en même temps je la voudrais riche et épanouissante, j’aimerais qu’elle me permette de me développer personnellement, qu’elle soit source de plaisir et que je puisse la vivre intensément… Tout ça est difficilement conciliable !

J’associais au métier de médecin des valeurs telles qu’altruisme, abnégation (oui oui !), relation d’aide… Et pour moi un médecin doit avoir une grande rigueur morale et intellectuelle. Aujourd’hui, ces valeurs m’habitent toujours, mais je vois beaucoup plus l’aspect « gestion d’une petite entreprise » que le côté philanthrope, avec la notion que tout travail mérite salaire, et que c’est pour gagner ce salaire que je travaille…

Mes principales sources de satisfaction ? Lorsque je me sens utile, lorsque je sens que j’ai une compétence qui correspond au besoin de mon patient, lorsque je peux aider. Lorsqu’une relation de confiance s’instaure au fil des consultations. Lorsqu’un patient me dit « Ça m’a fait du bien de vous parler de ça, il n’y a qu’à vous que j’ai réussi à le dire ». Lorsque je fais un beau diagnostic, qui débouche sur un traitement efficace, et que le patient guérit…

Les aspects les plus frustrants ? L’impression d’être un bien de consommation, l’exigence de certains patients, l’obligation de résultats attendue par certains, la nécessité de faire face à une demande supérieure à la quantité de travail (correct) que je peux fournir, les pressions administratives et financières. Et puis le volume de consultations qui débouchent sur pas grand-chose, de vagues symptômes atypiques, l’incertitude diagnostique, la peur de passer à côté de quelque chose…

La conciliation vie pro /vie perso, est-ce un sujet dont vous parlez régulièrement en couple ? Y a-t-il des sujets de désaccord ou pas ?

Oui c’est un sujet qui est au cœur de beaucoup de discussions, forcément…

Dans l’ensemble, nous sommes sur la même longueur d’onde. Les grands questionnements se sont faits à la période où mon mari a démissionné, puis quand il a été question que je m’installe…

Actuellement, je crois que nous avons trouvé un équilibre : il gère le quotidien dont je ne dois cependant pas être exclue, et me laisse prendre les décisions sur le plan professionnel et financier, décisions que je prends toujours en concertation avec lui.

Nous traversons une période de relative stabilité, mais nous parlons beaucoup de « l’après » : de mon côté j’envisage une reconversion professionnelle, et lui doit réfléchir à ce qu’il fera quand les enfants auront moins besoin de quelqu’un à la maison, ou quand je lancerai ma nouvelle activité et que mon salaire sera sans doute insuffisant pour maintenir notre niveau de vie.

Nous communiquons plutôt bien (pour ce qui est important en tout cas !) et nos discussions sont toujours constructives. Jusqu’ici nos aspirations ne sont pas contradictoires, et nous n’avons jamais eu à trancher au détriment de l’un ou de l’autre.

Par rapport à l’éducation de tes enfants, qu’est-ce qui te semble important ? Quels sont les aspects sur lesquels tu es particulièrement attentive ? Quelles sont tes sources d’inquiétude ou de frustration ? Quels sont les principes (ou valeurs) qui te guident ? Evoluent-ils également au fil des ans ?

Je suis très engagée dans une parentalité respectueuse (on pourrait dire « non violente » ou « positive », mais pour moi c’est vraiment le respect des besoins des enfants et des parents qui est au cœur de mes préoccupations)

Je suis une inconditionnelle des ouvrages d’Adèle FABER et Elaine MAZLISH (« Parents épanouis, Enfants épanouis » et « Parler pour que les enfants écoutent, Ecouter pour que les enfants parlent ») L’idée est de retrouver des relations harmonieuses entre parents et enfants, d’établir une communication de qualité, dans un esprit de coopération et de respect mutuel. Pas de fessées, bien sûr, mais pas non plus de punitions, de chantage, d’humiliations… Essayer de laisser s’exprimer la personnalité propre de chaque enfant plutôt que de le soumettre à l’autoritarisme parental. Et ne pas le faire aux dépens des parents, qui doivent pouvoir vivre leurs aspirations personnelles également, de ne pas être dans le sacrifice par rapport aux enfants.

Mon mari est moins « à fond » que moi, mais je sais qu’il connait ces principes et même s’il ne les applique pas tous ni tout le temps (moi non plus, d’ailleurs, je dois bien l’avouer, ce serait trop beau !) j’ai confiance dans sa façon d’éduquer nos enfants. Il est plus « brut de décoffrage » que moi, mais il a à cœur de construire une vraie relation avec nos enfants, à sa manière, que je respecte.

Aujourd’hui, je trouve important que les enfants vivent la plupart du temps à la maison, et ne soient pas ballottés entre nourrice/périscolaire/garderie/centre aéré etc… dans une course effrénée et sans temps morts. Et que leurs adultes référents soient essentiellement leurs parents.

Mes sources d’inquiétude ou de frustration ? Ne pas faire assez bien !

Concernant l’évolution de mes principes : pour mon premier enfant, par exemple, je rêvais d’une place en crèche, car je préférais une prise en charge par plusieurs intervenants, professionnels de la petite enfance, en collectivité. Je redoutais qu’un lien trop fort se crée entre mon enfant et une nourrice. Je pensais qu’être en collectivité était stimulant pour l’enfant. Et je ne voulais surtout pas qu’elle soit élevée par ses grands-parents (chacun sa place)

Je suis heureuse de ne pas avoir eu cette place en crèche, et je sais maintenant que cet attachement avec une seule et même personne est important pour un bébé.

