Dictionnaire

M comme Mobilité

Nouveau mot de notre dictionnaire de la conciliation vie privée / vie professionnelle avec M comme Mobilité rédigé par moi-même.

 

 

 

 

M comme Mobilité

 

La mobilité : voici un mot au sujet duquel je pense avoir une certaine expérience pour ne pas dire une expérience certaine 🙂

 

La mobilité se définit par un déplacement ou un changement (de fonction, de métier, d’entreprise, de ville, de pays, etc.). Dans les deux cas, elle entraîne une modification de l’équilibre vie pro / vie personnelle et familiale.

 

On peut parler de mobilité  géographique, de mobilité interne (au sein d’une même entreprise) ou de mobilité externe (lorsque l’on change d’entreprise). J’ai expérimenté volontairement la mobilité externe à deux reprises (pour trouver un poste ou des conditions de travail qui me convenaient mieux) et la mobilité géographique de nombreuses fois.
La mobilité est à la fois une opportunité et un handicap pour la conciliation vie privée / vie pro.
L’ opportunité de revoir son organisation, son équilibre entre travail et famille, voire de changer de voie professionnelle. Mais aussi un handicap car elle rompt un équilibre qui avait été atteint et qui, même s’il était imparfait, avait le mérite d’exister et de procurer un certain confort matériel et « psychologique ».
Enfin, dernier point important, la mobilité peut être choisie ou subie.
Exemples : mobilité interne ou externe pour trouver un poste ou une entreprise qui correspond mieux à nos attentes, à nos ambitions, etc. Ou mobilité subie en raison d’un licenciement, de la fin d’un contrat précaire, etc. Mobilité géographique choisie par exemple dans le cadre d’une expatriation ou d’un départ en province.

 

Au départ,  la mobilité peut être vécue comme une contrainte, mais elle peut être transformée en opportunité.
Pour cela,  il faut se situer dans une démarche active et non passive. Être capable de faire des choix, de formuler clairement ses priorités, ses envies, être prêt à quitter sa zone de confort, etc.
La mobilité est le contraire du confort, de la routine, de la sécurité, des repères rassurants, d’un cadre établi. Elle est une aventure qui rompt de façon plus ou moins radicale l’équilibre vie pro / vie perso existant.

 

Avec les couples bi-actifs de plus en plus nombreux, la mobilité géographique est généralement initiée par une opportunité professionnelle qui se présente à l’un des membres du couple. Quid  de l’autre ? Même si la mobilité est acceptée, souhaitée par les deux, elle ne sera pas vécue de la même façon.
Elle entraîne des changements importants pour tout le monde : pour les individus en tant que personne, pour le couple, pour les parents comme pour les enfants. Nouveau cadre de vie, nouvelle école, nouveau trajet, nouveau travail, nouveaux amis, nouvelle organisation à mettre en place, nouvelle culture, etc.
Pour bien vivre cette mobilité, il faut que chacun soit prêt à se remettre en question, à s’adapter, à faire des efforts pour s’intégrer, et, pour celui ou celle qui suit,  à rechercher un emploi si tel est son souhait ou alors prendre ses nouvelles marques si jamais la personne souhaite faire une pause professionnelle, etc.
Mais tout le monde n’a pas forcément pas les clés, les  codes, les réseaux, les ressources internes pour s’adapter à ce nouveau cadre, pour rebondir… Cela peut engendrer beaucoup de déstabilisation, de remise en cause, voire de tentation de repli sur soi, de dévalorisation, ou de sentiment d’échec. Au sein du couple, le fossé peut se creuser entre le conjoint qui travaille, intégré socialement et l’autre, isolé ne sachant pas forcement comment organiser sa recherche d’emploi, surtout s’il y a des enfants en bas âge. Avant de devenir à l’aise avec la mobilité, les changements, j’ai moi-même connu certaines de ces difficultés d’intégration ou des recherches d’emploi éprouvantes et j’ai régulièrement l’occasion de rencontrer des femmes qui vivant pour la première fois une mobilité géographique se prennent de plein fouet certaines de ces difficultés qu’elles avaient parfois sous estimées  ou pas envisagées.
La mobilité ne doit pas se subir mais, si possible avant même le changement, être anticipée, faire l’objet de discussions au sein du couple et de la famille, et de prises de contact avec des personnes ou des réseaux du nouveau lieu de vie. La mobilité s’accompagne, se prépare, se vit à la fois individuellement, en couple et en famille.
Il me semble que la mobilité peut être un formidable moyen de concilier différemment vie privée et vie pro, d’avoir une meilleure qualité de vie, mais elle peut être également un dangereux facteur de déséquilibre.
La mobilité est un état d’esprit, une posture qui ne convient pas forcement à tout le monde.
Mes petits conseils : bien connaitre ses propres forces/compétences et faiblesses à vivre une mobilité, ne pas rester seul-e, intégrer des réseaux, ne pas hésiter à demander de l’aide et des conseils aux personnes connaissant bien l’endroit, faire appel à des structures spécialisées, voire à un coach…

