Que deviennent-elles (ils) ?

Que deviennent-elles ? (11ème partie)

C’est au tour de Julie, 31 ans, de donner de ses nouvelles. Il y a deux ans, elle était venue nous parler de son projet de création d’un salon de beauté au féminin après avoir été salariée pendant 10 ans. Où en est-elle aujourd’hui ? Un grand merci à elle d’avoir accepté de répondre à mes questions ! Et je lui souhaite plein de bonnes choses pour 2012…

« A la suite de ma dernière interview il y a deux ans, la situation a été quelque peu modifiée. Mon entreprise, le Salon de beauté au féminin, est née en décembre 2010 et aujourd’hui je veille à son bon développement. Etant seule dans ce projet, je consacre la majeure partie de mon temps dans mon institut. Monter son entreprise en solo c’est devenir son propre chef à plusieurs casquettes… Manager, commerciale, comptable, réceptionniste, femme de ménage, et esthéticienne pour ce qui concerne mon activité. Intéressant mais très prenant ! Il faut s’organiser, s’instaurer une rigueur et s’auto motiver comme on pourrait le faire en équipe.
Trouver les idées pour développer le projet, fidéliser, animer, se remettre en question et sans cesse renouveler pour ne pas tomber dans la routine. Pas facile avec deux bras et 1 cerveau mais quand on veut… On peut !

Avec ce rythme de plus de 50 heures / semaine, il y a peu de place à l’amusement. Et pourtant sortir la tête du guidon est nécessaire ! Je m’impose (mais avec plaisir) 4heures de sport/ semaine. Un besoin, une énergie vitale et indispensable pour mon équilibre. L’hygiène alimentaire est, elle, tout aussi importante pour garder cette dynamique. Pas d’alcool (seul 1 verre/ semaine), légumes et protéines au quotidien, petit-déjeuner de roi, déjeuner de prince et diner de pauvre. Alors même si je rentre tard le soir, je prends le temps de cuisiner, simple et facile mais « fait maison ». C’est un véritable moment de détente et de décompression.

Après 1 an et 3 mois d’ouverture je dresse un premier bilan. Il faut savoir que j’ai créé mon entreprise et non repris un commerce, d’où la difficulté de départ sans clientèle. Je suis partie de zéro en ayant tout à réaliser. J’ai choisi l’emplacement n°1. Un bon choix, Place de l’hôtel de ville, lieu stratégique au cœur de la ville. Mais ça ne suffit pas car étant en étage c’est plus difficile. Pas de visibilité, pas de vitrine, juste une simple plaque telle un avocat au bas de l’immeuble. Ma meilleure communication se fait de bouche à oreille… doucement mais surement ! Trop lentement à mon goût puisque aujourd’hui je n’arrive pas à atteindre un TO (Taux d’Occupation) suffisant pour continuer l’activité. Puis-je poursuivre sur cette faible croissance ou vais-je devoir envisager une fermeture ? Telles sont les questions actuelles ? Bouffer par ces centres de beauté discount ou rapide minute qui poussent partout à tous coins de rue, sans compter les coiffeurs qui proposent les prestations maquillage manucure ou encore ces médecins dermatologues qui deviennent
esthéticiens spécialiste du bistouri anti-âge et cette crise actuelle ? Il faut avouer que le climat n’est pas favorable au bon développement et quel que soit le type de commerce !! Il y a 12 ans quand j’ai débuté dans le métier, les femmes avaient encore bien leurs habitudes beauté chez l’esthéticienne, aujourd’hui il y a eu un chamboulement énorme avec l’ouverture des sites d’achat en
ligne. On ne se déplace plus, on attend la promotion, on espère un cadeau… -50%, -60% ou encore -70% sur de grands marques de soins, des prix défiés en toute concurrence… A mon niveau impossible de rivaliser ! Mais encore combien de temps le petit commerce indépendant va-t-il pouvoir survivre ?

L’année 2102 sera décisive pour mon Salon de beauté !

J’ai passé 10 ans en tant que salarié et je souhaitais être à la tête de mon entreprise. Ce tournant je l’ai voulu, j’en suis ravie et même si aujourd’hui c’est difficile, je n’ai aucun regret. Si c’était à refaire je le referais mais différemment. Mon appartement de beauté plaît, émerveille, étonne, par son atmosphère cosy et chaleureuse, un esprit « comme à la maison », les clientes n’avaient plus retrouvé depuis longtemps un service d’une telle qualité. Un accueil, une prestation digne des grands hôtels dans lesquels j’ai travaillé. Une cliente et pas deux en même temps… Le temps ! Aujourd’hui dans la plupart des commerces tout est question de rentabilité, de travail à la chaîne, de travail baclé et le temps est sans cesse accéléré. Chez moi dans mon Salon le temps s’arrête le temps d’un soin, et la détente est absolue. Malheureusement avec ce climat de crise actuelle, les gens recherchent plus un prix plus qu’un service. Ils veulent la qualité sans forcément « payer ». Quel sera l’avenir dans de telles conditions ?

Je poursuis encore mon activité, en restant vigilante de ne pas tomber à perte. J’imagine l’avenir dans une autre
branche. Réorientation obligatoire ? Redevenir salarié ou pas ? En France ou à l’étranger ? Réponses dans quelques mois !

Il n’y a pas d’échecs mais que de bonnes expériences. Et comme on dit : « qui ne tente rien n’a rien ! »

What else ! »

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2 thoughts on “Que deviennent-elles ? (11ème partie)

  1. C’est hyper intéressant de suivre l’avancée des projets de Julie, à qui je souhaite une belle réussite! Que de travail et de motivation, bravo! A suivre dans quelques années pour la conciliation
    vie professeionnelle – vie de famille 🙂

      

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