Par contre, quand je suis avec ma petite dernière certains matins où je ne consulte pas, je me rends compte de tout ce que nous avons manqué avec les 2 ainées, et je ressens une certaine incompréhension vis-à-vis de l’organisation de notre société : à quoi bon avoir des enfants si c’est quelqu’un d’autre qui s’en occupe la plupart du temps ? Profiter de ses enfants pendant les vacances, ce n’est pas la vraie vie, à mon sens…

Et concernant l’idée assez répandue que c’est la qualité qui compte plutôt que la quantité, j’ai des doutes… Bien sûr il vaut mieux voir peu ses enfants plutôt que de leur crier dessus à longueur de journée… Mais l’idéal, c’est quand même de les voir beaucoup et de se donner les moyens de construire avec eux une relation de qualité…

Comment te projettes-tu d’ici quelques années ? As-tu des envies ou des projets particuliers ? Quel équilibre aimerais-tu atteindre en terme d’équilibre vie pro / vie perso ?

D’ici quelques années…

J’aimerais avoir rejoint le cercle des audacieux qui ont su donner une nouvelle orientation à leur vie professionnelle…

J’envisage de commencer prochainement une formation qui me permettrait de ne plus être médecin généraliste, de sortir de la permanence des soins et du système de gardes, de l’urgence potentielle et de la disponibilité rapide à apporter aux patients. Pouvoir rentrer plus tôt le soir, ne plus vivre le stress et la frustration de l’astreinte (être là physiquement sans être vraiment là, toujours dans l’attente du coup de fil qui interrompra l’activité en cours). J’aimerais rester dans un système de consultations car j’aime cette notion de colloque singulier, mais pouvoir consacrer plus de temps à chaque personne. J’envisage de rester libérale malgré les contraintes que cela implique, car je ne supporterais plus la hiérarchie !

J’aimerais être plus investie dans le quotidien de mes enfants, et dans leur scolarité, en étant plus présente le soir après l’école notamment. J’aimerais pouvoir ralentir, avoir le temps, prendre le temps…

Et j’aimerais par-dessus tout ne plus vivre mon métier comme une barrière à ma relation avec mes enfants.

Et si tu as envie de rajouter un dernier mot….

Je me rends bien compte qu’objectivement je n’ai pas à me plaindre… Certains parents rentrent plus tard que moi, et tous les soirs de la semaine. Certains parents partent en déplacement plusieurs jours, plusieurs semaines, voire plusieurs mois… Certains parents doivent confier l’éducation de leurs enfants à une tierce personne, extérieur au couple, parce qu’un seul salaire ne suffit pas, ou subissent leur statut de parent au foyer alors qu’ils ont d’autres aspirations…

Certains médecins ont un rythme de travail beaucoup plus soutenu que le mien, prennent beaucoup plus de gardes, pas forcément régulées, et n’ont pas le confort d’un secrétariat ni d’une association…

Certaines femmes ont un mari qui ne respecte pas leurs idéaux, qui ne les soutient pas dans leurs choix, leurs envies, leurs passions…

Je me trouve très « enfant gâtée » à vouloir toujours mieux, toujours plus (en matière de développement personnel, bien sûr, pas dans le domaine matériel où je me satisfais parfaitement d’un mode de vie très simple), mais je travaille là-dessus !

Pour m’aider à mieux vivre ma situation actuelle (ce qui se fait dans la souffrance pour le moment) j’ai entamé une thérapie, qui j’espère me permettra soit de réussir une reconversion épanouissante, soit éventuellement de continuer dans cette voie mais de façon plus sereine, de ne plus me sentir écartelée en permanence… et de faire la part des choses entre un désir de conciliation vie privée/vie pro très idéalisé, et le principe de réalité auquel il faut se confronter quel que soit le domaine d’exercice…

Ceci dit, et quoi qu’il en soit, concilier vie familiale et vie professionnelle, pour moi, c’est vraiment loin d’être évident, malgré tout ce que j’ai déjà mis en place…

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6 thoughts on “Conciliation vie privée / vie pro : Kalindéa témoigne”

  1. Merci pour ce témoignage! Je viens d’avoir mon premier bébé (je suis encore loin de 4!) et je reprends le boulot la semaine prochaine. Je suis médecin hospitalier. Je laisse bébé au papa qui va s’en occuper, pour des raisons financières dans notre couple nous avons organisé la vie comme cela. J’ai longuement médité sur le fait d’être la source du gagne pain familial, vais-je pouvoir garder la place au sein de la famille, ne pas me sentir exclue? Cela m’angoisse un peu, même s’il est vrai que je préfère que ça soit papa à la maison plutôt que la crèche… Mes parents étaient enseignants aussi et je me rends compte que ce qui manque cruellement à notre métier, c’est du temps libre…

      

    1. Bon courage pour la reprise, ce n’est jamais facile de laisser son bébé… En tout cas j’espère que cette organisation vous conviendra… Elle a de gros avantages :)) Et merci pour ton commentaire ^^

        

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