 

Ainsi la mobilité géographique peut être à la fois un atout et un handicap pour l’équilibre entre vie pro et vie perso selon la personnalité de chacun-e, les outils et les réseaux dont il-elle dispose, l’âge et le caractère des enfants, les opportunités du marché de l’emploi….
Il ne faut pas négliger les risques pour l’équilibre personnel et familial mais en être conscients afin de se donner les moyens de reconstruire un autre équilibre, différent probablement mais qui doit être satisfaisant pour tout le monde.
La mobilité demande à la fois de l’audace et de la prudence.
Rien ne garantit d’avance son succès.
Par rapport à l’articulation vie privée / vie pro, la mobilité est donc une prise de risques, un pari.
Afin que ce pari audacieux ait le plus de chances d’être gagnant, il ne faut pas hésiter à se faire aider, conseiller, épauler…
Et il peut alors devenir une belle aventure et une source d’enrichissement à la fois personnelle, familiale et professionnelle….
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2 thoughts on “M comme Mobilité

  1. Merci pour votre blog en général et pour cet article.
    La mobilité internationale ou la mobilité géographique (professionnelle ou non) se prépare mais surtout s’anticipe dès qu’elle est identifiée.
    Le projet du conjoint se prépare avant même le départ et pas une fois la logistique organisée pour l’ensemble des membres de la famille dans le pays d’accueil.
    Nous aimons combiner le coaching avec les aspects pratiques : sensibilisation aux différences entre le pays d’accueil et le pays d’origine par des exemples concrets.
    Finalement, pour augmenter les chances de succès, l’accompagnement doit être bien dosé tout au long du processus de mobilité : préparation, séjour et retour (lorsqu’il est prévu).
    Bonne journée !

      

  2. Bonjour Gaëlle, merci de partager tes vécus de multiples expériences de mobilité. Et je profite pour te redire le plaisir que j’ai à découvrir les billets de ton blog, que ce soit les tiens ou ceux de tes invités. J’aime beaucoup la multiplicité des points de vues que tu proposes sur ces thèmes de nos vies modernes qui me sont chers.

    Voici ce que j’observe : Il existe 1001 façons de vivre une mobilité.
    1001 façons de l’envisager, de la préparer, de la vivre, au delà des aspects matériels, organisationnels du changement créé dans le contexte de la mobilité.
    Et ceci que la mobilité semble avoir été choisie ou non…

    Le changement (de travail, de lieu, de pays, de culture, d’environnement, de relation, de conditions matérielles,…) amène chacun à vivre plus ou moins sereinement une transition. Cette transition est comme un passage, une traversée, un chemin qui peut démarrer bien avant le changement lui même, avant la mobilité.

    Parfois alors que le mouvement, le changement, la mobilité a eu lieu, la transition peut rester inconfortable voire difficile à vivre.
    Dans la pratique, je constate que souvent l’énergie est concentrée sur la préparation et la réalisation du changement lors d’une mobilité professionnelle (et/ou géographique etc) . La transition n’est pour autant pas forcément réalisée ou bien vécue.

    Marilène parle de la mobilité comme d’un processus et je partage ce point de vue. Dans ce processus, bien sûr, les aspects matériels, organisationnels, ou financiers ont besoin d’être pris en compte. Je crois que plus encore, il existe de vrais bénéfices à prendre en compte les aspects émotionnels et même relationnels liés à ces changements. Et ce n’est pas toujours simple.

    Dans cette transition, y a t’il par exemple des deuils à vivre ? Un nouvel environnement à créer ? Des relations à nourrir et d’autres à laisser ? Des peurs à identifier ? Des fardeaux dont s’alléger ? Des comportements à faire évoluer ? Des opportunités à capter ?
    Il existe de multiple façon d’accompagner cette transition dès lors que nous avons conscience de devoir vivre un processus de transition.

      

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