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« L’école à bout de souffle », un documentaire décevant

J’ai regardé le documentaire « L’école à bout de souffle » de Marina Julienne qui est passé sur France 5 mardi dernier et que l’on peut revoir ici. Mais j’avoue l’avoir trouvé très creux.

En dehors de rappeler que les apprentissages à l’école sont partiellement inefficaces, que les inégalités se creusent toujours plus, que la pression scolaire (et le stress des parents) est exacerbée, que les évaluations s’enchaînent, que le marché privé du soutien scolaire n’a jamais été aussi prospère, que les spécialistes (orthophonie, psychomotricienne…) sont submergés, toutes choses que l’on sait déjà, il n’y a pas grand-chose, voire rien, sur les méthodes pédagogiques, la formation des professeurs d’école, le contenu des programmes, les relations parents-profs, les moyens octroyés au primaire, le massacre de l’orthographe, etc. La réalisatrice s’est également rendue en Finlande, mais là encore, on survole, on survole – sans compter quelques approximations, voire erreurs grossières (les élèves de grande section ne restent pas assis 8 heures par jour…). Bref, je suis restée sur ma faim…

Je vous mets quand même un lien vers une interview de la réalisatrice.

En revanche, beaucoup plus intéressants et plus riches, deux liens à découvrir :

l’entretien avec Natacha Polony paru dans le Nouvel Economiste et

le billet de Princesse Soso qui rebondit sur cet article ainsi que les nombreux commentaires qu’il a suscités.

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4 thoughts on “« L’école à bout de souffle », un documentaire décevant

  1. Même si je comprends certains des arguments de Natacha Polony (on se demande par exemple si beaucoup des partisans du collège unique scolarisent leurs enfants dans un collège du type de celui
    décrit par Princesse Sosso) je trouve dommage qu’aucun chiffre ni étude ne vienne étayer son propos: on en reste ainsi à un niveau très émotionnel.

    Ainsi un des rares points sur lesquels les études en sciences de l’éducation convergent est celui de l’inefficacité du redoublement, pourtant défendu par NP et ses « collègues »…

      

  2. Gaëlle, j’ai vu aussi ce documentaire que j’ai trouvé vraiment bien ! J’ai appris beaucoup de choses car je commence à fréquenter l’école maternelle depuis peu de temps. Mon fils est en
    grande section de maternelle. Cela m’a permis d’avoir une grille de lecture et maintenant je comprends mieux ce qui se joue en maternelle. Depuis 3 ans, j’avais l’impression que les travaux
    demandés aux enfants étaient d’un niveau élevé. Ce documentaire m’a permis de confirmer mes impressions. Juste pour préciser sur la partie du documentaire concernant l’école dans les pays
    nordiques, on y parle bien du CP. Et c’est vrai qu’en France, dès 6 ans voire 5 ans et 8 mois, les enfants ne doivent pas bouger et rester assis pendant 7 heures. En Norvèqe, je trouve ça bien
    qu’à 7 ans, les enfants peuvent bouger, faire des groupes sur des activités…C’est du bon sens…Surtout, ce n’est pas un hasard si dans ces pays,  les apprentissages comme la lecture
    commencent à 7 ans et non à 6 (voire moins) ans comme en France. Il a été prouvé scientifiquement que le cerveau d’un enfant de 7 ans est plus mature pour l’apprentissage de la lecture…

    Conclusion :  l’école de mon enfance a bien changé ! Ce documentaire est limite angoissant pour les parents ! Je sais maintenant à quoi m’attendre pour la suite et j’ai bien compris qu’en
    tant que parents, il faut s’investir énormément dans les apprentissages de nos enfants (beaucoup plus qu’il y a 30 ans en tout cas…) 

      

  3. @ Karen : c’est amusant de voir que nous n’avons pas du tout reçu ce documentaire de la même façon ! Moi, j’ai vraiment eu l’impression qu’il n’abordait
    pas les vraies questions, les vrais problèmes. En revanche, je suis d’accord avec ta conclusion : « en tant que parent, il faut s’investir énormément dans les apprentissages de nos enfants ». Je
    confirme ! Mais moi, cela m’interroge de devoir être ainsi « enseignante » car même si j’essaye de le faire, de passer du temps le soir avec chacun de mes enfants, il faut bien reconnaître
    que je n’ai pas été formée pour cela (la pédagogie, cela s’apprend, c’est loin d’être inné !),  et je ne comprends pas pourquoi les apprentissages actuels sont moins efficaces
    qu’auparavant. Enfin, si, j’ai ma petite idée sur la question. Je pense qu’il y a vraiment des méthodes pédagogiques qui ne sont pas très bonnes, que le contenu des programmes a perdu en rigueur,
    en clarté, en logique, en bon sens. Il y a une dilution des savoirs, des fondamentaux. Lorsque je vois certains cours de mes enfants en primaire, j’avoue que je suis décontenancée, surtout
    lorsqu’il s’agit de polycopiés, avec juste quelques mots soulignés. Les leçons parfois s’enchaînent les unes après les autres (eh oui, le programme est dense et si on veut le boucler, il faut se
    dépêcher….) sans que les notions aient été vraiment comprises, assimilées. Je pense aussi que des classes de 30 actuellement sont beaucoup plus difficiles à gérer qu’il y a 20 ou 30 ans et que
    par conséquent les professeurs d’école ne peuvent plus passer autant de temps à individualiser leurs enseignements en fonction du niveau des élèves.

    Par ailleurs, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi lorsque tu dis que les enfants à 6 ans doivent rester assis 7 heures par jour en grande
    section. Il y a des temps de sport, d’activités artistiques, des sorties, des temps d’éveil, les récréations, etc.

    Surtout je trouve très inquiétants l’augmentation des inégalités et des injustices, le mal-être des enseignants, la question de leur
    formation (je ne comprends toujours pas pourquoi dorénavant pour être professeur des écoles, il faut un Bac + 5, cela me semble absurde…), l’abandon de l’orthographe (pour reprendre les mots de
    Princesse Soso

      

  4. Oups mon commentaire a été coupé ! Voici donc ses mots : « Je ne m’étendrai pas sur le problème de l’orthographe, sur la langue malmenée, écorchée, humiliée
    par une paresse et un mépris qui me sont écoeurants ».

      

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